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Jean-Louis, dépressif, raconte son combat contre la maladie

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Il s’était séparé de sa compagne, n’allait plus au travail, s’était enfermé dans sa bulle, dégouté par la vie et ses travers. Puis un jour, après un long traitement administré par un psychiatre de l’hôpital Jamot de Yaoundé, il a repris le cours normal de sa vie. C’est l’histoire de Jean-Louis, un ex patient de psychiatrie.

En couple et père de quatre enfants, son médecin lui a détecté une dépression pour la première fois à l’âge de 37 ans. Le diagnostic tombe alors qu’il a accumulé une série de problèmes au boulot et avec sa fiancée. Du jour au lendemain, sans savoir comment ni pourquoi, Jean-Louis passe ses colères sur son entourage, devient violent, irraisonnable, avant de s’enfermer dans un silence assourdissant. L’inquiétude s’empare de ses proches et bientôt son cas divise.

Pour les uns, « il est fatigué dans la tête et a juste besoin de repos. Normal, puisque sa fiancée est de nouveau partie de la maison avec les enfants. » Pour les autres, « il doit se faire soigner avant que sa maladie n’empire ». On a prévu de l’interner à l’hôpital Jamot, réputé pour être celui des « détraqués mentaux ». Mais une altercation entre les deux camps survient le jour J. Exténué, le regard vide, le concerné n’est pas en mesure de décider de son sort.  Sur fond de tension il sera finalement hospitalisé pour une durée indéterminée. « Tout dépendra de la réaction de son corps au traitement » affirmait à l’époque son médecin traitant.

Deux ans plus tard, après avoir reçu des traitements appropriés, Jean-Louis semble reprendre du poil de la bête et dit : « Je viens de loin ! Les médicaments m’ont souvent donné l’impression d’être un inutile, un véritable légume. Mais contre toute attente, je suis debout. C’est un véritable miracle ! ». « Il passait en effet ses journées à dormir, sous l’effet des médicaments. Il ne parlait pas, on devait l’aider à manger, l’encourager à sortir. Bref il faisait pitié et c’était dur de le voir ainsi, surtout qu’il était plein de vie avant sa maladie», confie sa nièce.


« On a su qu’il commençait à guérir quand il allait déjà seul à l’hôpital, mais surtout le jour où il a conduit son véhicule, un 4X4 pour se reprendre dans son nouveau lieu de service » ajoute sa nièce. « Puis le 1er janvier 2015, alors qu’il souffrait depuis bientôt trois ans, il a dansé comme jamais il ne l’avait fait depuis sa maladie. C’était sous le rythme du titre « kirikou » de l’artiste camerounais Longuè Longuè. Et selon ses dires, ils reprirent en cœur l’expression de cette chanson « La chute d’un homme n’est pas la fin de sa vie »

Ce n’était pas la fin de sa vie, mais le début d’une autre, ou la continuation de celle qu’il avait laissé en suspens trois ans plus tôt. Aujourd’hui Jean-Louis a repris son travail, s’est finalement marié à sa fiancée, a agrandi sa famille de deux enfants de plus. Le dernier projet qui lui tient à cœur en ce moment est de finir les travaux de construction de sa maison. L’ex-patient du pavillon psychiatrie de l’hôpital Jamot, dit avoir aussi remercié ses proches, qui ont fait preuve de patience à son égard. Comme quoi, l’entourage aide beaucoup les personnes dépressives

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