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Crise anglophone: L’AFP dit «Oui» au fĂ©dĂ©ralisme

Par Alice Sadjio, prĂ©sidente de l’Alliance des forces progressistes (AFP)

Les rĂ©gions du Nord-ouest et du Sud-ouest sont dĂ©connectĂ©s du reste du pays et du monde depuis quelque temps. Dans un système dictatorial comme le nĂ´tre oĂą la plupart des mĂ©dias privĂ©s sont astreints au service minimum, internet reste le recours par excellence Ă  l’information, gage de transparence et de dĂ©bat contradictoire. L’AFP par ma voix, exhorte les thurifĂ©raires du RDPC, Ă  se ressaisir en ayant Ă  l’esprit le principe selon lequel : l’Etat c’est nous tous! On ne gouverne pas contre le peuple, mais avec le peuple et pour le peuple.

Toutes choses qui nuisent aux basses besognes des dictatures forcenĂ©es d’Afrique et d’ailleurs. Au Cameroun comme ailleurs, les rĂ©seaux sociaux ont jouĂ© un rĂ´le de contre-pouvoir remarquable qui a permis de mettre Ă  nu et de refrĂ©ner les abus des dictatures. L’AFP se dit particulièrement prĂ©occupĂ©e par cette coupure d’internet dans les rĂ©gions protestataires du Nord-ouest et du Sud-ouest. Lorsqu’on sait que c’est derrière les portes closes, dans l’obscuritĂ© que les pires atrocitĂ©s ont pu se perpĂ©trer dans l’histoire de l’humanitĂ©, Nous craignons pour la sĂ©curitĂ© et les droits des citoyens camerounais ces jours-ci. Le droit Ă  l’information est un des droits fondamentaux du citoyen. Nul ne saurait l’en priver sans se mettre en travers de la #DĂ©mocratie.

Le Cameroun traverse une crise anglophone
Des leaders hier en pourparlers, aujourd’hui relĂ©guĂ©s au rang de « maquisards »… un arrière-goĂ»t de dĂ©jĂ  vu! Et pourtant, l’on sait que le respect mutuel, l’honnĂŞte intellectuel, la prise en compte des prĂ©occupations de fond des parties prenantes…sont le prĂ©alable de tout dialogue constructif ! En effet, comme nous le craignions, c’est plutĂ´t la stratĂ©gie de la chauve-souris qui est en marche concernant la crise qui prĂ©vaut dans la partie anglophone du Cameroun. Lorsque le gouvernement s’adosse aujourd’hui sur l’inviolabilitĂ© de la Constitution pour stigmatiser le Consortium et autres, il oublie que personne n’a autant portĂ© atteinte Ă  cette mĂŞme Constitution que cette dictature RDPC, excroissance de l’UNC.

Ils ont sans doute postulĂ© que nous autres camerounais sommes atteints d’amnĂ©sie collective et qu’on a par consĂ©quent oubliĂ© que le RDPPC a marchĂ© sur le sang des Camerounais en 2008 pour modifier les dispositions constitutionnelles dans l’intĂ©rĂŞt d’un seul individu : Paul Biya. Mais lorsque qu’une communautĂ© aussi reprĂ©sentative que celle de deux rĂ©gions entières fait preuve d’une quasi-unanimitĂ© dans la revendication de la rĂ©vision des piliers systĂ©miques de l’Etat, (comme il ne s’agit pas des appels Ă  candidature et rĂ©vision constitutionnelle du RDPC) du coup, ils se rĂ©fugient derrière cette Constitution, perpĂ©tuellement foulĂ©e au pied, implĂ©mentĂ©e Ă  moins de 50 %, pour dĂ©crĂ©ter « hors la loi » des citoyens dont le seul crime aura Ă©tĂ© d’avoir l’audace d’envisager un autre futur pour nos enfants.

De qui se moque-t-on? Il est clair pour tout observateur dotĂ© de bon sens que dans la gestion de la RESPUBLICA, seuls les intĂ©rĂŞts et prioritĂ©s du RDPC comptent, au mĂ©pris hĂ©las, de l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral. La position de l’AFP dans la problĂ©matique du droit Ă  l’auto-dĂ©termination est indispensable en dĂ©mocratie. ConsĂ©quence, les tortures n’y feront rien, le peuple finira par avoir le dernier mot. Oui au fĂ©dĂ©ralisme comme mode d’administration. Le nombre des États fĂ©dĂ©rĂ©s devant ĂŞtre dĂ©terminĂ© par voie rĂ©fĂ©rendaire.


Assumons donc cette position gĂ©ostratĂ©gique d’Afrique en miniature.

Ayons de l’audace, montrons la voie, afin que la postĂ©ritĂ© soit fière demain, de se revendiquer de nous!

Patriotiquement!


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