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Le Contentieux historique national au Cameroun occidental

Daniel Yagnye, upéciste

Comment devons-nous comprendre ce qui se passe actuellement dans le Cameroun Occidental?
Que peut-on attendre du Président Biya?
Quelle attitude devrait-on attendre des patriotes « francophones » ?
Que devraient faire les patriotes du Cameroun Occidental?
Quelle solution pour cette crise?

Les origines de la crise
Contrairement Ă  ce que disent beaucoup de compatriotes « anglophones » ,« francophones » et mĂŞme notre vĂ©tĂ©ran Woungly-Massaga dans sa contribution « L’UPC et la crise anglophone », cette crise ne commence pas en Mai 1972 avec le rĂ©fĂ©rendum qui a mis fin Ă  la rĂ©publique fĂ©dĂ©rale du Cameroun.

NON!
Le rĂ©fĂ©rendum n’a Ă©tĂ© qu’une mascarade politique, une manifestation du Contentieux Historique National qui avait pour objectif principal, l’adaptation de l’Ă©tat du Cameroun, afin qu’il serve le mieux possible les intĂ©rĂŞts de la France.

La véritable origine de la crise est le Contentieux Historique Franco-Kamerunais!!!
Il est d’une importance capitale que les patriotes ne perdent pas de vue la nature rĂ©elle de ce problème National, qu’ils comprennent bien les enjeux actuels, tout comme les forces en prĂ©sence.

Une rĂ©elle opportunitĂ© pour tout le pays…qui est en train d’ĂŞtre gâchĂ©e…

Ce qui se passe au Cameroun Occidental peut ĂŞtre une merveilleuse opportunitĂ© pour le pays entier, ce qui s’y passe pourrait se transformer en une opportunitĂ© pour tout le pays.

Mais pour le moment les choses vont très mal…le pays devra d’abord surmonter de sĂ©rieux obstacles…puisque malheureusement avec l’arrestation des dirigeants du Consortium (Nkongho Agbor Balla, Fontem Neba, Michael Boyo, Kah Afumbon…), la situation a pris un cours dangereux et devient très prĂ©occupante.

Il faut condamner ces arrestations avec force et exiger Ă©nergiquement la libĂ©ration immĂ©diate et inconditionnelle de ces dirigeants, ceci d’autant plus qu’ils ont toujours Ă©tĂ© ouvertement pour la Non-Violence et pour le FĂ©dĂ©ralisme.

La mauvaise tournure des Ă©vĂ©nements: tout en reconnaissant le grand mĂ©rite de ces dirigeants dans la formidable mobilisation des populations des deux provinces, il apparaĂ®t clairement qu’ils se sont fait surprendre par la fĂ©rocitĂ© pourtant naturelle du rĂ©gime Ahidjo-Biya, en se disant peut-ĂŞtre que Biya Ă©tait mieux que Ahidjo, en croyant qu’il Ă©tait moins dictateur que Ahidjo, comme on le dit souvent dans les milieux « anglophones », que plus intellectuel que son prĂ©dĂ©cesseur il allait considĂ©rer la partie « anglophone » tel qu’il le faudrait dans un État de droit, c’est-Ă -dire en tenant compte de son statut avant la pseudo RĂ©unification, avec les droits Ă©lĂ©mentaires des citoyens respectĂ©s.

Ce gouvernement s’est dotĂ© de lois scĂ©lĂ©rates qui Ă©pousent bien son caractère tyrannique et dictatorial, tout combattant devrait tenir compte de sa nature extrĂŞmement violente et opter pour des stratĂ©gies et des tactiques qui contournent ses lois, ne pas le faire n’est pas regarder la rĂ©alitĂ© telle qu’elle est, ne pas le faire est ne pas tenir compte de l’Histoire sanglante de ce pays. Ceci d’autant plus que l’armĂ©e camerounaise, la gendarmerie, la police et les forces de sĂ©curitĂ© ont toutes Ă©tĂ© formatĂ©es par le contentieux historique pour rĂ©primer nos populations. Ce qui ne veut pas du tout dire que l’on ne peut pas rencontrer des patriotes dans ces institutions.

