Politique › Judiciaire

Drame d’Eseka: ouverture d’un procès contre Camrail lundi

Le Tribunal de première instance de Douala a autorisé des familles de victimes à poursuivre, en référé d’heure à heure, la société Camrail dont le déraillement de train avait fait officiellement 75 morts et 575 blessés en octobre 2016.

Le président du Tribunal de première instance de Douala a autorisé des familles, dont des proches sont portés disparus depuis le déraillement du train le 21 octobre dernier, à poursuivre la Camrail en justice dans le cadre d’une procédure de référé d’heure en heure. Celle-ci permet que soit rendue une ordonnance dans le délai moyen d’un mois et ainsi de débloquer rapidement des situations de crise.

Le procès opposant les familles de Madame Enangue Njoh Dorette et Monsieur Tedonzong à Didier Vandenbon (DG de Camrail) et Vincent Bolloré (actionnaire majoritaire de Camrail) s’ouvre le 15 mai prochain. Il est le premier du genre au Cameroun malgré les autres plaintes déposées par des familles de victimes dans diverses juridictions du pays.

Le 02 novembre dernier, le Tribunal de grande instance d’Eseka avait été saisi d’une plainte contre la Camrail et le groupe Bolloré. Ladite plainte est l’objet d’un collectif de 28 familles de victimes aux motifs de «défaillances, négligences et omission de porter secours.»


Le déraillement du train est survenu à quelques kilomètres de la gare d’Eseka, département du Nyong-Ekelle, au lendemain de l’affaissement d’une buse qui avait eu pour conséquence de diviser la route Douala-Yaoundé en deux, obligeant de nombreux usagers de la route à affluer dans les gares. Pour répondre à la forte demande, l’administration de Camrail, après avis du ministre des Transports, avait pris l’initiative de rallonger les locomotives en ajoutant huit voitures supplémentaires. Le train ainsi constitué partit de Yaoundé à 11 heures et dérailla quelques heures plus tard à Eséka.

En France, le Tribunal de grande instance de Nanterre a  récemment requis l’ouverture d’une information judiciaire dans le cadre de cette même affaire soumise à sa compétence par le Syndicat professionnel des conducteurs de train du Cameroun et le Comité de libération des prisonniers politiques (CL2P). Les plaignants estiment que «Camrail avait nécessairement conscience qu’en accomplissant l’acte de faire partir ce train dans les conditions déplorées (système de freinage défaillant, Ndlr), il en résulterait de manière certaine la mort de plusieurs voyageurs».

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