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Crise anglophone: les parlementaires préconisent la décentralisation

Photo d'illustration, © Droits réservés

Alors que l’arrêt des cours dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest s’invite au menu de la session parlementaire du mois de mars ouverte lundi, les voix se font déjà entendre en faveur de la décentralisation comme solution à cette crise

Comment résoudre la crise socio-politique dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest  et parvenir à une reprise des cours dans cette partie du Cameroun. Le sujet est au bout des lèvres des Camerounais depuis le mois de novembre 2016. Tous, intellectuels, société civile, partis politiques, etc, ont multiplié des propositions susceptibles d’aider le gouvernement dans ses démarches pour décanter la situation. Les parlementaires s’y mettent aussi.

InterrogĂ©s Ă  l’ouverture de la session parlementaire du mois de mars, dĂ©putĂ©s et sĂ©nateurs recommandent la mise en place effective de la dĂ©centralisation comme solution.

«Le problème est devenu Camerounais. Il ne concerne plus seulement les  anglophones. Par ailleurs, il faut un déclic et ce serait la décentralisation. Le moment est venu de mettre plus de moyens dans la décentralisation. Il faut responsabiliser les gens à la base, afin qu’ils prennent en main le destin de leurs régions», a confié Paul Tchatchouang, sénateur pour le Social démocratic front (SDF), cité dans la presse publique ce mardi.

La position de ce membre du principal parti d’opposition en faveur de la décentralisation est partagée par certains élus du RDPC. «Il serait malhonnête de ne pas reconnaitre que depuis le mois de novembre, beaucoup de nos enfants ne vont pas à l’école. Nous pensons que le gouvernement en a pris conscience. Mais nous proposons d’aller le plus loin possible, notamment dans la décentralisation. Il faut mettre un accent particulier sur la décentralisation», a indiqué Pierre Henri Ngalli Ngoa, sénateur du Rassemblement démocratique du peuple camerounais.

RĂ©unis au sein de ses deux chambres, le Parlement camerounais est appelĂ© Ă  dĂ©battre de la crise ouverte dans la partie anglophone du Cameroun depuis le mois d’octobre, suite Ă  une grève des avocats violemment rĂ©primĂ©e par les forces de l’ordre. Des vidĂ©os circulant sur la toile avaient fait Ă©tat des violences et humiliations affligĂ©es Ă  ces derniers. Des robes d’avocats avaient Ă©tĂ© confisquĂ©es au cours de cette descente musclĂ©e des Ă©lĂ©ments de la Gendarmerie nationale.


Toutes choses qui ont conduit les enseignants anglophones à lancer un mot d’ordre de grève en soutien aux avocats. La manifestation tenue le 03 décembre a viré l’émeute. Des biens matériels ont été détruits, des boutiques ont été pillées, deux personnes sont mortes, selon un bilan officiel dévoilée le  11 décembre,  à Yaoundé, par le ministre de la Communication Issa Tchiroma Bakary.

Ces dĂ©bats au Parlement surviennent Ă  la suite d’une deuxième descente effectuĂ©e la semaine dernière par le Premier ministre, PhilĂ©mon Yang, dans ces rĂ©gions, après la tentative Ă©chouĂ©e de dĂ©cembre. Il y Ă©tait rencontrer les autoritĂ©s administratives et traditionnelles, des parents d’élèves et des responsables d’établissements pour les convier Ă  s’impliquer pour une reprise des cours. A ce jour, aucune amĂ©lioration n’est encore observĂ©e. Des Ă©lèves anglophones n’ont toujours pas, ou très peu, repris le chemin des classes, ont confiĂ© des sources contactĂ©es par Journal du Cameroun.

Quelques mois plus tôt, le chef de l’Etat Paul Biya avait, en réponse aux plaintes  des anglophones relatives à la suprématie de la culture francophone, instituée une Commission nationale chargée de promouvoir le bilinguisme et le multiculturalisme. Rien n’y fait. Des villes mortes continuent à être lancées dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. La dernière en date est l’œuvre du Consortium de la société civile du Cameroun anglophone qui avait appelé, le 23 février, les populations a observer «indéfiniment» une cessation d’activités chaque lundi jusqu’à la «libération de tous les manifestants interpellés à Bamenda.»

 

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