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Célébration: 08 mars surbooké pour couturières et coiffeuses

Le pagne du 08 mars 2017. ©Droits réservés

En cette veille de la fĂŞte du 08 mars, tout va trop vite dans leurs ateliers et salons. ConsĂ©quence, elles sont parfois les dernières Ă  se « servir »

Germaine T. lève Ă  peine les yeux pour rĂ©pondre au « bonjour » de la reporter de JDC. Au-dessus d’elle, des vĂŞtements confectionnĂ©s aux couleurs du pagne du 8 mars, date de la JournĂ©e internationale de la femme, sont sur des cintres. Des gouttes de sueur dĂ©goulinent du visage de la couturière.  La plupart des ateliers de couture autour du sien est fermĂ©e. On est dimanche, c’est normal. Mais elle, a des commandes Ă  rendre avant mercredi, donc pas le temps de changer la fermeture d’une robe.

Plus loin, c’est Babette, une maman bien en chair qui ne dit pas « non » aux clientes, quitte Ă  les faire attendre plusieurs minutes. Une cliente est venue raccommoder l’uniforme de son garçon de 7 ans. Babette la reçoit avec un rictus. Elle est aussi d’accord pour remplacer la fermeture de la cliente dĂ©boutĂ©e quelques minutes auparavant par Germaine. Les deux clientes attendront une heure que la couturière du marchĂ© Acacia reçoive les dames venues dĂ©poser leur pagne, acheter les modèles dĂ©jĂ  confectionnĂ©s ou rĂ©cupĂ©rer leurs commandes. Un vrai concours de patience. Mais la couturière Ă  ce  « ma co’o attend un peu pardon », qui a le don d’apaiser sa clientèle pressĂ©e.

C’est chaque annĂ©e la mĂŞme rengaine pour ces couturières. Babette connaĂ®t bien cette pression. Tant et si bien que très souvent, son « 8mars » commence quand celui des autres tend vers la fin. « Certaines femmes arrivent parfois le matin du 8 mars pour des commandes expresses. Soit le pagne est arrivĂ© tard, soit elles ont eu l’argent de la couturee le mĂŞme jour. Je suis obligĂ©e de coudre parce que c’est mon travail et je ne refuse pas l’argent », raconte Babette. La dame reconnaĂ®t qu’il lui arrive de ne porter son propre pagne (cousu de ses mains) que le lendemain ou quelques jours après la cĂ©lĂ©bration.


Au rang des cordonniers mal chaussĂ©s, il y a Elsa Ndi, coiffeuse. La jeune femme finit toujours par se faire belle après avoir satisfait toutes ses clientes. « C’est toujours NoĂ«l avant le temps. On a du pain sur la planche les jours qui prĂ©cèdent le 8 mars. Du coup, on ouvre tĂ´t pour fermer tard, ce qui ne nous laisse pas le temps de nous occuper de nous-mĂŞmes. PrioritĂ© aux clientes », conclue Elsa. Les femmes veulent toutes avoir des coiffures bien faites. Donc, on attend les toutes dernières heures pour ne pas risquer d’avoir les cheveux Ă©bouriffĂ©s. Un concours de beautĂ© qui n’en donne pas l’air…Rosine Pousseu, elle, a arrĂŞtĂ© de courir contre la montre. Son 8 mars consiste Ă  porter son « kaba et Ă  coiffer autant que besoin », dit-elle en souriant.

 

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