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La fronde de la communautĂ© anglophone Ă  la Une de l’actualitĂ©

Les journaux camerounais parus lundi 28 novembre 2016, se sont penchés sur les tensions en cours dans la ville de Bamenda qui ont conduit à de violentes émeutes la semaine dernière

Les journaux camerounais parus lundi 28 novembre 2016, se sont penchĂ©s sur les vives tensions en cours dans la ville de Bamenda (Nord-Ouest), et qui ont conduit Ă  de violentes Ă©meutes suite, la semaine dernière, Ă  un mouvement d’humeur lancĂ© par des avocats et enseignants d’obĂ©dience anglophone s’Ă©levant contre la « marginalisation » de cette partie du pays.

Les manifestants demandaient par ailleurs le retour au fédéralisme, au risque de la sécession.

« Revendications anglophones : Paul Biya prescrit des mesures urgentes », titre l’hebdomadaire L’Essentiel : pour mettre fin Ă  la crise, le chef de l’Etat a envoyĂ© sur place Premier ministre, Philemon Yang, en vue de recueillir et d’Ă©tudier dans l’urgence les revendications des avocats et enseignants de cette partie du pays.

Pour son confrère IntĂ©gration, ces contacts se sont plutĂ´t soldĂ©s par un «échec» au terme d’une rĂ©union houleuse dimanche, qui s’est d’ailleurs achevĂ©e en queue poisson dans la capitale rĂ©gionale du Nord-Ouest, Bamenda.

« Les Anglophones ne sont pas marginalisĂ©s », affirme, chez Sans DĂ©tour, le secrĂ©taire permanent du Conseil national de sĂ©curitĂ© et Ă©lite de la rĂ©gion, Paul Atanga Nji, qui « crache des vĂ©ritĂ©s qui tranchent avec l’hypocrisie des frondeurs de Bamenda » : « ReprĂ©sentant Ă  peine 19% de la population, les Anglophones cumulent Ă  eux seuls 39% des postes de responsabilitĂ© au sein des institutions ».

Emergence, qui prend le contre-pied de ces affirmations, affirme pour sa part que M. Atanga Nji, par ailleurs ministre chargé de missions à la présidence de la République, a « trahi les Anglophones » à travers des affirmations qui sonnent comme un reniement de ses origines.

Toujours est-il que le rĂ©gime de YaoundĂ© a fini par cĂ©der face Ă  la pression, constate la publication qui considère dĂ©jĂ  que le fait, pour Paul Biya, d’envoyer son chef du gouvernement dans le chaudron des revendications anglophones, « une première », est dĂ©jĂ  en soi la dĂ©monstration que le chef de l’Etat « a peur des proportions que peut prendre cette affaire qui est devenue une cause ».


Dans leurs revendications contre la «marginalisation», les meneurs de la fronde, selon Le Jour, peuvent dĂ©sormais compter sur le soutien des parlementaires du Front social dĂ©mocratique (SDF), qui en masse ont dĂ©sertĂ© l’hĂ©micycle pour aller sur place exiger du gouvernement une meilleure prise en compte de la cause anglophone.

C’est que les nĂ©gociations coincent vĂ©ritablement, reconnaĂ®t Mutations qui, se fondant sur des sources introduites, Ă©crit que « les rencontres, tenues Ă  huis clos entre les parties, n’ont pas abouti Ă  de grandes conclusions » et invoque « un dialogue de sourds ».

Comme pour mettre de l’huile sur le feu, Le Quotidien de l’Economie signale que les enseignants d’obĂ©dience anglophone viennent d’adresser un ultimatum au gouvernement : « Les contestataires exigent, avant le 30 novembre, la mise en place d’un nouveau cadre institutionnel pour examiner les problèmes soulevĂ©s. »

Tout Ă  l’opposĂ© de ces informations pour le moins pessimistes, le quotidien Ă  capitaux publics Cameroon Tribune affiche, sur quatre colonnes en couverture, que «le calme est de retour» Ă  Bamenda après des «échanges fructueux entre Philemon Yang et plusieurs leaders d’opinion de la rĂ©gion.


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