Il est Inadmissible que des dirigeants qui sont des civils, soient jugĂ©s par des tribunaux militaires, mais le Cameroun c’est le Cameroun!

Quant aux jeunes incarcĂ©rĂ©s lors des manifestations, nous devons les prendre pour innocents, jusqu’Ă  ce qu’il y ait des preuves de leur participation dans des actes de casse et de vandalisme.Luttons contre la culture de l’ImpunitĂ© et pour le respect de la propriĂ©tĂ© privĂ©e et de celle de l’État, mais exigeons des procès Ă©quitables pour ces jeunes, en mĂŞme temps que des poursuites judiciaires, contre tous les agents de l’État (militaires, gendarmes et policiers) coupables d’exactions contre les manifestants.

Les responsabilitĂ©s des patriotes « anglophones » sont Ă©normes Ă  l’heure actuelle, puisque ce n’est pas seulement le Cameroun Occidental, mais le pays tout entier qui attend beaucoup d’eux. Le manque de confiance et la suspicion crĂ©Ă©s par les discriminations des « anglophones » au long de ces dĂ©cennies, a rĂ©duit considĂ©rablement le champ d’action et la marge de man uvres de ces compatriotes qui s’ouvrent difficilement Ă  leurs confrères « francophones », ce qui est regrettable pour le pays, parce que la crise reste confinĂ©e pour le moment au Cameroun Occidental.

On a mĂŞme entendu des dĂ©clarations du genre : « ce problème est strictement « anglophone », sinon les « francophones » aussi devraient manifester…hier lorsque l’UPC a luttĂ© et a pris les armes, c’Ă©tait seulement pour le Cameroun Oriental…lorsqu’un mariage ne va plus bien, seul le divorce et la sĂ©paration sont les meilleures solutions…etc… »

De telles affirmations montrent que l’on n’a pas compris combien il est suicidaire pour tout le pays, de limiter la pensĂ©e et l’action rien qu’au Cameroun Occidental, puisque exclurait notre peuple (Cameroun Oriental et Occidental) de la rĂ©sistance gĂ©nĂ©rale et de la lutte pour les solutions de cette crise, car malgrĂ© tous les sacrifices actuels de nos populations du Cameroun Occidental et de tous les espoirs que pourraient susciter les Ă©vènements, le risque est encore Grand pour que la montagne accouche d’une souris, comme nous en avons dĂ©jĂ  l’habitude dans ce pays.

Ce pays a dĂ©jĂ  connu des villes mortes pendant des mois et des mois…
Tout en saluant le succès de ces villes mortes puisque toute rĂ©sistance contre la tyrannie est justifiĂ©e, il n’est pas du tout Ă©vident que confinĂ©es seulement dans ces deux provinces, ce rĂ©gime fainĂ©ant s’en Ă©meuve, puisqu’il n’a jamais accordĂ© l’attention nĂ©cessaire aux problèmes des populations.

Le temps est grave!!!
Il serait bon que ceux qui dirigent cette rĂ©sistance comprennent ce que reprĂ©sente le moment historique actuel pour tout le pays : hier c’Ă©tait l’UPC l’avant-garde de notre lutte, aujourd’hui avec de l’imagination, les patriotes du Cameroun Occidental peuvent mener le bateau du Changement. Pour cela, ils devraient dĂ©passer ce dilemme: S’allier aux forces d’opposition non organisĂ©es, souvent infiltrĂ©es et corrompues du Cameroun Oriental ou bien continuer seuls la rĂ©sistance? La rĂ©volution est un risque, elle est mĂŞme une illusion oĂą l’on ne gagne jamais sans risques !!!

On ne peut pas comparer la faillite de la rĂ©unification Ă  un mauvais mariage, ni prĂ©tendre que l’UPC ne s’est battue que pour le Cameroun Oriental:

Dans la guerre pour la RĂ©unification et pour l’IndĂ©pendance, les populations « anglophones » savaient très bien que l’UPC luttait pour le pays entier, c’est la raison pour laquelle elles lui ont donnĂ© refuge, c’est aussi la raison pour laquelle elles ont payĂ© ce lourd prix en y sacrifiant plusieurs vies de leurs meilleurs filles et fils.

