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CAN: avec Broos s’ouvre la première histoire belge d’Afrique

Hugo Broos, le sélectionneur belge de l'équipe nationale du Cameroun a remporté sa première CAN au Gabon.

Apres la victoire des Lions en finale de la CAN, Hugo Broos est devenu dimanche le premier sĂ©lectionneur belge Ă  coucher son nom dans le livre d’or du football africain

C’est l’histoire d’un Belge, il arrive au Cameroun et un an après il gagne la Coupe d’Afrique des Nations: Hugo Broos est devenu dimanche le premier sĂ©lectionneur belge Ă  coucher son nom dans le livre d’or de la biennale du football africain.

Avec la victoire des Lions indomptables en finale contre l’Egypte (2-1), c’est aussi l’histoire d’un homme de 64 ans, ancien dĂ©fenseur d’Anderlecht et des Diables rouges, qui prend humblement sa revanche contre celles et ceux qui l’avaient oubliĂ©, Ă  peu près tout le monde.

« Cela m’étonne un peu de voir qu’aujourd’hui, tout le monde loue mes qualitĂ©s en Belgique », a d’ailleurs dĂ©clarĂ© au journal flamand Nieuwsbald l’ancien joueur blanchi sous le harnais, mais svelte comme un jeune homme, les yeux clairs et rusĂ©s qui semblent Ă©clairer un Ă©ternel petit sourire ironique.

« Mes qualitĂ©s Ă©taient encore remises en doute il y a peu. Cela fait d’ailleurs des annĂ©es que je n’ai pas reçu ma chance. Personne ne me contacte. On m’a dĂ©jĂ  dit que j’étais trop vieux, ou trop cher, alors que durant ces six dernières annĂ©es, personne ne m’a demandĂ© ce que je voulais comme salaire », a ajoutĂ© celui qui vient de rejoindre le cercle des EuropĂ©ens sans grade que l’Afrique tire soudain de l’anonymat.

ArrivĂ© en fĂ©vrier 2016 Ă  la tĂŞte d’une sĂ©lection qui n’avait pas gagnĂ© de match en phase finale de la CAN depuis 2010, le natif de Humbeek a immĂ©diatement Ă©tĂ© plongĂ© dans les joies du marigot camerounais: presse intraitable, Ă©ternelles bisbilles joueurs/fĂ©dĂ©ration sur le montant des primes, sans oublier les rodomontades de Roger Milla sur le thème du +c’Ă©tait mieux de mon temps+.

Flegmatique 

« Ce n’est pas agrĂ©able, certainement pas », assure Broos, critiquĂ© jusqu’au dĂ©but de la CAN. « Je n’ai pas compris pourquoi au dĂ©but on ne m’a pas donnĂ© ma chance. Un journaliste doit ĂŞtre critique mais il faut rester correct. Et la correction n’Ă©tait pas toujours lĂ  ».

Flegmatique, Broos a rĂ©sistĂ© aux assauts venus de toutes parts en restant fidèle Ă  lui-mĂŞme: « Je fais Ă  ma manière. Si cela ne rĂ©ussit pas, tant pis pour moi. Mais je pense qu’aujourd’hui, cela a rĂ©ussi ».


Au chĂ´mage depuis plusieurs annĂ©es, le Belge a su constituer un groupe avec des joueurs pour la plupart inconnus, pour parer aux dĂ©fections de sept cadres, qui doivent se mordre les doigts de n’ĂŞtre pas venus au Gabon.

Alain Giresse, HervĂ© Renard, voire un nouveau retour de Claude Le Roy: on voyait plutĂ´t très classiquement un Français, de prĂ©fĂ©rence avec une expĂ©rience en Afrique, pour remplacer l’Allemand Volker Finke dĂ©but 2016 Ă  la tĂŞte du Cameroun.

« HabituĂ© » Ă  la pression 

DifficultĂ©s financières de la FĂ©dĂ©ration, dans un pays qui connaĂ®t comme le reste de l’Afrique centrale un ralentissement de son Ă©conomie ? Toujours est-il que le choix des dirigeants s’est portĂ© sur un entraĂ®neur belge (FC Bruges, Excelsior Mouscron, Anderlecht, Genk…), qui avait dĂ©couvert sur le tard les joies de l’expatriation, avec de brèves expĂ©riences de clubs en Turquie, aux Emirats arabes unis, ainsi qu’en AlgĂ©rie Ă  la JSK oĂą il ne reste que quelques mois.

Dès son arrivĂ©e Ă  YaoundĂ©, le Belge a dĂ» convaincre les sceptiques: « Je n’ai pas peur, je suis vraiment habituĂ© Ă  travailler sous pression ».

« Evidemment, la pression est peut-ĂŞtre un peu plus forte ici, dans ce grand pays. Mais vous ĂŞtes habituĂ© Ă  cette pression lorsque vous avez entraĂ®nĂ© des clubs en Belgique comme Anderlecht ou le FC Bruges », a-t-il insistĂ©, sans convaincre grand monde Ă  l’Ă©poque.

Avec deux matches nuls initiaux contre l’Afrique du Sud, Broos met en place sa mĂ©thode: faire tourner les joueurs, miser sur le collectif plutĂ´t que sur des fortes individualitĂ©s, donner leur chance Ă  des nouveaux venus comme Christian Basogog (Aalborg/Danemark), dĂ©signĂ© meilleur joueur du tournoi alors qu’il n’a Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ© pour la première fois qu’en novembre dernier.

Sur les coups de 22h00 ce dimanche Ă  Libreville, le sexagĂ©naire a couru comme un gamin pour venir partager la joie de ses joueurs sur le stade de l’AmitiĂ©. La revanche des Lions, qui commençaient Ă  subir le dĂ©samour de tout un pays, est aussi celle qu’il prend sur son propre parcours.

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