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Crise anglophone: mise en garde des mĂ©dias contre «l’apologie» de la sĂ©cession

Le CNC menace les mĂ©dias des peines de suspension provisoire ou d’interdiction dĂ©finitive d’activitĂ©s auxquels ils s’exposent en publiant certains contenus liĂ©s Ă  la crise dans les rĂ©gions anglophones

Le Conseil national de la Communication (CNC) menace de «suspension provisoire» ou d’ «interdiction dĂ©finitive d’activitĂ©s» tout mĂ©dia local qui publierait des propos tendant Ă  faire «l’apologie» de la sĂ©cession ou du fĂ©dĂ©ralisme au Cameroun.

Le Messager, the Guardian Post, Cameroon Post, The Times, Equinoxe Tv, Stv, Canal 2, et certaines radios communautaires sont les premiers médias à faire les frais de cette mesure. Dans un communiqué rendu public vendredi 20 janvier 2017, le président du CNC Peter Essoka a adressé un «blâme» à ces organes pour avoir publié ou diffusé des «propos anti démocratiques» et «séditieux.»

«Dans la mouvance des contestations anti-dĂ©mocratique orchestrĂ©es dans la rĂ©gion du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, par des activitĂ©s socio-politiques, au sujet du retour Ă  la forme fĂ©dĂ©rale de l’Etat et des appels Ă  la sĂ©cession, certains supports mĂ©diatiques offrent leurs espaces Ă  la diffusion des informations et des propos sĂ©ditieux. Il s’agit notamment des organes de presse Ă©crites et audiovisuels dĂ©nommĂ©s Le Messager, the Guardian Post, Cameroon Post, The Times, Equinoxe TV, STV, Canal 2, ainsi que certaines radios communautaires», a Ă©crit Peter Essoka.

Le CNC est l’organe rĂ©gulateur des mĂ©dias locaux. Il est chargĂ© de veiller par ses dĂ©cisions et avis au respect des lois et règlements en matière de communication sociale, de l’Ă©thique et de la dĂ©ontologie professionnelle, de la paix sociale, de l’unitĂ© et de l’intĂ©gration nationale dans tous les mĂ©dias, de la promotion des idĂ©aux de paix, de dĂ©mocratie et des droits de l’homme.

Mais l’instance doit aussi s’assurer des libertĂ© et responsabilitĂ© des mĂ©dias, de l’indĂ©pendance des services publics et privĂ©s de la communication, de la transparence, du pluralisme et de l’Ă©quilibre dans les programmes des entreprises de communication.

La dĂ©cision du CNC communiquĂ©e vendredi s’inscrit dans la logique gouvernementale qui est «prĂŞt Ă  tout pour assurer la paix», selon les propos rapportĂ©s jeudi par le ministre de la Communication Issa Tchiroma Bakary. Elle survient Ă  la suite de la suspension de certaines mouvements anglophones, Ă  savoir le Consortium de la sociĂ©tĂ© civile du Cameroun occidental (CRCSC) et le Southern Cameroon national council (SCNC), accusĂ©es d’avoir menĂ© des «activitĂ©s contraires Ă  la Constitution et de nature Ă  porter atteinte Ă  la sĂ©curitĂ© de l’Etat, Ă  l’intĂ©gritĂ© du territoire, Ă  l’unitĂ© nationale et Ă  l’intĂ©gration nationale».


Le prĂ©sident du Consortium et son secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral ont Ă©tĂ© interpellĂ©s Ă  la suite de la nullitĂ© de leur organisation. Ils font l’objet d’une enquĂŞte judiciaire visant Ă  dĂ©terminer leur rĂ´le dans les violences qui ont sĂ©vit dans les rĂ©gions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest depuis novembre.

Le Consortium est Ă  l’origine des villes mortes qui ont empĂŞchĂ© la reprise des cours dans les parties anglophones du pays depuis le 09 janvier. Dans cette zone, l’Ă©cole a cessĂ© depuis le dĂ©but de la grève des enseignants violemment rĂ©primĂ©e par les forces de l’ordre le 08 dĂ©cembre.


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