Nous nous devons de respecter ces morts!!! La meilleure manière de les honorer aujourd’hui est de continuer leur lutte!!!
Que l’on le veuille ou pas , que l’on en soit conscient ou pas, ce qui se passe actuellement au Cameroun Occidental est la continuitĂ© directe de la rĂ©sistance du peuple Kamerunais, la mĂŞme lutte initiĂ©e par l’UPC, contre les forces de l’oppression, pour son Ă©mancipation et pour son Bien-ĂŞtre.

La faillite de la RĂ©unification a pour cause principale le Contentieux Historique Franco-Kamerunais, mais il faut aussi dire cette vĂ©ritĂ©: c’est en connaissance de cause que les John Ngu FONCHA, Salomon MUNA et etc… se sont associĂ©s aux Ahmadou AHIDJO et Charles ASSALE pour crĂ©er la fantoche rĂ©publique fĂ©dĂ©rale du Cameroun, alors que les principaux protagonistes de la RĂ©unification du Cameroun Oriental Ă©taient assassinĂ©s et neutralisĂ©s.

Dans ce processus de crĂ©ation de cette rĂ©publique fĂ©dĂ©rale, personne n’a Ă©tĂ© trompĂ©e, comme certains « anglophones » le prĂ©sentent aujourd’hui, personne n’Ă©tait dupe ni naĂŻve, car l’UPC avait solennellement averti ces Ă©lites « anglophones » du choix anti patriotique et anti populaire qu’ils faisaient, et des consĂ©quences qui en adviendraient : ce qui est vĂ©cu depuis la fausse RĂ©unification dans notre pays en gĂ©nĂ©ral, et par les populations du Cameroun Occidental en particulier, est la consĂ©quence logique des choix faits et assumĂ©s par les petites bourgeoisies et bourgeoisies « anglophones » lors de la pseudo RĂ©unification.

Aujourd’hui une mauvaise analyse politique fait croire que les problèmes du Cameroun Occidental sont diffĂ©rents de ceux du Cameroun Oriental, alors que ce ne sont que les manifestations spĂ©cifiques de ces problèmes liĂ©s Ă  la nature historico-culturelle du Cameroun Occidental qui diffèrent.

GĂ©nĂ©ralement, face Ă  des problèmes objectifs d’exclusion et de discrimination, des minoritĂ©s (homogènes et non homogènes) adoptent des rĂ©flexes de survie. Dans notre cas particulier, les patriotes « anglophones » ont eu le mĂ©rite et la fantastique habiletĂ© politique de dissoudre ces rĂ©flexes dans des revendications qui ont admirablement Ă©pousĂ© des contours identitaires.

Les camerounais des deux rives du Moungo souffrent des complications du même problème qui est le Contentieux Historique Franco-Kamerunais.

Un mauvais diagnostic de cette situation lève Ă  commettre des erreurs dont l’une des plus GRAVES est la tendance Ă  la rĂ©duction de la sphère de la lutte rien qu’au Cameroun Occidental, au lieu de chercher la collaboration des « francophones » afin de rĂ©pandre la rĂ©sistance partout dans le pays, et acculer ainsi le rĂ©gime nĂ©ocolonial…Oui il est grand temps pour que les « francophones » eux-aussi s’engagent, afin de donner leur part de lutte dans la rĂ©sistance actuelle !!!

S’il est tout Ă  fait lĂ©gitime pour les « anglophones » de s’organiser entre eux et de rechercher les solutions des problèmes spĂ©cifiques du Cameroun Occidental, il devient suicidaire de ne pas comprendre la nĂ©cessitĂ© de ratisser plus large en crĂ©ant de rĂ©elles synergies avec le pays tout entier.

Il est important Ă  l’heure actuelle d’Ă©viter les maladresses politiques insensĂ©es, qui feraient perdre la solidaritĂ© des « francophones », ce qui rendrait encore la lutte plus minoritaire et confinĂ©e, ce serait non seulement contreproductif, mais jouerait le jeu du rĂ©gime.


