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La rage: Une maladie qui tue encore

On la conjuguait au passé. La rage continue pourtant de faire des victimes, particulièrement sur le continent africain. Découvrons cette « zoonose » et comment la traiter pour sauver des vies

Quand on Ă©voque la rage, la plupart du temps, c’est juste comme exemple de maladie transmise de l’animal Ă  l’homme. La rage est une zoonose (une maladie transmise de l’animal Ă  l’homme) virale. Le virus se transmet par morsure ou griffure profonde d’un animal infectĂ©. Le chien est le principal hĂ´te et vecteur du virus rabique. Il est Ă  l’origine de l’infection dans tous les cas mortels de rage humaine survenant chaque annĂ©e en Asie et en Afrique, dont le nombre est estimĂ© Ă  50 000. Les morsures de rats ou de chauve-souris ont Ă©galement Ă©tĂ© signalĂ©es comme source potentielle du virus, en particuliers en Europe et aux Etats-Unis. La rage est loin d’avoir disparu et selon l’OMS, plus de 95% des cas humains mortels surviennent en Asie et en Afrique. Lorsque les symptĂ´mes apparaissent, la rage est presque toujours mortelle. En Afrique, les enfants sont les premiers touchĂ©s. 50 Ă  60 % des victimes de la rage sont des enfants de moins de 15 ans. De par leur manque de prudence vis-Ă -vis des risques de morsures et leur petite taille, ils ont plus de mal Ă  se dĂ©fendre lors d’attaque et subissent souvent des morsures au visage. De plus, les enfants cherchent souvent Ă  cacher Ă  leurs parents qu’ils ont Ă©tĂ© en contact avec un animal potentiellement Ă  risque et ont plus de mal Ă  identifier le danger.

Un diagnostic difficile
La rage est une maladie nĂ©gligĂ©e touchant des populations pauvres et vulnĂ©rables dont les dĂ©cès sont rarement notifiĂ©s. Elle survient principalement dans des communautĂ©s rurales reculĂ©es oĂą des mesures de prĂ©vention de la transmission Ă  l’homme ne sont pas mises en uvre. Il est donc difficile de donner des statistiques exactes sur le nombre de personnes touchĂ©es par cette maladie. Ce qui empĂŞche par ailleurs, la mobilisation de ressources auprès de la communautĂ© internationale pour son Ă©limination. La première difficultĂ© dans l’identification de la maladie est la pĂ©riode d’incubation. Elle varie gĂ©nĂ©ralement de 1 Ă  3 mois mais peut durer moins d’une semaine Ă  plus d’un an. La maladie se manifeste d’abord par de la fièvre et, souvent, des douleurs ou bien une paresthĂ©sie inhabituelle ou inexpliquĂ©e (fourmillements, dĂ©mangeaisons, brĂ»lures) Ă  l’endroit de la blessure. La propagation du virus dans le système nerveux central entraĂ®ne une inflammation progressive et mortelle de l’encĂ©phale et de la moelle Ă©pinière. La rage peut alors se manifester sous sa forme «furieuse». Le malade est hyperactif et excitĂ© et prĂ©sente des crises de panique. Le dĂ©cès survient en quelques jours par arrĂŞt cardiorespiratoire.
Dans 30% environ des cas humains, la rage peut se prĂ©senter sous sa forme «paralytique». L’Ă©volution est moins spectaculaire et gĂ©nĂ©ralement plus longue que dans la rage furieuse. Les muscles sont progressivement paralysĂ©s, Ă  partir de l’endroit de la morsure ou de l’Ă©gratignure. L’autre difficultĂ© est qu’il n’existe pas de test permettant de diagnostiquer la rage avant le dĂ©but de la phase clinique et, en l’absence des signes spĂ©cifiques d’hydrophobie ou d’aĂ©rophobie. Il est donc difficile d’en faire le diagnostic qui peut ĂŞtre confirmĂ© sur un sujet vivant ou dĂ©jĂ  dĂ©cĂ©dĂ© visant Ă  dĂ©tecter le virus entier, l’antigène du virus ou des acides nuclĂ©iques dans les tissus infectĂ©s encĂ©phale, peau) ou dans l’urine ou la salive.

Un public peu informé


La population est souvent mal informĂ©e du risque encouru; dans la majoritĂ© des cas les personnes exposĂ©es ne consultent pas immĂ©diatement un mĂ©decin, et une fois les symptĂ´mes apparus plus rien ne permet de les sauver. L’infrastructure des centres de prĂ©vention est peu dĂ©veloppĂ©e en Afrique occidentale, et le Mali n’est pas une exception. Le vaccin anti-rabique n’est gĂ©nĂ©ralement pas subventionnĂ© par les gouvernements, ce qui limite l’accès des populations aux traitements, faute de moyens. La vigilance s’impose pour en particulier protĂ©ger les enfants. Les cas d’attaques par des animaux doivent ĂŞtre signalĂ©es et prises en charge dans des structures de santĂ© oĂą le vaccin peut ĂŞtre administrĂ©.

La rage est une zoonose dont le réservoir est constitué par des vertébrés à sang chaud

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