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Iran: Raissi, le religieux conservateur « dĂ©fenseur des pauvres »

Ebrahim Raissi, principal adversaire du prĂ©sident sortant Hassan Rohani Ă  la prĂ©sidentielle de vendredi, est un religieux conservateur proche du guide suprĂŞme qui se prĂ©sente comme le « dĂ©fenseur des pauvres ».

A 56 ans, cet hodjatoleslam Ă  l’air austère et sans grand charisme est nĂ© dans la ville sainte de Machhad (nord-est). Figure montante du rĂ©gime islamique, il est un pur produit du système conservateur.

Ebrahim Raissi est toujours coiffĂ© d’un turban noir, signe qu’il est un « seyyed » descendant du prophète mais aussi, selon sa biographie, de l’imam Hussein, troisième successeur de Mahomet, vĂ©nĂ©rĂ© par les musulmans chiites majoritaires en Iran.

Sa cible est l’Ă©lectorat populaire et dĂ©favorisĂ© auquel il promet une hausse des aides directes, la crĂ©ation d’un million d’emplois par an et la relance de la production nationale.

Face Ă  « l’oligarchie », « je reprĂ©sente les ouvriers, les agriculteurs, les femmes dĂ©munies », affirme Raissi.

Le chĂ´mage a fortement augmentĂ© ces dernières annĂ©es en passant de 10,5% en 2013 Ă  12,5% aujourd’hui, soit plus de 3,3 millions de personnes. Le chĂ´mage des jeunes atteint 27%.

M. Raissi propose d’augmenter par trois l’aide aux plus dĂ©munis, qui est actuellement de 455.000 rials (12 dollars).

Il ne remet pas en cause l’accord nuclĂ©aire, voulu par le guide suprĂŞme, l’ayatollah Ali Khamenei. Mais il accuse le gouvernement Rohani d’avoir Ă©tĂ© trop « faible » dans les nĂ©gociations en faisant trop de concessions sans obtenir de rĂ©elles contreparties. « Je vais encaisser le chèque » de l’accord, dit-il.

– Pas de pardon pour la ‘sĂ©dition’ –

En 2016, M. Raissi a été nommé par le guide à la tête de la puissante Fondation de charité Astana Qods Ravi.

Cette dernière gère Ă  Machhad le mausolĂ©e de l’imam Reza, huitième successeur du prophète selon les chiites, et possède de nombreuses sociĂ©tĂ©s de construction et de services, d’immenses usines, des terres agricoles et des terrains Ă  travers tout le pays.


Auparavant, le candidat a travaillĂ© pendant plus de deux dĂ©cennies au sein du puissant pouvoir judiciaire d’Iran, contrĂ´lĂ© par les religieux conservateurs.

Il a notamment occupé entre 1985 et 1988 le poste de procureur adjoint du tribunal révolutionnaire de Téhéran. Durant cette période, les opposants ont été durement réprimés et des centaines, voire des milliers, de prisonniers exécutés, à la fin de la guerre Iran-Irak.

Les rĂ©formateurs le critiquent en affirmant qu’il sera peu enclin Ă  libĂ©raliser la sociĂ©tĂ© et qu’il n’a pas suffisamment d’expĂ©rience pour diriger le pays.

Il semble en effet peu probable qu’il oeuvre Ă  la libĂ©ration de Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, leaders rĂ©formateurs qui, en 2009, avaient contestĂ© la rĂ©Ă©lection du prĂ©sident ultraconservateur et populiste Mahmoud Ahmadinejad.

QualifiĂ©s de « chefs de la sĂ©dition », ils sont en rĂ©sidence surveillĂ©e Ă  TĂ©hĂ©ran depuis 2011.

« La grande nation iranienne ne pardonnera jamais ceux qui sympathisent avec les chefs de la sĂ©dition », avait affirmĂ© Ebrahim Raissi en 2014.

Les rĂ©formateurs l’accusent aussi d’ĂŞtre partisan de la discrimination entre hommes et femmes.

Pour leur rĂ©pondre, il a mis en avant dans une vidĂ©o diffusĂ©e sur les rĂ©seaux sociaux le fait que son Ă©pouse Ă©tait professeur d’universitĂ©.

Ses deux filles ont Ă©galement des diplĂ´mes universitaires, l’une en sciences sociales et sciences coraniques, l’autre en physique, obtenu Ă  la prestigieuse universitĂ© Sharif de TĂ©hĂ©ran.

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