Le rĂ©gime Ahidjo-Biya, avec son ADN issu du contentieux historique, n’a pas la culture du dialogue. Ce rĂ©gime ne rĂ©agit positivement que sous la contrainte d’un rapport de force qui lui est dĂ©favorable.

Il est donc lĂ©gitime et stratĂ©giquement adĂ©quat pour les patriotes « anglophones » de s’entendre avec les patriotes « francophones » pour conquĂ©rir le pouvoir central, ce qui rĂ©soudrait dĂ©finitivement ces problèmes qui minent notre pays depuis la petite IndĂ©pendance et la fausse RĂ©unification. C’est Injuste de ne pas comprendre l’indignation des patriotes « anglophones » qui ne veulent plus continuer Ă  travailler pour la France alors qu’ils n’ont pas connu de colonisation française directe.Tout en les encourageant Ă  continuer leurs dĂ©marches auprès de l’Union Africaine et des instances de l’ONU, il serait temps de comprendre que le Contentieux Historique National est avant tout un problème camerouno-camerounais qui ne se rĂ©soudra essentiellement qu’avec le changement du rapport de force Ă  l’intĂ©rieur de ce pays pseudo « rĂ©unifiĂ© » depuis 1961: nous devons nous UNIR, « anglophones » et « francophones », nous devons compter d’abord sur nos propres forces internes!!!

Que peut-on réellement attendre du président Paul Biya, le digne héritier du contentieux historique franco-kamerunais ?

On pouvait rĂŞver et penser qu’Ă  la fin de son règne, par miracle, le prĂ©sident Biya pourrait opter pour un geste salutaire pour lui-mĂŞme, en choisissant pour une fois la satisfaction des aspirations les plus lĂ©gitimes de notre peuple, en nous offrant une ConfĂ©rence Nationale Souveraine pour l’adoption d’une nouvelle Constitution.
Mais avec cette dernière sortie lors de son message Ă  l’occasion de la fin d’annĂ©e 2016 et du nouvel an 2017:

[I « Mais, ne l’oublions jamais, nous marchons sur les pas des pères fondateurs de notre pays, de nos hĂ©ros nationaux, qui ont versĂ© leur sang pour lĂ©guer Ă  la postĂ©ritĂ© une nation unie dans sa diversitĂ©. L’unitĂ© du Cameroun est donc un hĂ©ritage prĂ©cieux avec lequel nul n’a le droit de prendre des libertĂ©s »].

M Biya nous ramène les pieds sur terre (Jam li mut u tehe u kal…la chose de quelqu’un, tu vois, tu parles ) et nous oblige Ă  reconnaĂ®tre que pendant toutes ces dĂ©cennies, il est restĂ© cohĂ©rent avec lui-mĂŞme.

MĂŞme dans son incohĂ©rence, il est toujours restĂ© prisonnier du contentieux historique qui l’a crĂ©e.

Aujourd’hui nous voyons avec ce paragraphe, ce que le prĂ©sident Biya prĂ©parait et prĂ©pare pour le pays : Les arrestations des dirigeants du Consortium tout comme celles des autres reprĂ©sentants anglophones (Paul Ayah…) prouvent que le prĂ©sident Biya et son gouvernement se sont dĂ©finitivement disqualifiĂ©s, elles montrent clairement qu’il leur manque toute bonne volontĂ© politique et qu’ils sont incapables de rĂ©soudre cette crise dans le sens des aspirations lĂ©gitimes de notre peuple.

Rien ne bon ne peut donc plus venir de Mr Biya : nous devons nous attendre Ă  plus de Violence, Ă  plus de Corruption et Ă  plus de Mensonge d’Ă©tat qui sont avec le Tribalisme d’État, les quatre piliers de l’État camerounais.

La dĂ©claration montre aussi l’IncohĂ©rence politique de Mr Biya: il s’adresse au peuple Kamerunais la veille du premier janvier qui est le « Jour de son IndĂ©pendance ». Cette indĂ©pendance pour laquelle ses meilleurs filles et fils (upĂ©cistes et sympathisants upĂ©cistes) ont versĂ© leur sang. Ce sang dont il fait mĂŞme rĂ©fĂ©rence dans son discours. Mais il ne dit pas un seul mot, il ne dit rien sur cette IndĂ©pendance, parce que pendant tout son long règne, il n’a jamais rien fait pour exalter le sacrifice des hĂ©ros nationaux.

