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Chronique des Relations Internationales (CRI)-Reprise

Il y a des hommes qui s’imposent Ă  l’histoire, quoi qu’on fasse. Fidel Castro Ă©tait certainement de ceux-lĂ !

Ä° Adios Comandante Castro! Ä° Vaya con Dios ! (1ère partie)
Il y a des hommes qui s’imposent Ă  l’histoire, quoi qu’on fasse. Fidel Castro Ă©tait certainement de ceux-lĂ ! Pour sa reprise, la CRI voulait traiter de la Francophonie qui a ouvert son 16ème sommet samedi dernier Ă  Madagascar. Nous en Ă©tions donc Ă  structurer le propos sur cette organisation « dĂ©faillante » lorsque la terrible nouvelle est tombĂ©e : Fidel Castro est mort ! Ce dĂ©cès a suscitĂ© une Ă©motion mondiale. Il a aussi rĂ©vĂ©lĂ© qu’une menace grave pèse dĂ©sormais sur la normalisation des relations entre Cuba et les Etats-Unis d’AmĂ©rique d’une part, et sur l’ordre international dĂ©jĂ  bien fragmentĂ©e d’autre part.

De tous les peuples de la terre est montĂ© le sentiment de regrets et de compassion qu’inspire la mort du « Lider maximo ». Et l’on dĂ©couvre que mĂŞme dans sa mort, Fidel Castro est restĂ© Ă©gal Ă  lui-mĂŞme : un homme qui ne laissait personne indiffĂ©rent. On l’a aimĂ© ou adulĂ© jusqu’au bout. On l’a aussi dĂ©testĂ© ou haĂŻ jusqu’au bout. Dans ce flot ininterrompu de rĂ©actions, un pays sort du lot, logiquement : ce sont les Etats-Unis d’AmĂ©rique. Le seul pays au monde ayant, actuellement, deux prĂ©sidents lĂ©gitimes : un en fin de fonction, Barack Obama et l’autre Ă©lu, en dĂ©but de fonction, Donald Trump. On a entendu la rĂ©action convenue de l’un, et celle chargĂ©e d’agressivitĂ© de l’autre. Autant M. Obama se situe dans le sillon du dĂ©gel diplomatique tracĂ© depuis ce 10 dĂ©cembre 2013, jour oĂą il a serrĂ© la main de Raul Castro lors de l’hommage planĂ©taire rendu Ă  Nelson Mandela, autant son successeur Ă  la Maison blanche a ratĂ© une occasion de ne rien dire. Ou plutĂ´t, il a saisi l’occasion d’ouvrir (peut-ĂŞtre) une nouvelle saison pour les faucons. De lourds nuages s’amoncellent Ă  nouveau dans le ciel cubain.

La « guerre » trumpiste sera d’autant plus aisĂ©e Ă  gagner que « El Comandante » ne sera plus lĂ  pour contrer les assauts. L’appel du PrĂ©sident Hollande en faveur de la levĂ©e de l’embargo contre Cuba ne sera certainement pas entendu par M. Trump qui dĂ©clare qu’il « fera tout pour contribuer Ă  la libertĂ© du peuple cubain ». Dans le mot « tout », tout y est ! Y compris la force. C’est probablement ici que les mots du PrĂ©sident Maduro du Venezuela prennent tout leur sens. En effet, face Ă  M. Trump qui arrive trompette sonante, pour « exorciser » le peuple cubain des dĂ©mons castristes, « il faut, dit-il, poursuivre l’hĂ©ritage de Castro ». Oui, « l’idĂ©al rĂ©volutionnaire, disait dĂ©jĂ  Castro, doit demeurer, mĂŞme après ma mort ». Oserions-nous suggĂ©rer Ă  M. Trump qu’au lieu de « tout faire », pour le peuple cubain, il lui suffit juste de lever totalement l’embargo ?

Il y a quelques jours, les grands Ă©lecteurs amĂ©ricains Ă©lisaient M. Trump pour restaurer la grandeur « perdue » des Etats-Unis. M. Trump n’ayant jamais Ă©tĂ© Ă©lu Ă  aucune fonction politique avant le 08 novembre 2016, aurait-il compris cette mission au premier degrĂ© ? Et n’ayant jamais rencontrĂ© Fidel Castro, faut-il comprendre Ă  travers ses paroles que la blessure psychologique, gĂ©ostratĂ©gique et mentale que les victoires castristes ont infligĂ© aux Etats-Unis dès 1959 est encore ouverte chez de nombreux amĂ©ricains y compris chez celui qui en dĂ©tiendra les destinĂ©es pour un mandat de quatre ans ? Quatre annĂ©es qui, dans ces conditions, s’annoncent dures et Ă©prouvantes pour l’ordre international. M. Poutine qui semble avoir la sympathie de M. Trump saura-t-il faire ce que les dirigeants de l’ex-Urss ont fait pour le monde et la petite Ă®le lors des moments les plus chauds de la guerre froide?


Rappelons que sur l’initiative de M. Obama, les Etats-Unis et Cuba ont engagĂ© un rĂ©chauffement de leurs relations. Cette volontĂ© de dĂ©tente de M. Obama a rencontrĂ© l’adhĂ©sion des frères Castro, en particulier celle de Raul qui, en 2006, a reçu le pouvoir des mains de son frère Fidel. Depuis lors, des actions significatives ont Ă©tĂ© posĂ©es. Citons en mars 2009, l’autorisation de se rendre une fois par an Ă  Cuba accordĂ©e aux citoyens amĂ©ricains d’origine cubaine ; en avril 2009, la fin des restrictions sur les voyages et transferts d’argent des Etats-Unis vers Cuba ; en dĂ©cembre 2014, la reprise des relations diplomatiques et l’assouplissement de l’embargo suivis de la libĂ©ration des trois ex-agents cubains dĂ©tenus aux Etats-Unis ; en juillet 2015, la rĂ©ouverture des ambassades Ă  Washington et Ă  la Havane et, enfin, du 20 au 22 mars 2016, la visite historique de Barack Obama Ă  Cuba. Au moment oĂą il s’apprĂŞte Ă  cĂ©der le pouvoir Ă  M. Trump, deux actions phares resteront non rĂ©alisĂ©es. Il s’agit de la fermeture de la base amĂ©ricaine de Guantanamo d’une part, et de la levĂ©e totale de l’embargo d’autre part. La seule certitude connue Ă©tant qu’après avoir essuyĂ© pas moins de 638 tentatives d’assassinats de la CIA, Fidel Castro soit mort des suites de maladie. Ä° Adios Comandante Castro! Ä° Vaya con Dios ! (Ă  suivre).


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