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CĂ©mac: les leçons d’un sommet extraordinaire de chefs d’Etat

La reconnaissance d’Ali Bongo comme prĂ©sident du Gabon, l’influence de la France sur les dĂ©cisions des pays et le prestige du Cameroun dans la zone sont quelques-unes des leçons dudit Sommet

Votre journal avait donc Ă©tĂ© bien informĂ©, lui qui annonçait, une semaine avant l’Ă©vènement, la tenue d’un sommet des chefs d’Etat du Cameroun, du Congo, du Gabon, de la GuinĂ©e Equatoriale, de la RĂ©publique Centrafricaine et du Tchad, et l’objet de ce sommet. Cette rencontre de concertation de très haut niveau a donc eu lieu Ă  YaoundĂ©. Que faut-il en retenir? Faut-il en rire ou en pleurer? Pour ceux qui, comme nous, ont la comprenette difficile, tirons quelques leçons essentielles.

1.- La leçon politique
Les chefs d’Etat de sous- rĂ©gion Afrique centrale ont donc fait le choix d’Ali Bongo Ondimba. En effet, s’il y avait encore un doute sur ce point, depuis ce sommet de YaoundĂ©, les choses sont claires: Jean Ping aura du mal Ă  convaincre qu’il est le prĂ©sident de la RĂ©publique du Gabon. Celui qu’on connait, c’est Ali Bongo Ondimba qui a signĂ©, pour le Gabon, les 21 rĂ©solutions du sommet extraordinaire.

2.- La leçon d’influence de la France et du Fmi
C’est confirmĂ©, rien ne se fait de dĂ©cisif en Afrique centrale sans la France et le Fmi qui, fait du hasard, est dirigĂ© par Mme Christine Lagarde, une française, ancienne ministre de l’Economie et des finances. C’est dans les livres de la comptabilitĂ© de ce ministère que les comptes d’opĂ©rations des Etats d’une part, et de dĂ©pĂ´t de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BĂ©ac) d’autre part, sont suivis. Le poids et l’influence de la France sont des contraintes rĂ©elles. Quant au Fonds monĂ©taire international (Fmi), il est garant des droits de tirage spĂ©ciaux (DTS) qui constituent une partie des rĂ©serves de change des Etats. Son avis sur le niveau de ces DTS est dĂ©terminant. Les moyens d’action de la France et du Fmi leur donnent un vrai droit de vĂ©to dans le processus dĂ©cisionnel de la CommunautĂ© Ă©conomique et monĂ©taire d’Afrique centrale.

3.- La leçon de souveraineté
Elle est donnĂ©e par les six Chefs d’Etat qui ont dĂ©cidĂ©, souverainement croit-on, de suivre la majoritĂ© des experts qui ont dĂ©conseillĂ© une dĂ©valuation du franc Cfa. C’eĂ»t Ă©tĂ© la pire des choses Ă  faire dans le contexte actuel. Mais, cela sera-t-il suffisant pour rassurer tout le monde? N’est-il pas temps de faire de la monnaie la variable essentielle de l’ajustement tant clamĂ©? Le gouvernement de la Beac aura donc un rĂ´le essentiel Ă  jouer dans les prochains jours. Souhaitons qu’il dĂ©cide, lui aussi, souverainement.


4.- la leçon de courage
Elle a Ă©tĂ© administrĂ©e par M. Pierre Moussa, PrĂ©sident de la Commission de la Cemac, Ă  qui il revient dĂ©sormais la lourde responsabilitĂ© de mettre en musique les 21 rĂ©solutions du sommet. Connaissant les rĂ©alitĂ©s bureaucratiques de nos Etats et l’insuffisance des ressources dont la Cemac souffre, M. Moussa aura besoin de beaucoup de courage pour y arriver. Dieu merci, il semble en avoir, lui qui n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  dire que les mesures d’ajustements seront dures.

5- La leçon de prestige
Qui peut oser dire que le prĂ©sident Biya et le Cameroun n’ont pas tirĂ© avantage du sommet, en terme de prestige? Au demeurant, c’est une retombĂ©e mĂ©ritĂ©e. Il reste maintenant Ă  faire le suivi des rĂ©solutions pour que le sommet extraordinaire de YaoundĂ© soit la base d’un nouveau dĂ©part de la sous rĂ©gion. La base d’une nouvelle forme de leadership camerounais. En effet, le Cameroun concentre tous les leaderships sous – rĂ©gionaux: le leadership dĂ©mographique, le leadership humain, le leadership Ă©conomique et celui gĂ©ostratĂ©gique. Pourra-t-il en faire des atouts ? Just wait and see.


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