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La lettre d’une citoyenne Ă  l’armĂ©e camerounaise

Par Anne-Laurenne

Mon cher Soldat,
Cela fait dĂ©jĂ  deux ans que tu es parti dans le Nord et nous ne savons pas quand tu vas revenir. La guerre contre Boko Haram ne veut donc plus jamais finir ? Quand est-ce qu’ils vont pouvoir nous laisser vivre ? Mince ! Quand est-ce qu’on pourra revivre avec toi et avoir l’esprit tranquille ? Depuis que tu es parti, nous avons du mal Ă  dormir le soir. La peur nous ronge sans cesse. Comment ĂȘtre serein avec les news qu’on entend de Fotokol ? Il parait que c’est chaud lĂ -bas.

La semaine derniĂšre on nous a appelĂ©s pour nous dire que ton ami avec qui tu restais souvent est mort. La douleur Ă©tait profonde, on s’est imaginĂ© que c’Ă©tait toi. Mais comme on dit un Lion ne meurt pas, il dort.

On n’ose plus t’Ă©crire ou regarder les infos Ă  la tĂ©lĂ©, mais ne croit pas qu’on t’oublie. On a juste peur de ne pas avoir de lettre retour de ta part ou d’apprendre Ă  la radio que tu es parti. La vie ci aime souvent nous faire des surprises auxquelles on ne s’attend pas. Ma’a Christine, la voisine d’en face est morte il y a deux semaines. On Ă©tait au village le week-end dernier pour l’enterrement. Depuis qu’on est rentrĂ©s la mater ne dort plus la nuit. Tu sais qu’elle stresse souvent beaucoup, depuis que tu es parti c’est pire. Les enfants ne font que te demander ici. Tous les jours, ils t’attendent devant le portail. Ta ngui que tu as laissĂ© ici continue de t’attendre. Elle vient souvent nous rendre visite, la mater l’aime beaucoup.

Nous sommes tous morts de chagrin Ă  l’idĂ©e de ne pas te revoir. On nous dit que Boko Haram lĂ  ne blague pas. Mais c’est parce qu’ils ne te connaissent pas. Ils ne savent pas que tu es un guerrier, que tu es prĂȘt Ă  tout pour sauver ta patrie. Ils ne savent pas que tu es notre hĂ©ros et que tu es prĂȘt Ă  tout pour revenir. Ils ne savent pas que tu es un dur gars du mboa et que rien ne t’effraie. Impossible n’est pas Camerounais comme on avait l’habitude de dire au kwat.

J’espĂšre que tu leur as dit lĂ -bas que tu ne te laisses jamais abattre et que tu gagnes toujours. Nous ici, on est fier de toi, de ton courage et de ta bravoure. On sait que Dieu t’accompagne ainsi que nos priĂšres. Nous sommes effrayĂ©s mais quand tu es parti tu nous as dit de ne pas nous inquiĂ©ter. Tu nous as dit que tu es un battant et que rien ne pourra t’arrĂȘter. Tu nous as dit que tu Ă©tais fier d’ĂȘtre Camerounais et que tu Ă©tais prĂȘt Ă  tout pour ta patrie.

Dis Ă  nos frĂšres qu’on ne les oublie pas non plus, on pense tous fort Ă  vous. La vie n’est pas facile, mais grĂące Ă  vous, on a au moins la sĂ©curitĂ©. Nous vous sommes reconnaissants, vous vous battez pour nous, pour assurer nos arriĂšres, pour qu’on puisse dormir en paix. Nous pouvons vivre dans la paix et l’amour. On vous soutient dans cette guerre contre ces malfrats. Ils pensent mĂȘme qu’ils peuvent gagner face Ă  un Lion ? De toutes maniĂšres, ils ne pourront bientĂŽt plus rien faire, vous les tuez tous one by one.

Vous ĂȘtes les hĂ©ros de la nation Camerounaise et nous sommes fiers de vous. Ici, vous ĂȘtes nos modĂšles. Les journaux parlent de vous, les rĂ©seaux sociaux c’est grave alors.


Continuez de prendre soin de vous et vous allez arriver Ă  la victoire dans cette guerre.

Dieu ne vous oublie pas mes frĂšres.

Que nos priĂšres vous accompagnent et un GRAND MERCI.

Anne-Laurenne


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