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Le Cran s’insurge contre l’instrumentalisation de «la taille de l’Afrique»

Par Guy Samuel Nyoumsi, Vice-président du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN)

Du 16 au 19 Mars 2016, s’est tenu le Festival de GĂ©opolitique de Grenoble. A cette occasion, un collectif grenoblois de chercheurs, en parallèle dudit Festival, a proposĂ©: «la première Edition des Rencontres de GĂ©opolitique Critique.». La motivation du «Collectif grenoblois» Ă©manait essentiellement du questionnement relatif Ă  «la taille de l’Afrique» retracĂ©e dans les lignes du Journal Le Monde-Afrique.

«Un continent grand comme la Chine, l’Europe, le BrĂ©sil et les Etats-Unis rĂ©unis, un milliard d’habitants qui seront 2 milliards en 2050, des taux de croissance inconnus jusqu’alors qui permettront d’amorcer enfin, le dĂ©veloppement. ». Tel est le prĂ©ambule de l’Edition 2016 du Festival de GĂ©opolitique de Grenoble, lequel a autorisĂ© que le Journal Le Monde-Afrique, partenaire du Festival, puisse s’interroger sur cette insolite «dĂ©couverte» en ces termes :

«Mais pourquoi aurions-nous Ă©tĂ© aveuglĂ©s si longtemps sur la taille de l’Afrique au point de n’en pas saisir toutes les opportunitĂ©s?».

La rĂ©ponse apportĂ©e par l’article dont le lien est ci-dessus repris, trouve son explication «apparente» dans la projection cartographique, vieille de cinq siècles (XVIème siècle) qui «reprĂ©sente une Afrique de 30 millions de km² plus petite qu’une Russie qui n’en couvre que 17 millions.». Ainsi, l’erreur d’apprĂ©ciation serait attribuĂ©e au «système de projection dit de Mercator. mis au point au moment oĂą l’Europe Ă©tendait son influence commerciale et politique sur la planète.» Ce système de projection conçu Ă  dessein «donne prioritĂ© au respect des angles, de façon Ă  servir la navigation.».

Dans le fond, il Ă©tait du plus haut intĂ©rĂŞt pour l’Europe du XVIème siècle, de construire dans «les reprĂ©sentations mentales et idĂ©elles, l’image d’un hĂ©misphère Nord Ă©crasant de son immensitĂ© et de sa position apparentes, l’hĂ©misphère Sud.», tout comme il Ă©tait inadmissible qu’ait pu ĂŞtre encouragĂ©e «une reprĂ©sentation de l’Afrique plus grande que l’Europe, les Etats-Unis, la Chine et le BrĂ©sil rĂ©unis.». Une telle reprĂ©sentation Ă  l’Ă©poque, eĂ»t Ă©tĂ© sujette Ă  caution, en ce qu’elle aurait dĂ©voilĂ© au moins «les appĂ©tits prĂ©dateurs du Nord», au pire, aurait envoyĂ© un «signal axiologique fort» dans l’imaginaire et la conscience collective des peuples africains, relativement Ă  leur importance et Ă  leur grandeur. Toutes choses qui eurent Ă©tĂ© inacceptables au moment oĂą Ă©mergeait en Europe «une taxinomie de l’infĂ©rioritĂ© et de l’historicitĂ© rĂ©trograde de la race noire» que la science et les philosophies «clivantes» occidentales s’Ă©vertuaient Ă  prĂ©senter comme «une erreur voire une imbĂ©cilitĂ© de la crĂ©ation».

En passant «du système de projection dit de Mercator au système . dit de Peter. L’Afrique apparaĂ®t dans toute son immensitĂ© de deuxième continent le plus vaste du monde.» Devra prĂ©ciser le Journal.

L’article appelle, au regard de la nouvelle gĂ©opolitique mondiale multilatĂ©rale de l’Afrique oĂą la Chine et l’Arabie Saoudite Ă©tendent leur influence: «une dĂ©construction de l’idĂ©e de l’opposition Suds/Nords. qui permettrait entre autres de ne plus voir les problèmes africains comme distincts des prĂ©occupations europĂ©ennes.». La mĂŞme parution en arrive, au sujet de l’Afrique, Ă  l’interpellation suivante: «il faudrait pouvoir mettre au clair, le passĂ© rĂ©cent qui continue de nous lier Ă  elle. proposer une approche postcoloniale qui ne soit pas une fixation sur une pĂ©riode de notre passĂ© difficile Ă  assumer (.) mais d’enclencher des reprĂ©sentations du continent africain qui, enfin Ă©chappent au binarisme et au machiavĂ©lisme (.)».

