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Duel de mastodontes autour du pétrole et du gaz camerounais

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L’opérateur britannique Bowleven PLC a appelé ses actionnaires à voter contre les résolutions de la holding COC visant à le convertir en une société de portefeuille

L’opĂ©rateur britannique Bowleven PLC, qui opère dans les champs pĂ©troliers et gaziers offshore camerounais de Bomono et d’EtindĂ©, a mis en garde ses actionnaires contre la tentative d’offre publique d’achat (OPA) de son actionnaire Crown Ocean Capital (COC), une holding d’investissement privĂ© basĂ©e Ă  Monaco et qui dĂ©tient11% de son capital.

Ainsi, l’opĂ©rateur a appelĂ© Ă  «voter contre toutes les rĂ©solutions» de la holding avant d’inviter les actionnaires Ă  «soutenir leur conseil d’administration et Ă  ne prendre aucune mesure immĂ©diate en ce qui concerne leurs avoirs».

Dans un communiquĂ© publiĂ© mercredi, l’opĂ©rateur affirme que son associĂ© a l’intention de prendre le contrĂ´le de l’entreprise sans payer le juste prix et n’a, de surcroĂ®t, aucune stratĂ©gie crĂ©dible pour maximiser la valeur des actifs clĂ©s de la sociĂ©tĂ© sur ces deux champs.

«L’intention dĂ©clarĂ©e du COC est de convertir Bowleven en une sociĂ©tĂ© de portefeuille, de retirer les liquiditĂ©s du bilan de Bowleven et de le laisser dans une position prĂ©caire qui pourrait ne pas ĂŞtre en mesure de financer l’investissement nĂ©cessaire pour rĂ©aliser une valeur totale ou partielle de ses actifs au Cameroun, toute chose qui affaiblirait considĂ©rablement sa position de nĂ©gociation.»

Le MonĂ©gasque, insiste le communiquĂ©, a l’intention de remplacer le conseil d’administration existant et d’y nommer ses propres hommes que sont Eli Chahin et Christopher Ashworth, plaçant ainsi la direction de la sociĂ©tĂ© sous le contrĂ´le d’un seul actionnaire minoritaire, sans qu’aucun autre administrateur indĂ©pendant ne soit en mesure de reprĂ©senter les intĂ©rĂŞts des actionnaires.

Selon le prĂ©sident du conseil, Billy Allan, il s’agit d’«un moyen de transformer Bowleven en un distributeur de billets» pour les administrateurs, tout en prenant le contrĂ´le de la Commission alors que le COC «n’a absolument aucun mĂ©rite».


Il s’agit, dĂ©nonce Bowleven, d’une tentative de management «exceptionnellement mauvaise» qui ambitionne de confier la direction de l’entreprise Ă  des personnes nommĂ©es par le COC, et qui Ă©limine toutes les garanties de gouvernance pour les autres actionnaires, amenant alors le conseil d’administration Ă  perdre les relations vitales avec le gouvernement camerounais pour faire progresser les actifs et rĂ©aliser la valeur, pour finalement perdre toute son expĂ©rience pertinente en matière de pĂ©trole et de gaz ainsi que les relations avec le secteur industriel du pays.

En une annĂ©e de partenariat, le COC a affichĂ© «une incohĂ©rence totale» dans son approche en essayant notamment d’imposer de nouveaux administrateurs non exĂ©cutifs avec des procĂ©dures juridiques «dĂ©fectueuses», et en essayant de limoger tous les membres du conseil d’administration Ă  l’exception du chef d’exploitation, David Clarkson.

Bowleven, qui revendique «un bilan solide» avec 95 millions de dollars de trĂ©sorerie au 31 dĂ©cembre 2016 et aucune dette, accuse aussi son dĂ©sormais adversaire d’avoir bloquĂ© la restitution de l’excĂ©dent de trĂ©sorerie aux actionnaires, dans le cadre de son programme de rachat d’actions.

En décembre dernier, Crown Ocean, qui se disait insatisfait des dividendes que lui verse Bowleven, a tenté le forcing en convoquant une assemblée générale de son partenaire afin de révoquer six de ses administrateurs pour les remplacer par des hommes réputés «intègres» et revoir la stratégie du groupe.

 

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