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L’Afrique a son rĂ©seau en Ă©nergie solaire, African Network for Solar Energy

Le Pr. Daniel Egbe, professeur associĂ© Ă  l’universitĂ© de Linz en Autriche et coordonateur du rĂ©seau nous en parle. Interview

Veuillez vous présenter à nos lecteurs
Je suis Daniel Ayuk Mbi Egbe, originaire de la province du Sud-Ouest (zone anglophone) du Cameroun. Le destin a voulu que je fasse mes Ă©tudes primaires Ă  Yato, Bekoko et Bomono-Gare dans la province du Littoral avant de poursuivre mes Ă©tudes secondaires au lycĂ©e bilingue de BuĂ©a oĂą j ai obtenu deux bacs: un baccalaurĂ©at francophone (bac sĂ©rie C) et un baccalaurĂ©at anglophone (GCE A-Level, admis avec 3 Ă©preuves). J´étais le seul camerounais Ă  obtenir deux bacs en 1986. J’entame donc des Ă©tudes universitaires en Octobre 1986 Ă  l’universitĂ© de YaoundĂ© oĂą j´ai eu la licence en Physique-Chimie en 1991 avec mention assez-bien, mais je ne devrais pas continuer en Maitrise puisque j’avais repris la première et la deuxième annĂ©e. Parallèlement Ă  mes Ă©tudes universitaires, je prenais des cours d’allemand Ă  l’Institut Goethe de YaoundĂ© (1987-1991) oĂą j’ai obtenu le certificat de langue allemande, ce qui m’a permis de commencer directement dès Octobre 1992 mes Ă©tudes de Chimie en Allemagne Ă  l’UniversitĂ© de Jena. En Octobre 1995, j’obtiens le master en chimie, le doctorat en Juillet 1999 et l’agrĂ©gation en 2006. Je suis le premier Camerounais Ă  obtenir l’habilitation en Chimie en Allemagne. Après un passage Ă©clair de 6 mois Ă  Mainz dans le Max-Planck Institute for Polymer Research en 2006, je fais des sĂ©jours scientifiques Ă  l’universitĂ© de Eindhoven en Hollande (Oct. 2006-Sept 2007) et Ă  l’iniversitĂ© de Chemnitz en Allemagne (Oct 2007-Nov 2008), avant d´être recrutĂ© Ă  l’universitĂ© de Linz en Autriche, oĂą je dirige prĂ©sentement un projet sur les cellules solaires Ă  base organique financĂ© par la DFG (Deutsche Forschungsgemeinschaft), une structure allemande de financement des projets scientifiques. Je suis depuis 1994, membre de « World University Service (WUS) e. V. », une ONG allemande, et membre du conseil d’administration (Vorstand) depuis 1996. En ma qualitĂ© de WUS-Vorstand, j’ai participĂ© au lancement du programme PARIC (Programme d´Appui pour le Retour des ImmigrĂ©s Camerounais) en Octobre 1998, un programme initiĂ© par le Fonds National de l´Emploi et cofinancĂ© par le gouvernement allemand. Entre 2003 et 2005, j’ai initiĂ© le bureau de coordination germano-camerounais (www.kbk-cameroon.net)- un rĂ©seau pour le retour des immigrĂ©s d’Allemagne, qui est efficacement dirigĂ© par Mr Ludovic Etoundi depuis Janvier 2007. Je suis initiateur et coordonnateur du rĂ©seau africain pour l´énergie solaire (African Network for Solar Energy- ANSOLE). Je suis mariĂ© et père de 4 enfants.

