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Climat: fin des nĂ©gociations Ă  Bonn malgrĂ© l’incertitude amĂ©ricaine

Les dĂ©lĂ©guĂ©s climat du monde entier concluaient jeudi Ă  Bonn dix jours de nĂ©gociations, malgrĂ© les incertitudes que Washington fait peser sur le sort de l’accord de Paris contre le rĂ©chauffement de la planète.

« Nous devons avancer quels que soient les obstacles », a dit jeudi l’ambassadrice fidjienne, Nazhat Shameem Khan, dont le pays prĂ©sidera en novembre la COP23, la confĂ©rence annuelle de l’ONU sur les changements climatiques.

« Nous ne devons pas renoncer parce que l’un de nous a dĂ©cidĂ© de +quitter la famille+. A ce stade les Etats-Unis n’ont pas pris de dĂ©cision, et nous espĂ©rons qu’ils resteront dans l’accord. Mais nous n’arrĂŞterons pas notre travail, mĂŞme si la dĂ©cision est nĂ©gative », a-t-elle ajoutĂ©, saluant des discussions « positives » pendant ces deux semaines et un « Ă©lan commun ».

EntamĂ© dans la crainte que les hĂ©sitations amĂ©ricaines dĂ©motivent les nĂ©gociateurs voire crĂ©ent un effet domino sur certains pays, ce round se termine sur une volontĂ© exprimĂ©e de « rester positifs ».

« L’esprit est bon. Il y a des dĂ©bats: certains comme l’UE veulent plus de rigueur sur l’application de l’accord, d’autres plus de souplesse… Mais il n’y pas eu les graines du blocage souvent vues dans le passĂ© », avant l’adoption fin 2015 de l’accord mondial contre le rĂ©chauffement, note David Levai, ancien nĂ©gociateur français, aujourd’hui Ă  l’Institut du dĂ©veloppement durable Ă  Paris.

« Ce contexte amĂ©ricain crĂ©e une forme de solidaritĂ©: on fait bloc, c’est un peu comme +l’effet pack+ en rugby », dit-il.

Techniques, les dĂ©bats ont surtout portĂ© sur de la procĂ©dure autour des règles d’application de l’accord de Paris. Rien de tangible n’est sorti sur le fond de ce « mode d’emploi de l’accord » que les nĂ©gociateurs ont jusqu’en 2018 pour prĂ©ciser.

– ‘Planche de salut’ –

En attendant, le processus climatique reste de fait suspendu Ă  la dĂ©cision du prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump, qui semble dĂ©sormais hĂ©siter, après avoir promis pendant sa campagne qu’il retirerait son pays de cet accord prĂ©sentĂ© par lui comme un « canular » fomentĂ© par les Chinois.

A Bonn, la dĂ©lĂ©gation amĂ©ricaine elle-mĂŞme est restĂ©e tout ce temps en attente d’instructions. RĂ©duite Ă  son minimum historique, selon les observateurs admis dans ces sessions Ă  huis clos.


« Leur chef est un nĂ©gociateur expĂ©rimentĂ©. Il a rĂ©pĂ©tĂ© +notre position est en train d’ĂŞtre rĂ©Ă©tudiĂ©e+ », a dit la responsable climat de l’ONU Patricia Espinosa.

Tous les regards sont désormais tournés vers les sommets du G7 des 26 et 27 mai, et du G20 début juillet en Allemagne.

« Nous travaillons dur avec de nombreux amis dans le monde pour convaincre les Etats-Unis que rester au sein de l’accord de Paris est le bon choix », a dit Ă  Bonn Jochen Flasbarth, secrĂ©taire d’Etat auprès du ministère allemand de l’Environnement, dont le pays accueillera le G20.

Pour le nĂ©gociateur malien Seyni Nafo, chef du groupe Afrique, « il faut que les Etats-Unis prennent leur dĂ©cision le plus vite possible. Ca ne peut continuer indĂ©finiment, pour permettre aux pays de se repositionner ».

Mais plus l’hĂ©sitation dure, « plus on espère parvenir Ă  le convaincre », note aussi David Levai.

Mercredi, près de 50 pays parmi les plus vulnĂ©rables au changement climatique ont appelĂ© Ă  renforcer l’action mondiale contre le rĂ©chauffement planĂ©taire, « notre planche de salut », ont-ils redit.

L’accord de Paris, conclu sous l’Ă©gide de l’ONU, vise Ă  limiter le rĂ©chauffement global en-deçà de 2°C voire 1,5°C par rapport au niveau de la RĂ©volution industrielle, en rĂ©duisant les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre.

Mais les engagements nationaux actuels conduisent encore le monde vers une hausse du mercure de +3°C, l’accord de Paris prĂ©voyant donc que les pays rĂ©visent Ă  moyen terme leurs ambitions Ă  la hausse, sous peine d’impacts majeurs aux quatre coins du monde.

De fait, selon de nombreuses Ă©tudes, les indicateurs du rĂ©chauffement sont toujours plus alarmants. Comme en Arctique, oĂą l’Ă©tendue maximale de la banquise hivernale a Ă©tĂ© cette annĂ©e la plus faible jamais enregistrĂ©e.

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