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La Turquie appelle au dĂ©part du coordinateur amĂ©ricain pour la lutte contre l’EI

Le ministre turc des Affaires Ă©trangères a appelĂ© jeudi au dĂ©part de l’envoyĂ© spĂ©cial amĂ©ricain auprès de la coalition internationale en Syrie et en Irak, Brett McGurk, l’accusant de soutenir les milices kurdes syriennes et les sĂ©paratistes kurdes turcs.

« Il serait bon que cette personne soit remplacĂ©e », a dĂ©clarĂ© MevlĂĽt Cavusoglu jeudi dans une interview Ă  la chaĂ®ne privĂ©e NTV, affirmant que M. McGurk « soutient clairement » les milices kurdes syriennes YPG et les sĂ©paratistes kurdes turcs du PKK, deux groupes considĂ©rĂ©s comme « terroristes » par Ankara.

Mais le ministre turc s’est attirĂ© une rĂ©ponse courroucĂ©e du dĂ©partement d’Etat, le ministère amĂ©ricain des Affaires Ă©trangères qui a la tutelle sur Brett McGurk: l’Ă©missaire spĂ©cial du prĂ©sident, nommĂ© par Barack Obama et maintenu par Donald Trump, « a le soutien complet du secrĂ©taire d’Etat Rex Tillerson et de la Maison Blanche », a martelĂ© la diplomatie amĂ©ricaine.

Ces dĂ©clarations surviennent après la rencontre mardi Ă  la Maison Blanche du prĂ©sident turc Recep Tayyip Erdogan avec son homologue amĂ©ricain Donald Trump, au cours de laquelle ils ont promis de renforcer leur « partenariat stratĂ©gique » et leurs « relations exceptionnelles ».

Mais le premier tĂŞte-Ă -tĂŞte entre les deux chefs d’Etat s’est tenu dans un climat tendu, après que Washington a annoncĂ© la semaine dernière la livraison prochaine d’armes aux YPG (UnitĂ©s de protection du peuple kurde).

Les Etats-Unis considèrent la coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS), dont les YPG sont le fer de lance, comme leur allié le plus efficace sur le terrain en Syrie contre les jihadistes du groupe Etat islamique.

Mais la Turquie fait valoir que ces milices sont un prolongement en Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation sĂ©paratiste considĂ©rĂ©e comme « terroriste » par Ankara et ses alliĂ©s occidentaux. La Turquie redoute que ces armes finissent par ĂŞtre utilisĂ©es contre elle par les Kurdes.


Le prĂ©sident Erdogan avait exhortĂ© l’administration Trump Ă  revenir « sans dĂ©lai » sur cette dĂ©cision.

M. Erdogan a affirmĂ© jeudi soir avoir assurĂ© Ă  M. Trump que la Turquie ne prendrait pas part Ă  une opĂ©ration pour reprendre Raqa, « capitale » autoproclamĂ©e de l’EI en Syrie, aux cĂ´tĂ©s des milices kurdes.

« Je leur ai souhaitĂ© +bon courage+, nous ne pouvons participer Ă  une opĂ©ration avec des groupes terroristes », a-t-il dĂ©clarĂ© devant des hommes d’affaires Ă  Istanbul.

« J’ai Ă©galement dit que si ces groupes terroristes menacent notre pays, nous appliquerons nos règles d’engagement et ferons le nĂ©cessaire », a-t-il ajoutĂ©.

Selon une source au sein du conseil civil de Raqa, une structure composĂ©e d’habitants qui devrait diriger la ville une fois reprise Ă  l’EI, Brett McGurk Ă©tait dans le nord de la Syrie mardi et mercredi, notamment pour rencontrer des dirigeants des FDS et des YPG Ă  propos de l’offensive Ă  venir contre Raqa.

« Le gouvernement turc a fait part de ses inquiĂ©tudes Ă  propos de notre approche avec les FDS. Nous respectons ces inquiĂ©tudes et poursuivons nos consultations avec notre alliĂ© de l’Otan », a assurĂ© le dĂ©partement d’Etat.

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