Un mot sur le mini symposium sur le rĂ©seau africain pour l’Ă©nergie solaire tenu Ă  Linz en Autriche.
Le RĂ©seau Africain pour l’Energie Solaire (African Network for Solar Energy- ANSOLE) a Ă©tĂ© initiĂ© le 4 Novembre 2010 Ă  Sousse en Tunisie lors d’une confĂ©rence sur les matĂ©riaux (semi) conducteurs organisĂ©e par le Professeur Samir Romdhane de l’UniversitĂ© de Tunis. Le lancement officiel a eu lieu exactement 3 mois après, le 4. FĂ©vrier 2011 pendant le mini-symposium. A ce point, je remercie le  »Linz Institute for Organic Solar Cells (LIOS) » avec son Directeur, le Prof. Dr. Serdar Sariciftci qui a organisĂ© le mini-symposium. Celui-ci a vu la participation des scientifiques venant de l ´Afrique du Sud, du Cameroun, de la CĂ´te d´Ivoire, de l´Ethiopie, du Maroc, de la Tunisie reprĂ©sentant Ă  peu près les diffĂ©rentes rĂ©gions de l´Afrique d’une part et des participants de l´Allemagne, de l´Autriche, de la Grande Bretagne, de l´Italie et de la Turquie d’autre part. Des rencontres rĂ©gionales sont prĂ©vues dans les prochaines annĂ©es afin de diffuser autant que possible l´objectif principal du rĂ©seau, qui est celui d´échanges scientifiques entre les chercheurs africains. Le rĂ©seau ne peut subsister que quand de tels Ă©changes existent. Une telle rencontre rĂ©gionale est planifiĂ©e au Cameroun, sous la conduite du Prof. CĂ©sar Kapseu, expert en Ă©nergies renouvelables au Cameroun.

Quelle a été la contribution du Cameroun à ce mini-symposium?
Le Cameroun a Ă©tĂ© reprĂ©sentĂ© par le Prof. CĂ©sar Kapseu de l´UniversitĂ© de NgaoundĂ©rĂ©, qui a fait un bon exposĂ© sur la situation de la recherche sur l’Ă©nergie solaire en Afrique Centrale et de l’Ouest. Cette communication est un travail d’Ă©quipe dont 7 camerounais sont parmi les co-auteurs. Il s’agit de Pr. CĂ©sar Kapseu, Dr. NoĂ«l Djongyang, Dr. Ali Ahmed (UniversitĂ© de NgaoundĂ©rĂ©), Dr. Haman Djalo (UniversitĂ© de Maroua), Pr. George Elambo Nkeng (UniversitĂ© de Buea), Pr. Paul Mingo Ghogomu (UniversitĂ© de YaoundĂ© 1), M. Augustin NsiewĂ© (CAMLAIT, Douala). Ceci confirme l’expertise camerounaise en la matière. Il faut faire remarquer en plus que le Pr KAPSEU a prĂ©sentĂ© les produits alimentaires sĂ©chĂ©s « made in Cameroon » (Ananas, banane, noix de coco, mangue) fabriquĂ©s par le groupe initiative commune Taless Dry Food (YaoundĂ©) dont le promoteur est Tale, un ancien Ă©tudiant de l’Ecole Nationale SupĂ©rieure des Sciences Agro-industrielles de l’universitĂ© de NgaoundĂ©rĂ©. Ceci ouvre des perspectives intĂ©ressantes pour l’exportation des produits sĂ©chĂ©s du Cameroun vers l’Europe avec la maĂ®trise de l’Ă©nergie solaire.

L’une des conclusions a Ă©tĂ© la crĂ©ation le 4 fĂ©vrier dernier du rĂ©seau africain pour l’Ă©nergie solaire dont vous ĂŞtes coordinateur. Quelles sont les attributions d’un tel rĂ©seau?
Notre rĂ©seau encourage des Ă©changes scientifiques entre les chercheurs africains exerçant en Afrique et ceux de la diaspora comme moi. De ce fait, il incite beaucoup d’Ă©quipes de recherche africaines Ă  orienter leur recherche dans le domaine de l´énergie solaire. Grâce au rĂ©seau par exemple, il existe des Ă©changes prĂ©sentement entre mon Ă©quipe et des groupes en Ethiopie, en CĂ´te d´Ivoire et en Tunisie. La coopĂ©ration scientifique intra- et inter-africaine est moins dĂ©veloppĂ©e.

