International › AFP

En famille ou entre amis, les Iraniens votent dans la bonne humeur

En famille ou entre amis, les électeurs iraniens attendent patiemment et dans une ambiance festive leur tour de voter pour élire leur nouveau président et les membres des conseils municipaux.

Faute d’isoloirs, les Ă©lecteurs prennent des selfies, se consultent, Ă©changent leurs listes et s’entraident pour remplir leurs bulletins.

« Nous sommes venus tĂ´t pour encourager les autres Ă  venir. Nous avons pris des selfies et les avons postĂ©s sur les rĂ©seaux sociaux », tĂ©moigne Mansoureh, un universitaire de 45 ans.

A Téhéran, dont le maire est le conservateur Mohammad Bagher Ghalibaf, chaque électeur doit inscrire le nom de son candidat pour la présidentielle, mais aussi ceux des 21 membres du conseil municipal, ce qui prend plusieurs minutes.

Pour la présidentielle, le choix est restreint: outre le modéré sortant Hassan Rohani, sont en lice le religieux conservateur Ebrahim Raissi, et deux petits candidats peu connus.

Dans le bureau de vote de l’Ă©cole Ghassemnejad, dans le centre de la capitale baignĂ©e de soleil, les Ă©lecteurs aident les plus âgĂ©s Ă  remplir leur devoir civique.

Chacun doit Ă©crire sur son bulletin le nom du candidat, un code qui lui correspond puis apposer son empreinte digitale après avoir trempĂ© son index dans de l’encre violette, rouge ou bleue.

Des femmes portant des foulards colorés cherchent le code de Rohani dans la liste des candidats affichée sur le mur. Puis ceux des candidats de la liste des réformateurs parmi les 2.700 personnes qui se présentent aux municipales de Téhéran.

Prévoyant, beaucoup ont déjà enregistré les noms de leurs candidats sur leur smartphone pour aller plus vite.

Dans la grande mosquĂ©e Hosseiniyeh Ershad, un dĂ©bat amical et courtois s’engage entre un partisan de Rohani d’une cinquantaine d’annĂ©es et un jeune religieux favorable Ă  Raissi.

« En dehors de TĂ©hĂ©ran, la vie est vraiment difficile pour les gens et notre politique Ă©trangère est vraiment faible », affirme le religieux, âgĂ© d’une vingtaine d’annĂ©es.


Mais M. Rohani a « su remettre l’Ă©conomie sur les rails et faire des investissements dans les infrastructures du pays », lui rĂ©pond poliment le plus âgĂ©.

– Longue attente –

Les files d’attente semblent beaucoup plus longues que lors des lĂ©gislatives de 2016 et un canal a Ă©tĂ© crĂ©Ă© sur le rĂ©seau social Telegram, très populaire en Iran, pour aiguiller les Ă©lecteurs vers les bureaux de vote les moins encombrĂ©s.

Les Iraniens peuvent en effet voter n’importe oĂą dans le pays ou Ă  l’Ă©tranger.

« Nous votons Rohani en espĂ©rant que les choses ne vont pas empirer », affirme Hamed Boroujerdi, un marchand de vĂŞtements de 40 ans venu voter avec sa femme et ses deux enfants.

D’autres comme Amir Fathollahzadeh, âgĂ© de 51 ans, votent pour la première fois.

« J’ai perdu presque tout mon business ces dernières annĂ©es, mais je vote Rohani pour ne pas perdre aussi ma dignitĂ© et ma fiertĂ© », annonce-t-il. Il espère que le prĂ©sident sortant pourra continuer sa politique d’ouverture et obtenir la levĂ©e d’autres sanctions pesant encore contre son pays.

Dans une mosquĂ©e de la ville oĂą les pro-Raissi sont nombreux, Ali Serkani, un Ă©tudiant de 23 ans, venu avec sa soeur et ses parents, estime que « la protection de la culture islamique et l’Ă©conomie » sont prioritaires.

« Malheureusement, ces dernières annĂ©es, les valeurs de la rĂ©volution ont Ă©tĂ© affaiblies et nous devons les rĂ©tablir », renchĂ©rit Mahnaz Rafii, une professeur de thĂ©ologie de 50 ans.

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

Ă€ LA UNE
Retour en haut