Société › Société

Le bilinguisme au Cameroun, une mayonnaise qui tarde Ă  prendre

50 ans après l’institution du bilinguisme au Cameroun, nombre de citoyens ont de la peine Ă  maĂ®triser des deux langues

Tu me parles en anglais je te rĂ©ponds en français et vice versa, voilĂ  comment se pratique le bilinguisme instituĂ© depuis 50 ans au Cameroun. Ce qui illustre Ă  suffisance la rĂ©alitĂ© selon laquelle le Cameroun a vraiment maille Ă  partir avec le bilinguisme, mieux la facilitĂ© pour un citoyen de s’exprimer couramment et aisĂ©ment dans les deux langues officielles que sont le Français et l’Anglais.

Pourtant, l’Ă©tranger qui sĂ©journe pour la première fois au pays peut ĂŞtre frappĂ© par le journal tĂ©lĂ©visĂ© bien particulier de la chaĂ®ne publique invariablement animĂ© par deux prĂ©sentateurs, l’un parlant français, l’autre parlant anglais lançant tantĂ´t les mĂŞmes sujets, tantĂ´t des sujets diffĂ©rents, traitĂ©s dans les deux langues par des reporters diffĂ©rents. Idem au quotidien gouvernemental Cameroon-Tribune oĂą une mĂŞme interview est rĂ©alisĂ©e en français et en anglais et, oĂą un reportage en anglais succède Ă  un autre en français sur le mĂŞme sujet.

Vous avez aussi souvent entendu parler des Ă©coles primaires bilingues et des LycĂ©es bilingues, des Ă©tablissements bilingues dans lesquels les deux communautĂ©s qui s’y trouvent ne suivent pas en rĂ©alitĂ© le mĂŞme système Ă©ducatif. Ces deux communautĂ©s francophone et anglophone partagent juste la mĂŞme enceinte et parfois avec le mĂŞme uniforme pour tous les Ă©lèves. Il s’agit en rĂ©alitĂ© des Ă©tablissements  »deux en un ».

Pourtant, l’objectif au dĂ©part visait un bilinguisme individuel grâce auquel chaque enfant qui suivrait le cycle du système Ă©ducatif national serait capable de parler indiffĂ©remment le français et l’anglais. Mais aujourd’hui, le français et l’anglais se cĂ´toient et ont mĂŞme tendance Ă  se mĂ©langer avec ce que les Camerounais appellent eux-mĂŞmes le Franc-anglais.


Dans les services publics et mĂŞme dans les salles de nos juridictions, les services des traducteurs et interprètes y sont si souvent requis parce que le magistrat ou le responsable paraĂ®tre quelques soucis avec le français ou l’anglais. Dans l’enseignement supĂ©rieur, il existe des universitĂ©s dites Anglophones et d’autres francophones. Sur la scène politique, combien sont-ils Ă  pouvoir s’exprimer invariablement dans les deux langues officielles ? En tout cas, pas grand nombre. Ainsi va le bilinguisme Ă  la camerounaise 50 ans après son institution. Une assertion bien connue de chez nous ne dit-elle pas que c’est le Cameroun qui est bilingue et non les Camerounais?


kibodio.com)/n

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

Ă€ LA UNE
Retour en haut