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Fin des pourparlers sur la Syrie sur fond de tensions après une frappe de la coalition

Un sixième round de nĂ©gociations de paix sur la Syrie sous l’Ă©gide de l’ONU a pris fin vendredi sans rĂ©el progrès et sur fond tensions après une frappe la veille de la coalition conduite par les Etats-Unis sur des forces soutenant le rĂ©gime syrien.

Concluant devant les journalistes quatre jours de nĂ©gociations indirectes Ă  Genève entre la dĂ©lĂ©gation de Damas, dirigĂ©e par l’ambassadeur aux Nations unies Bachar al-Jaafari, et le Haut ComitĂ© des NĂ©gociations (HCN) qui rĂ©unit l’opposition, l’envoyĂ© spĂ©cial de l’ONU Staffan de Mistura a indiquĂ© vouloir reprendre les pourparlers courant juin mais Ă  une date qui n’a pas encore Ă©tĂ© fixĂ©e.

Seule avancĂ©e tangible obtenue cette semaine : des entretiens de fonctionnaires de l’ONU avec des experts du gouvernement, d’une part, et de l’opposition, d’autre part, pour aborder « des questions juridiques et constitutionnelles ».

Ces rĂ©unions se tiendront durant les pourparlers mais aussi probablement entre chaque sĂ©rie de nĂ©gociations. « Nous n’allons pas rĂ©diger une Constitution, mais cela va beaucoup aider », a spĂ©cifiĂ© M. De Mistura.

Le diplomate italo-suĂ©dois a aussi expliquĂ© que, faute de temps, les parties en prĂ©sence n’avaient pas pu discuter des quatre sujets Ă  l’ordre du jour adoptĂ© lors du quatrième round de discussions: lutte contre le terrorisme, gouvernance (terme flou pour Ă©voquer une transition politique), nouvelle Constitution et organisation d’Ă©lections.

– « Agression » –

Alors que les discussions prenaient fin Ă  Genève, les tensions grandissaient au lendemain d’une frappe de la coalition conduite par les Etats-Unis qui a visĂ©, selon la Syrie et son alliĂ© russe, l’armĂ©e syrienne.

La Syrie a condamnĂ© cette « agression de la coalition », tandis que le vice-ministre russe des Affaires Ă©trangères, Guennadi Gatilov, citĂ© Ă  Genève par les agences de presse russes, a dĂ©noncĂ© un bombardement « inacceptable ».

« La soi-disant coalition a attaquĂ© hier Ă  16H30 (13H30 GMT) une position de l’armĂ©e arabe syrienne sur la route d’Al-Tanaf (dans le sud-est), tuant plusieurs martyrs et causant des dĂ©gâts matĂ©riels », a indiquĂ© une source militaire citĂ©e par l’agence officielle syrienne Sana, sans prĂ©ciser la nationalitĂ© des victimes.

Un porte-parole militaire de la coalition antijihadiste, le colonel Ryan Dillon, avait Ă©voquĂ© jeudi un convoi de « forces pro-rĂ©gime » et un autre responsable amĂ©ricain avait dit qu’il s’agissait « probablement » de milices chiites, sans ĂŞtre plus prĂ©cis sur leur identitĂ©.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), huit personnes, « pour la plupart non-syriennes », ont Ă©tĂ© tuĂ©es.


Selon le commandement des forces américaines au Moyen-Orient (Centcom), la frappe a détruit un tank, un bulldozer, un tracteur et un excavateur.

A Genève, un porte-parole du HCN, Yehya al-Aridi, a qualifiĂ© la frappe d' »action Ă©nergique contre les forces Ă©trangères qui ont transformĂ© la Syrie en un grand champ de bataille ».

– « S’Ă©pauler » –

Au total, six sĂ©ries de pourparlers indirects ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© organisĂ©es depuis 2016 sur les bords du lac LĂ©man par M. De Mistura, sans parvenir Ă  trouver une issue pour mettre fin au conflit, les discussions ayant achoppĂ© Ă  chaque fois sur le sort rĂ©servĂ© au prĂ©sident syrien, dont l’opposition exige le dĂ©part.

En six ans, cette guerre a causĂ© la mort de plus de 320.000 personnes, chassĂ© plus de la moitiĂ© des Syriens de leurs foyers et dĂ©truit l’Ă©conomie et les infrastructures de ce pays du Proche-Orient.

Elle a Ă©galement Ă©tĂ© Ă©maillĂ©e d’atrocitĂ©s : massacres de civils, usage d’armes chimiques… Dernière horreur en date : les Etats-Unis ont accusĂ© cette semaine le rĂ©gime syrien du prĂ©sident Bachar al-Assad d’avoir brĂ»lĂ© dans un « crĂ©matorium » une partie des milliers de prisonniers assassinĂ©s ces dernières annĂ©es.

Les efforts en vue de mettre fin Ă  la guerre sont dĂ©sormais dĂ©ployĂ©s sur deux circuits parallèles : le processus politique officiel Ă  Genève, cependant que d’autres pourparlers axĂ©s sur la sĂ©curitĂ© ont lieu depuis janvier Ă  Astana, capitale du Kazakhstan, Ă  l’initiative de la Turquie, soutien des rebelles, et de la Russie et l’Iran, alliĂ©s du rĂ©gime syrien.

Alors que les nĂ©gociations en Suisse sont de plus en plus Ă©clipsĂ©es par les pourparlers d’Astana et par les dĂ©faites militaires des rebelles, M. De Mistura a assurĂ© vendredi que Astana et Genève devaient « s’Ă©pauler rĂ©ciproquement ».

Le chef de la dĂ©lĂ©gation de l’opposition syrienne, Nasr al-Hariri, a reconnu vendredi que les pourparlers Ă  Genève n’avaient guère avancĂ© mais a estimĂ© que « maitenir le processus (…) actif (Ă©tait) une rĂ©ussite ».

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