Il n’en fait aussi aucune allusion parce qu’il ne croit pas Ă  cette indĂ©pendance, Mr Biya sait très bien qu’Ă  cause du contentieux historique Franco-Kamerunais, notre pays n’est pas IndĂ©pendant: raison pour laquelle le Cameroun n’a jamais cĂ©lĂ©brĂ© son indĂ©pendance, comme le font les autres pays un peu partout dans le monde.

Pour les besoins de sa cause, qui est la future rĂ©pression et l’Ă©crasement par le sang de toute vellĂ©itĂ© de rĂ©sistance au Cameroun Occidental, Mr Biya a Ă©voquĂ© notre hĂ©ritage prĂ©cieux qu’est l’unitĂ© nationale…Qu’est-ce que Mr Biya a dĂ©jĂ  fait pour notre unitĂ© nationale?

la condamnation de la rĂ©pression et la nĂ©cessitĂ© d’un sursaut patriotique national

Ce qui se passe au Cameroun Occidental n’est pas simplement une rĂ©clamation des enseignants et des avocats, il ne s’agit pas seulement de problèmes liĂ©s aux langues française et anglaise…Il est bien vrai que ce sont des enseignants et des avocats qui se sont soulevĂ©s les premiers, mais les problèmes qui sont Ă©voquĂ©s, les solutions qu’il faudrait apporter, touchent les racines et l’essence mĂŞme de l’Ă©tat marionnette du Cameroun.

Les vĂ©ritables patriotes du pays, « anglophones » et « francophones » savent la VĂ©ritĂ© suivante: toute solution de la crise actuelle qui ne va pas dans le sens de la solution du Contentieux Historique Franco-Camerounais n’est que provisoire, superficielle et ne sera jamais Ă  la hauteur des espĂ©rances de nos populations.

De plus en plus de voix « francophones » se font entendre et souhaitent non seulement le retour au fĂ©dĂ©ralisme, mais que le prochain prĂ©sident du pays soit « anglophone ».

Ce qui montre clairement que de plus en plus de « francophones », reconnaissent les injustices et les discriminations dont souffrent leurs s urs et frères « anglophones » pendant toutes ces dĂ©cennies.

Est-ce que le Fédéralisme serait une solution miracle?

Tout fĂ©dĂ©ralisme qui n’irait pas dans le sens de la solution du contentieux historique ne pourrait jamais satisfaire les aspirations les plus lĂ©gitimes de notre peuple.

Ă€ quoi nous servirait rĂ©ellement le fĂ©dĂ©ralisme si le pays continuait avec les menottes du Fcfa et le compte d’opĂ©rations qui fait travailler tout notre Peuple pour la France?

Ă€ quoi servirait un prĂ©sident aujoulatiste « anglophone » pour notre pays?
ApparaĂ®t ainsi l’immensitĂ© des problèmes Ă  rĂ©soudre et la vision globale et inclusive qu’elles suscitent.

C’est la raison pour laquelle certains « anglophones » prĂ´neraient carrĂ©ment la sĂ©cession qui aurait pour « avantage » d’Ă©viter la confrontation avec la France. Cette voie est trompeuse et joue non seulement contre les populations du Cameroun occidental, mais contre les populations de tout notre pays puisqu’elle lève Ă  la violence et Ă  la confrontation sanglante que le gouvernement nĂ©ocolonial Ahidjo-Biya sollicite de tous ses v ux : on n’enlève pas impunĂ©ment un drapeau, tout comme on ne hisse pas sans sacrifices consĂ©quents un nouveau.

L’unique fois dans notre continent oĂą un drapeau nouveau a Ă©tĂ© hissĂ© sans effusion de sang aura Ă©tĂ© en GuinĂ©e Conakry, lorsque la France très affaiblie après la deuxième guerre mondiale, a Ă©tĂ© incapable d’ouvrir un troisième front dans ce pays, après ceux de l’AlgĂ©rie Flniste et du Kamerun upĂ©ciste, s’est vue obligĂ©e d’accepter l’IndĂ©pendance de la GuinĂ©e Conakry.

