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C’est Ă  l’Etat lui-mĂŞme d’ĂŞtre bilingue et non aux Camerounais

Par Vincent-Sosthène Fouda, président du MCPSD

Le Mouvement camerounais pour la social-dĂ©mocratie (M.C.P.S.D) prend acte de la crĂ©ation ce jour, 23 janvier 2017 par le Chef de l’Etat de la Commission Nationale pour la Promotion du Bilinguisme et du Multiculturalisme (CNPBM). Le Chef de l’Etat par cet acte a voulu donner l’impression d’avoir compris les revendications de nos compatriotes d’expression anglaise. Malheureusement ce n’est qu’une impression car cet organe consultatif dans son dĂ©cret de crĂ©ation de 8 chapitres et de 26 articles, porte dĂ©jĂ  en lui-mĂŞme ses propres limites en tant qu’il n’est qu’un organe consultatif consolidant le centralisme de l’Etat-Nation. Autrement dit, il viole dĂ©jĂ  le prĂ©ambule de la Constitution de notre pays.

Le MCPSD souligne en second que malheureusement ce n’est pas aux populations camerounaises de devenir bilingue, mais l’Etat en lui-mĂŞme et dans ses institutions car si chacun devient complètement bilingue dans notre pays bilingue, l’une des langues sera superflue.

Troisièmement, le MCPSD rĂ©itère que le Cameroun est pĂ©tri d’un mal qui le ronge de l’intĂ©rieur et si nul ne le guĂ©rit, l’avenir du pays paraĂ®t incertain. VoilĂ  pourquoi nous invitons le chef de l’Etat Ă  tenir compte de l’histoire de notre pays, de son double hĂ©ritage colonial britannique et français bâti sur un socle germanique.

Après 43 ans de sĂ©paration, nous devons admettre que nos retrouvailles n’ont pas Ă©tĂ© marquĂ©es du sceau de la cordialitĂ©, parfois un fort potentiel destructeur, les a marquĂ©es. Ignorer cette rĂ©alitĂ© historique et fondatrice de notre vivre ensemble c’est prendre Ă  nouveau et de manière permanente le risque d’avoir une franche de notre population qui refuse de nous Ă©couter et nous priverons ainsi le Cameroun de la chance qu’il a toujours de prendre conscience d’un Ă©lĂ©ment particulièrement grave de la situation actuelle. Nous ne pouvons pas vivre sans invoquer notre passĂ©, puisqu’une Nation qui est avant tout une culture se ramène Ă  un hĂ©ritage et le nĂ´tre est sur le socle germanique Ă  deux fourches française et anglaise. Face Ă  ce qui est pour certains un minimum vital, pour d’autres un maximum acceptable, il y a le peuple sĂ©culaire avec ses 256 langues nationales, avec ses us et coutumes avec sa culture que nous rappelle notre loi fondamentale sur laquelle nous nous appuyons très peu.

Le MCPSD appelle donc le prĂ©sident de la RĂ©publique avec lui le peuple camerounais dans ses diffĂ©rentes composantes Ă  ouvrir les yeux et de reconnaĂ®tre la prĂ©sence en sol camerounais, au-delĂ  des clichĂ©s, les camerounais d’expression anglaise riches et vigoureux. Nous invitons le gouvernement camerounais Ă  s’intĂ©resser davantage aux aspirations, aux frustrations et aux rĂ©alisations de nos compatriotes anglophones, tant dans les deux rĂ©gions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest que dans l’ensemble du territoire national. C’est au gouvernement et aux institutions qu’il incarne de comprendre ce que cela signifie d’ĂŞtre membre d’une minoritĂ©, (17% de population) d’un peuple prĂ©sent mais minoritaire, pour accorder Ă  cette minoritĂ© les garanties dont peut se passer une majoritĂ© afin que le Cameroun demeure un.


Le MCPSD rappelle enfin au peuple camerounais que ce n’est pas par le rappel de souffrances mutuellement infligĂ©es et provoquĂ©es que doit se faire la reconstruction de l’union nationale, mais par la volontĂ© sincère de rĂ©conciliation et la recherche commune des chemins vers une coexistence harmonieuse, qui peut conduire Ă  une Ă©tape de paix et de travail, de calme et de progrès.

Vincent-Sosthène Fouda, socio-politologue

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