Elle regroupe combien de pays membres?
D’ores et dĂ©jĂ , les chercheurs suivants des pays africains sont membres fondateurs, il s´agit de: Prof. KAPSEU CĂ©sar (Cameroun), Prof. YOHANNES Teketel (Ethiopie), Prof. BARHDADI Abdelfattah (Maroc), Prof. ZORKANI Izzedine (Maroc), Prof. MAAZA Malik (Afrique du Sud), Prof. MUCHIE Mammo (Afrique du Sud), Dr. BOYO Adenike (Nigeria), Prof. ZOUEU JĂ©rĂ©mie (CĂ´te, d´Ivoire), Prof. ROMDHANE Samir (Tunisie) et Prof. ROMDHANE Amel (Tunisie). Ces membres sont considĂ©rĂ©s comme points focaux dans leurs rĂ©gions et leurs pays respectifs. Les sponsors comme l’ICTP (Italie) et LIOS (Autriche) sont Ă©galement membres bienfaiteurs. Je profite de cette tribune pour lancer un appel aux bonnes volontĂ©s pour soutenir Ansole.


Participants du mini-symposium d’ANSOLE le 4 fĂ©vrier 2011 Ă  Linz en Autriche : Prof. KAPSEU (1er Ă  partir de la droite) et Dr. Egbe (4e Ă  partir de la droite)

Journalducameroun.com)/n

Depuis qu’on Ă©voque ce concept d’Ă©nergie solaire, avez-vous l’impression que le nombre de convaincus augmente ? Notamment dans les UniversitĂ©s et laboratoires de recherche?
Vu la baisse des rĂ©serves de l’Ă©nergie fossile et le nombre croissant des catastrophes naturelles dues aux changements climatiques qui sont directement liĂ©s Ă  l´émission du CO2, de plus en plus des gens sont convaincus que l´énergie solaire est une des solutions principales pour rĂ©soudre les problèmes Ă©nergĂ©tiques. C´est pour cela qu´on constate partout dans le monde un intĂ©rĂŞt croissant des laboratoires de recherche Ă  focaliser la recherche sur les Ă©nergies renouvelables en gĂ©nĂ©ral et sur l´énergie solaire en particulier.

Quelles peuvent ĂŞtre les stratĂ©gies de relance de la recherche scientifique et technologique dans le domaine de l’Ă©nergie en vue de l’exploitation des Ă©normes potentialitĂ©s en Ă©nergies renouvelables dont dispose l’Afrique?
Une formation de qualité est nécessaire afin de créer un pôle d´excellence en Afrique. Cela ne peut se réaliser qu´avec un soutien financier énorme de la part des gouvernements africains. Sans financement, il ne peut pas avoir de recherche scientifique de haut niveau quelque soit le domaine.

Un mot pour terminer
Je suis fier en tant que camerounais de la diaspora d’avoir initiĂ© un rĂ©seau dont le but final est de contribuer Ă  l´avancement de la recherche en Afrique et au dĂ©veloppement Ă©conomique de l´Afrique. A ce point je remercie le Prof. CĂ©sar Kapseu (UniversitĂ© de NgaoundĂ©rĂ©) qui joue un rĂ´le très actif dans la diffusion de l’idĂ©e «solaire» dans notre cher pays le Cameroun. Je remercie aussi l’ICTP de Trieste en Italie, qui veut non seulement hĂ©berger notre site internet mais aussi nous soutenir sur tous les plans, si possible financièrement. Je remercie le Professeur Serdar SARICIFTCI, Directeur du LIOS (Linz Institute for Organic Solar Cells) pour avoir permis l´organisation du symposium Ă  Linz en Autriche. Je vous remercie de m’avoir accordĂ© cette plateforme de diffusion de notre rĂ©seau. En tant que Croyant, je terminerai par dire qu’avec l´aide de Dieu nous rĂ©ussirons dans cette grande uvre que nous avons commencĂ©e.

African Network for Solar Energy

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