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Contentieux Ă©ditoriaux: le Cameroun contre Jeune Afrique

Capture d'écran ©Droits réservés

Le ministre de la Communication a accusé mercredi le magazine de s’acharner contre le Cameroun, le chef de l’Etat et autres personnalités du pays

Il y en a marre des tentatives de l’hebdomadaire Jeune Afrique pour «dĂ©truire la stabilitĂ© de nos institutions, saper nos valeurs et travestir la perception que le monde entier peut avoir de notre nation», voilĂ  la quintessence de la communication faite par le ministre Issa Tchiroma Bakary mercredi, 19 avril 2017 Ă  YaoundĂ©.

L’objet du contentieux : l’article «J’ai conseillé à Paul Biya de ne pas se représenter, j’en paie aujourd’hui le prix fort» disponible sur le site du magazine depuis le 10 avril. Le texte, une interview, permet à  l’ancien secrétaire général de la présidence, Marafa Hamidou Yaya, de revenir sur les causes de son arrestation et ses conditions de détention. «Au départ, je devais être neutralisé sur la base d’un dossier monté de toutes pièces, alléguant que je disposais d’une armée de 6 000 personnes à la frontière, sans préciser laquelle, et prête à foncer sur Yaoundé pour déstabiliser les institutions. Puis ce fut la prétendue affaire de «complicité intellectuelle» de détournement des deniers publics, à l’occasion de l’achat avorté de l’avion présidentiel. Et depuis mon incarcération, malgré de multiples enquêtes menées tous azimuts, le pouvoir n’a rien trouvé contre moi.

En 2018, cela fera 35 ans qu’il règne. En la matière, c’est la dose qui fait le poison ! En 2011, j’ai conseillé au président Biya de ne pas se représenter. Conseil dont je paie aujourd’hui le prix fort. N’avais-je pas raison ? Aujourd’hui, le Cameroun est devenu un pays qui subit. Il décroche sur tous les plans. Faute de détermination, tous les projets dans le domaine économique, social ou des infrastructures traînent, et sont souvent dépassés lorsqu’enfin ils sont mis en route. À cela s’ajoute le fait que notre unité nationale est à présent prise en otage du fait des mauvaises réponses apportées par le gouvernement à la question anglophone», peut-on y lire.

En riposte Issa Tchiroma précise que le sieur Marafa Hamidou puge une peine de 20 ans d’emprisonnement pour le détournement de la somme de 29 millions de dollars destinée à l’acquisition d’un avion présidentiel. «Les questions demeurées à ce jour sans réponses de la part des intéressés et qui auront amené les différentes juridictions ayant connu de cette affaire à conclure à la culpabilité de M. Marafa Hamidou Yaya et de ses co-condamnés, sont celles-ci : où est l’avion qui devait être acheté et qui n’a jamais été livré ? Ou à défaut, où se trouvent les 29 millions de dollars confiés à M. Marafa Hamidou Yaya pour l’acquisition dudit avion?»

De nombreuses organisations de la société civile et des proches parents de Marafa ne cessent de dénoncer un complot politique dans cette affaire. De nombreuses organisations de la société civile considèrent ce dernier comme un «prisonnier politique».


Pour Issa Tchiroma, cet article n’est que la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Et pour preuve, des morceaux choisis des titres dénoncés par le ministre « Comment va le Cameroun ?» Toujours en 2011, le 10 octobre, le même journal revient à la charge avec un titre encore plus provocateur : «Cameroun. Paul Biya, jusqu’à quand ?» Encore en 2011 : «Cameroun : Marafa Hamidou Yaya sur la touche» et un autre titre non moins vindicatif «Cameroun, petit peuple, grand péril», «Cameroun : 1982-2012, de Biya à Biya» Toujours en 2016, la crise des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest est mise à contribution sous le titre : «Cameroun : les Anglophones en ont marre des Francophones», puis «L’Intifada des Anglophones»… »

La liste des articles indexés par le Mincom traitent dans leur majorité des sujets liés à la personne du président de la République. A cette heure, aucune réaction de Jeune Afrique n’est encore rendue publique.

 

 

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