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La situation de Bamenda préoccupe les journaux camerounais ce lundi

Les lendemains des émeutes survenus en milieu de semaine dernière dans la ville de Bamenda (Nord-Ouest) et le retour au calme sont en couverture des journaux ce 12 décembre

«Retour du calme dans les rues Ă  Bamenda» ; «Bamenda : le calme après la tempĂŞte», titrent respectivement Le Jour et Mutations, la première publication citĂ©e rappelant que le 8 dĂ©cembre 2016, des batailles rangĂ©es ont opposĂ© dans les rues des hordes de personnes dĂ©chaĂ®nĂ©es aux forces de l’ordre, les manifestants s’opposant Ă  une manifestation du parti au pouvoir qui devait dĂ©boucher sur une motion de soutien Ă  son leader et chef de l’Etat, Paul Biya.

«Depuis le week-end, les apparatchiks du pouvoir se satisfont du contrĂ´le de la situation. Le calme et la sĂ©rĂ©nitĂ© sont revenus dans le chef-lieu de la rĂ©gion du Nord-Ouest», tĂ©moigne ce quotidien qui relate qu’au moment du dĂ©part du rutilant cortège du Premier ministre ainsi que des dĂ©lĂ©guĂ©s de circonstance, que les manifestants voulaient ridiculiser, des renforts en hommes et en moyens logistiques ont Ă©tĂ© convoyĂ©s dans la ville frondeuse.

Les activitĂ©s ont timidement repris durant le week-end, confirme Mutations qui est allĂ© Ă  la rencontre du leader du Front social dĂ©mocrate (SDF), premier parti de l’opposition, John Fru Ndi qui recommande au prĂ©sident Biya d’Ă©couter les revendications des avocats et enseignants, au dĂ©part du mĂ©contentement de la communautĂ© anglophone du pays.

Et de rappeler que des ministres depuis YaoundĂ©, la capitale, avaient passĂ© leur temps Ă  affirmer qu’il n’existait pas de problème anglophone alors que le Premier ministre Philemon Yang, Ă©tait sur place une semaine plus tĂ´t pour engager le dialogue : «Et après, ces mĂŞmes ministres sont venus faire un meeting Ă  Bamenda. Ils y Ă©taient pour dĂ©clarer en public que le problème anglophone n’existe pas au Cameroun. Je suis d’ailleurs content que les jeunes manifestants aient montrĂ© qu’il existe un problème anglophone.»

Paraphrasant les propos tenus pendant le week-end par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, le bihebdomadaire La MĂ©tĂ©o compare pourtant lesdits manifestants aux membres de la secte islamiste Boko Haram, un mouvement qui «a toujours eu pour ambition finale d’amputer le territoire camerounais de sa partie septentrionale pour Ă©tendre son khalifat islamiste».

L’autre Ă©lĂ©ment qui place les manifestants de Bamenda sur le mĂŞme niveau de considĂ©ration que les insurgĂ©s du mouvement jihadiste, selon ce journal, ce sont les destructions opĂ©rĂ©es dans la ville au cours de cette fronde sociale alors que «les Camerounais, dans leur immense majoritĂ©, sont contre le sĂ©cessionnisme et condamnent les manifestations qui ont affectĂ© la partie anglophone du pays».


«Inacceptable», renchĂ©rit le quotidien Ă  capitaux publics Cameroon Tribune pour qui tout laisse penser que, tapis dans l’ombre, les concepteurs et donneurs d’ordres des actes crapuleux qu’on dĂ©plore avaient, dès le dĂ©part, un agenda cachĂ©, les revendications des avocats et des enseignants n’Ă©tant qu’un alibi pour parvenir Ă  leurs fins inavouĂ©es.

Ces anarchistes, martèle-t-il, «devraient prendre conscience qu’en se posant comme ennemis de l’unitĂ© nationale, fruit de sacrifices incommensurables, ils seront inĂ©luctablement vaincus. Ils devraient Ă©galement se rappeler et se convaincre au regard de la loi fondamentale du Cameroun que la souverainetĂ© nationale appartient au peuple. Et qu’aucune fraction de celui-ci, pas plus qu’un individu ne saurait s’en attribuer l’exercice.»

Le Cameroun est certes indivisible, il faut que cela soit enseignĂ© dans les Ă©coles de base et retenu comme un dogme, relativise Mutations qui se dĂ©sole nĂ©anmoins que le gouvernement, face Ă  certaines revendications, ait optĂ© depuis longtemps pour la posture et le discours de la peur : il considère les dĂ©bats avec les reprĂ©sentants politiques ou sociaux comme une forme de faiblesse de l’Etat.


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