Qui veut tuer son chien, l’accuse de rage !
Pour justifier sa rĂ©pression aveugle, le gouvernement de Mr Biya choisit l’amalgame en voyant la sĂ©cession partout, alors que l’Ă©crasante majoritĂ©  » anglophone » comprend très bien quel serait le poids rĂ©el d’un micro-État dans un monde de plus en plus globalisĂ©, oĂą n’ont de l’importance que les grands ensembles, sait très bien que l’Ă©volution normale de notre rĂ©gion va vers l’Ă©dification d’une ConfĂ©dĂ©ration composĂ©e par les États actuels ( Kamerun, Nigeria, Congo, Tchad, RCA, Gabon, GuinĂ©e Équatoriale, SĂŁo TomĂ© et Principe, etc…).

Tout en respectant les choix politiques de leurs compatriotes « anglophones », les patriotes « francophones » devraient se mobiliser afin de contribuer Ă  la solution de la crise actuelle, ils devraient tout donner pour une Collaboration politique avec les patriotes « anglophones », tout en intĂ©grant la rĂ©alitĂ© d’une rĂ©duction (ou mĂŞme d’une absence) de confiance de la part de certains de leurs compatriotes « anglophones », après toutes ces annĂ©es de règne Ahidjo-Biya.

Sans toutefois minimiser l’existence et l’influence d’un courant sĂ©cessionniste minoritaire qui a toujours existĂ©, reconnaissons tout de mĂŞme que les discriminations du rĂ©gime Ahidjo-Biya et le manque d’interlocuteurs crĂ©dibles ont fini par miner profondĂ©ment la confiance, car pendant toutes ces dĂ©cennies, l’unique interlocuteur des patriotes « anglophones » après la dĂ©capitation de l’UPC, n’a Ă©tĂ© que le rĂ©gime nĂ©ocolonial. Toutes leurs tentatives de relance d’une collaboration politique avec les patriotes « francophones » ont Ă©chouĂ© Ă  cause des infiltrations policières du rĂ©gime. Parmi ces tentatives Ă©chouĂ©es, il y a celles faites par l’Ă©minent patriote Albert Mukong.

Les patriotes « francophones » doivent reprendre le travail des pères fondateurs de l’UPC (Um Nyobe, MoumiĂ©, OuandiĂ©, Kingue, etc…) afin de convaincre celles et ceux de leurs s urs et frères « anglophones » qui auraient des doutes, leur faire comprendre que ce qui est arrivĂ© dans notre pays Ă©tait prĂ©visible et prĂ©vue par l’UPC, Ă  cause du Contentieux Historique, qu’une vie ensemble est possible dans un pays qui donnera les mĂŞmes opportunitĂ©s Ă  toutes ces filles et fils sans distinction ni discrimination aucunes.

C’est la raison pour laquelle les patriotes du pays, « anglophones » et « francophones » individuellement, les forces saines des partis politiques (l’Uc-Unc-Rdpc, du Sdf, de l’UPC, du CPP, etc), les partis politiques et les organisations de la sociĂ©tĂ© civile doivent :

-se mobiliser et apporter tout le soutien qu’ils mĂ©ritent, Ă  ceux qui donnent leur sang pour le Bien-ĂŞtre du Cameroun Occidental et de TOUT notre pays.

– uvrer pour la crĂ©ation d’une vĂ©ritable Coalition, Alliance ou Front Patriotique de Salut National pour la conquĂŞte de notre SouverainetĂ©, oĂą Ă©volueront cĂ´te Ă  cĂ´te, « anglophones » et « francophones » pour faire renaĂ®tre la confiance mutuelle dans la lutte commune pour un Autre Kamerun ConfĂ©dĂ©ral rĂ©ellement IndĂ©pendant et Souverain, libĂ©rĂ© du Contentieux Historique, entièrement dĂ©diĂ© Ă  l’Ă©mancipation et au Bien-ĂŠtre de toutes ces populations.


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