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Cameroun: YaoundĂ© en manque d’eau potable

Depuis quelques jours l’eau potable se fait rare dans la capitale. En cause, le faible dĂ©bit des cours d’eau et la vĂ©tustĂ© des installations de pompage

Un calvaire pour les populations concernées
YaoundĂ© la capitale camerounaise, connait comme plusieurs agglomĂ©rations du Cameroun, un problème d’approvisionnement en eau potable. Depuis plusieurs semaines, les mĂ©nages de la ville font les frais de coupures intempestives, ou assistent Ă  une baisse de pression d’eau dans les tuyaux. La situation est plus grave par endroit avec l’absence d’eau dans les canalisations. Au lieu-dit « zone Maetur » du quartier Simbock, l’on croisent des personnes munis de bidons posĂ©s sur la tĂŞte, dans leurs vĂ©hicules ou sur des motos, se dirigeant vers le carrefour Damase au quartier Nsimeyong pour s’y approvisionner en eau potable. Quelques heures par semaine, gĂ©nĂ©ralement entre 23h et 2 heures du matin, l’eau y coule de manière intermittente. C’est une solution proposĂ©e par la Camerounaise des Eaux (CDE), la sociĂ©tĂ© en charge de la production et de la distribution de l’eau potable dans les villes et les agglomĂ©rations au Cameroun.

Une situation qui se généralise
Cette situation entraĂ®ne par endroits de violents affrontements dans les bornes fontaines. Les bien heureux s’en vont avec une certaine quantitĂ© d’eau, pendant que les personnes moins chanceuses, retournent souvent chez elles sans avoir pu s’approvisionner. Elles se retournent alors vers des puits, ou des marigots de fortune. La situation dure depuis assez longtemps, voire depuis bientĂ´t un an pour certains quartiers. Aujourd’hui, elle tend Ă  se gĂ©nĂ©raliser dans la plupart des quartiers rĂ©sidentiels de YaoundĂ©. Lorsque l’eau coule dans les maisons, sa qualitĂ© est mise Ă  l’Ă©preuve des standards d’hygiène. «Franchement, on ne comprend plus la qualitĂ© d’eau que la SNEC nous donne. D’abord elle ne coule pas et lorsqu’elle revient elle a une couleur rouge» affirme cette mĂ©nagère habitant le quartier Messassi, Ă  la sortie nord de la ville de YaoundĂ©. Dans les mĂ©nages, c’est presque la rĂ©volte. En plus du manque d’eau, les factures arrivent toujours aussi Ă©levĂ©es. «C’est vraiment bizarre, mĂŞme sans eau, on paye les factures ; qu’ils viennent prendre leur compteur» dĂ©clare ce père de famille excĂ©dĂ© du quartier Ngoa Ekkelle, la zone universitaire de la ville.

Une augmentation de 60 000 litres d’eau nĂ©cessaires pour rĂ©soudre le problème
A l’analyse de la situation, les experts dĂ©noncent la lĂ©gèretĂ© et l’incapacitĂ© des autoritĂ©s en charge des questions d’eau au Cameroun, que sont le ministère de l’eau et de l’Ă©nergie, les sociĂ©tĂ©s CAMWATER et la Camerounaises des Eaux. Techniquement ces responsables tentent d’expliquer la situation en dĂ©gageant leur part de responsabilitĂ©. La baisse des pluies, la situation de la ville de YaoundĂ© placĂ©e en plein au milieu des collines et l’accroissement rapide de la population d’une ville qui s’Ă©tend chaque jour, sont frĂ©quemment Ă©voquĂ©s. La capacitĂ© de production de croisière de notre usine qui s’Ă©lève Ă  100 000 m3/jour est malheureusement arrivĂ©e Ă  saturation en 2005, dĂ©clare un responsable de la CDE. Entre temps, les besoins en eau potable de l’agglomĂ©ration de YaoundĂ© et de ses banlieues se sont accrus, passant de 100 000 Ă  160 000 m3/jour. Notre production s’avère dorĂ©navant insuffisante face aux sollicitations sans cesse grandissantes, tant des mĂ©nages, que de nouveaux consommateurs, administrations, industriels et autres entreprises, ajoute-t-il.

L’incompĂ©tence des administrations en charge de l’eau, relevĂ©e


Une argumentation que de nombreux expert de l’hydraulique urbaine rejettent avec fermetĂ©. Le vrai problème selon eux se trouve au niveau managĂ©rial. Mise en cause la privatisation de la prĂ©cĂ©dente SociĂ©tĂ© Nationale des Eaux du Cameroun (SNEC). La Camerounaise des Eaux qui a raflĂ© le contrat de production et de distribution de l’eau potable dans les villes camerounaises semble dĂ©bordĂ©e. Elle avait pourtant aussi eu la concession pour la construction des infrastructures en vue de pallier Ă  l’accroissement de la demande. Selon un des responsables de la CDE, il faudrait 40 milliards FCFA pour complĂ©ter le dĂ©ficit de 60 000 mètre cube jour dont YaoundĂ© a besoin. Pour de nombreux observateur, c’est tout simplement une situation scandaleuse.

Selon les statistiques d’Aquastat, une structure rattachĂ©e au Fonds des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, le Cameroun possède un rĂ©seau hydrographique très dense. Ses capacitĂ©s en eau permettraient, malgrĂ© la baisse de la pluviomĂ©trie Ă©voquĂ©e par les techniciens de la CDE, d’approvisionner en eau chaque camerounais d’environ 25 000 litres par jour et par an. Les rĂ©serves d’eau de profondeur forales, sont quant Ă  elles d’une capacitĂ© de 16 milliards de litres par an et disponible pendant 20 ans encore.

le puits vient au secours des robinets d’eau

Edouard Tamba)/n

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