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Le Cameroun tel qu’il est prĂ©sentĂ© au Conseil de sĂ©curitĂ© de l’Onu

Le Bureau rĂ©gional des Nations Unies pour l’Afrique centrale vient d’y prĂ©senter un rapport retraçant les principaux faits survenus sur les plans politique et sĂ©curitaire en Afrique centrale

Suite Ă  une demande du Conseil de sĂ©curitĂ© de l’Organisation des Nations Unies (Onu) le 11 juin 2015, le Bureau rĂ©gional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (Unoca) vient de publier un rapport consacrĂ© Ă  la situation sĂ©curitaire et politique en Afrique centrale. Le reprĂ©sentant spĂ©cial du secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale de l’Unoca, Abdoulaye Bathily, a prĂ©sentĂ© ledit document Ă  New York le 15 juin 2016.

En 20 pages, le document aborde les faits survenus Ă  la pĂ©riode de novembre 2015 Ă  mai 2016 au Cameroun, en GuinĂ©e Ă©quatoriale, au Congo Brazzaville, au Tchad, au Gabon et en RĂ©publique centrafricaine. Notamment en ce qui concerne les Ă©lections prĂ©sidentielles, les droits de l’homme, le terrorisme et la crise humanitaire et la situation socio-Ă©conomique.

Concernant la situation politique du Cameroun, l’Unoca se souvient que «des appels ont Ă©tĂ© lancĂ©s en faveur d’une anticipation de l’Ă©lection prĂ©sidentielle de 2018, ce qui nĂ©cessiterait toutefois un amendement de la Constitution. Lors d’une confĂ©rence de presse tenue le 29 mars, quatre partis politiques d’opposition ont officiellement rejetĂ© une telle perspective, quelques responsables de l’opposition se dĂ©clarant Ă©galement opposĂ©s Ă  ce que le prĂ©sident Paul Biya brigue un nouveau mandat. Après avoir interdit l’accès au lieu de la confĂ©rence de presse, la police a arrĂŞtĂ© plusieurs chefs de l’opposition, leurs sympathisants et quelques journalistes, qui ont tous Ă©tĂ© relâchĂ©s dans la journĂ©e (.)

Le 7 avril, dans une lettre ouverte au ministre de l’administration territoriale, quatre partis politiques d’opposition ont critiquĂ© le gouvernement pour son attitude vis-Ă -vis de la question de la libertĂ© de rĂ©union. Le 8 avril, une vingtaine de militants de deux partis d’opposition, le Cameroon People’s Party et le Mouvement pour la renaissance du Cameroun, ont Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s Ă  YaoundĂ© pour incitation Ă  la rĂ©bellion, alors qu’ils distribuaient des tracts appelant la population Ă  se mobiliser pour protester contre l’action du gouvernement accusĂ© de rĂ©duire l’espace politique et contre le manque de services sociaux; ils ont par la suite Ă©tĂ© relâchĂ©s ».

Selon l’Unoca, du 30 novembre 2015 au premier semestre 2016, la situation dans la sous-rĂ©gion a Ă©tĂ© marquĂ©e par la menace persistante qu’a reprĂ©sentĂ©e Boko Haram qui a menĂ© des exaction et attaques terroristes presque chaque jour chaque jour. Le rapport citĂ© mentionne près de 1 200 personnes tuĂ©es depuis 2003, dont 1 098 civils, 67 soldats et 3 agents de police, en perpĂ©trant 315 attaques et 32 attentats-suicides.

Il souligne Ă©galement les victoires enregistrĂ©es par les forces de dĂ©fenses nationales et le force mixte. Lesquelles ont Ă©tĂ© favorisĂ©es selon l’Unoca par l’acquisition de nouveau matĂ©riel militaire et l’amĂ©lioration de la collecte de renseignements.

Quelques faits, le 15 fĂ©vrier, les forces armĂ©es camerounaises ont annoncĂ© qu’elles avaient tuĂ© 162 combattants de Boko Haram et libĂ©rĂ© plus de 100 otages lors d’une opĂ©ration menĂ©e plusieurs jours auparavant Ă  Goshi dans l’État de Borno (NigĂ©ria). Le 5 avril, les troupes camerounaises et nigĂ©rianes opĂ©rant au sein de la Force multinationale mixte ont annoncĂ© qu’elles avaient capturĂ© environ 300 combattants de Boko Haram et libĂ©rĂ© plus de 2 000 otages lors d’une opĂ©ration conjointe menĂ©e dans le secteur de Walasa, dans le mĂŞme État.


«La violence perpĂ©trĂ©e par Boko Haram dans l’extrĂŞme nord du Cameroun a de graves consĂ©quences humanitaires. On compte dĂ©sormais 169 970 personnes dĂ©placĂ©es Ă  l’intĂ©rieur du pays. Durant la pĂ©riode Ă  l’examen, le Cameroun accueillait Ă©galement environ 64 891 rĂ©fugiĂ©s nigĂ©rians; environ 50 000 personnes qui avaient fui la violence ont Ă©tĂ© renvoyĂ©es par la force au NigĂ©ria. L’est du pays a continuĂ© d’accueillir plus de 250 000 rĂ©fugiĂ©s de la RĂ©publique centrafricaine», souligne le rapport.

Parlant des droits de l’homme le rapport indique que «des prĂ©occupations ont Ă©galement Ă©tĂ© exprimĂ©es concernant des allĂ©gations de violations des droits de l’homme commises pendant les opĂ©rations militaires contre Boko Haram, des rapports laissant entendre que les forces de sĂ©curitĂ© des pays touchĂ©s auraient tuĂ© ou arrĂŞtĂ© arbitrairement des civils soupçonnĂ©s de liens avec le groupe. Des allĂ©gations graves de torture, de violences sexuelles, de destruction et d’appropriation de biens ainsi que de dĂ©tention provisoire prolongĂ©e commises par les forces de sĂ©curitĂ© ont Ă©galement Ă©tĂ© faites».

Lire l’intĂ©gralitĂ© du rapport sur la situation en Afrique centrale et les activitĂ©s menĂ©es par Bureau rĂ©gional des Nations Unies pour l’Afrique centrale


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