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Hommage Ă  Monique Alvine Koumatekel

Par Kah Walla, prĂ©sidente nationale du Cameroon People’s Party (CPP)

Monique Alvine Koumatekel,
Vous avez vécu une vie importante. Importante pour vos proches mais plus encore pour la Nation.

Votre vie a Ă©tĂ© importante non pas parce que vous Ă©tiez une cĂ©lĂ©britĂ©, une personnalitĂ© publique ou une autoritĂ© publique. Mais plutĂ´t parce que vous Ă©tiez : femme, mère, fille, tante, Ă©pouse, une camerounaise comme de millions d’autres.

Nous vous rendons d’abord hommage pour cette vie que vous avez vĂ©cu. Celle d’une mère qui se battait au quotidien pour nourrir ses enfants. Celle d’une fille qui a Ă©tĂ© chĂ©rie par ses parents. Celle d’une Ă©pouse, compagne dans les moments difficiles et dans les moments heureux. L’amour, le chagrin et la douleur qui traversent vos bien-aimĂ©s sont la preuve de la femme, la camerounaise digne que vous avez Ă©tĂ©.

HĂ©las, c’est Ă  travers la mort que nous vous avons connu. Cette mort choquante, bouleversante, tragique. Cette mort qui a indignĂ© toute une nation. Cette mort qui nous a interloquĂ©, interpellĂ©, rĂ©veillĂ©. Monique, aussi tragique que cela soit, vous ĂŞtes peut-ĂŞtre venue sur cette terre pour mourir ainsi. Cela ne signifie pas que vous mĂ©ritiez une telle mort, non, loin de lĂ  ; mais plutĂ´t que votre mort a servi d’Ă©lectrochoc pour plus de 23 millions de Camerounais.

A travers la mort vous nous avez posé des questions essentielles :
. Qui sommes-nous en tant que nation ?
. Quelle valeur accordons-nous Ă  la vie ? A nos vies ? A la vie de nos enfants ? A la vie des femmes, qui donnent, par ailleurs, la vie ?
. Allons-nous vivre dans une sauvagerie croissante, sans respect aucun, les uns et les unes envers les autres, ou allons-nous bâtir une sociĂ©tĂ© oĂą chaque individu a sa dignitĂ© prĂ©servĂ©e et oĂą la communautĂ© est fière d’avoir offert toutes les opportunitĂ©s Ă  chaque individu ?

. Allons-nous vivre dans une sauvagerie croissante, sans respect aucun, les uns et les unes envers les autres, ou allons-nous bâtir une sociĂ©tĂ© oĂą chaque individu a sa dignitĂ© prĂ©servĂ©e et oĂą la communautĂ© est fière d’avoir offert toutes les opportunitĂ©s Ă  chaque individu?

A travers votre dĂ©cès tragique, vous nous avez posĂ© des questions essentielles et aujourd’hui, nous voilĂ  face Ă  nous-mĂŞmes.


L’histoire nous dira si nous, Camerounais, avons Ă©tĂ© capables d’apporter les bonnes rĂ©ponses. L’histoire nous dira si nous Camerounais et Camerounaises avons eu le courage, la loyautĂ©, la fiertĂ© d’apporter les bonnes rĂ©ponses. L’histoire nous dira, surtout, si nous avons pu surmonter la peur qui nous tĂ©tanise, si nous avons pu faire le travail en profondeur et dans la durĂ©e, si nous avons pu nous mettre debout pour le Cameroun.

Quand à vous, Monique Alvine Koumatekel, vous avez fait votre part. Vous avez vécu, femme, mère, s ur, fille, compagne, aimée. femme, camerounaise, tête haute.

Vous ĂŞtes morte en hĂ©roĂŻne pour la nation, sacrifiĂ©e comme les 7 000 autres femmes qui meurent chaque annĂ©e parce qu’elles essayent de donner la vie au Cameroun. Vos jumeaux sont morts comme ces 58 000 autres enfants qui n’atteignent pas leur premier anniversaire chaque annĂ©e au Cameroun.

Monique, vous ĂŞtes morte de manière Ă  nous laisser incapables d’indiffĂ©rence.

Vous êtes morte en nous mettant face à nous même, face à ces questions essentielles. A chaque camerounaise et chaque camerounais de répondre.

Vous, vous êtes venu, vous avez vécu, vous avez fait votre part.

Au nom du Cameroon People’s Party, avec rĂ©vĂ©rence, je vous salue.


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