Cette prĂ©occupation Ă©tait dĂ©jĂ  celle du Conseil ReprĂ©sentatif des Associations Noires de France (CRAN) dans sa Tribune, intitulĂ©e: le Devoir de la France: ce qu’il me semble utile de dire. lorsque regrettant «l’incapacitĂ© de la France de passer de la tutelle monĂ©taire Ă  une tutelle de dĂ©veloppement de l’Afrique», nous soulignions:

«la France a le devoir historique de repenser son rĂ´le de « tiers garant » au sein de la zone Franc et se positionner en partenaire solidaire, sincère et soucieux du dĂ©veloppement Ă©conomique de ses anciennes colonies. Cinquante-sept ans de frĂ©quentation monĂ©taire commune l’y oblige. Cinquante-sept ans de coopĂ©ration et d’accords qui, s’ils n’avantageaient pas la France, les IFI et les crĂ©anciers du Nord, seraient frappĂ©s de caducitĂ©. Nul ne s’y mĂ©prend.

(.) Ne pas conduire une rĂ©flexion visant la «reconversion du regard et des actions de la France, Ă  l’endroit de l’Afrique et principalement de ses anciennes colonies, serait prĂ©judiciable Ă  la dynamique mondiale de l’heure qui est Ă  « la rĂ©invention d’un nouveau modèle de dĂ©veloppement affranchi des dĂ©gâts collatĂ©raux du consumĂ©risme et du diktat de la haute finance».


Dans le second volet du triptyque relatif aux attentes des Africains, nous postulions que le dĂ©veloppement de l’Afrique comme du monde Ă  venir, s’inspire de ces quelques lignes de l’encyclique «Notre maison commune» Laudato si du Pape François: «on a tendance Ă  croire que tout accroissement de puissance est en soi progrès, un degrĂ© plus haut de sĂ©curitĂ©, d’utilitĂ©, de bien-ĂŞtre, de force vitale, de plĂ©nitude des valeurs, comme si la rĂ©alitĂ©, le bien-ĂŞtre et la vĂ©ritĂ© surgissaient spontanĂ©ment du pouvoir technologique et Ă©conomique lui-mĂŞme. Le fait est que l’homme moderne n’a pas reçu l’Ă©ducation nĂ©cessaire pour faire bon usage de son pouvoir, parce que l’immense progrès technologique n’a pas Ă©tĂ© accompagnĂ© d’un dĂ©veloppement de l’ĂŞtre humain en responsabilitĂ©, en valeur, en conscience. Chaque Ă©poque tend Ă  dĂ©velopper peu d’auto-conscience de ses propres limites».

Conscient de ce que «les avancĂ©es de la science et de la technique ne sont pas Ă©quivalentes aux avancĂ©es de l’humanitĂ© et de l’histoire.» Nous sollicitions de la France qu’elle «ose pouvoir peser pour que soit possible, un Ă©largissement du regard sur l’idĂ©e que la libertĂ© humaine est capable de limiter la technique, l’orienter, comme la mettre au service d’un autre type de progrès, plus sain, plus humain, plus social, plus intĂ©gral». Ce challenge, soutenions-nous, Ă©tait et demeure, la condition sine qua non du «changement de la matrice des rapports entre l’Afrique et le monde.».

Nous invoquions ainsi une «ère nouvelle fondée sur la reconnaissance de nouveaux horizons éthiques(.)» qui impliquerait «une révolution politique et culturelle courageuse(.) ».

Si pour des raisons idĂ©ologiques, historiques, scientifiques et hĂ©gĂ©moniques, «la taille de l’Afrique» avait Ă©tĂ© volontairement ou accidentellement sous-estimĂ©e et sa position intervertie : le Sud Ă©tant en rĂ©alitĂ© le Nord et le Nord de l’Afrique sa partie mĂ©ridionale, l’Europe serait en dessous de l’Afrique sur la Mappe Monde et l’Afrique, au-dessus de l’Europe, avec les implications axiologiques que l’on sait ou que l’on veut taire.

Le livre Mes Ă©toiles Noires de Lilian Thuram citĂ© fort Ă  propos dans l’article dont la publication a suscitĂ© notre rĂ©action, Ă©voque prĂ©cisĂ©ment, «l’instrumentalisation de la taille rĂ©elle de l’Afrique », comme suit : « Placer l’Europe en haut est une astuce psychologique inventĂ©e par ceux qui croient ĂŞtre en haut pour qu’Ă  leur tour les autres pensent ĂŞtre en bas (.) rien n’est neutre en termes de reprĂ©sentation. Lorsque le Sud finira de se voir en bas, ce sera la fin des idĂ©es reçues».

C’est pourquoi nous partageons entièrement le point de vue exprimĂ© dans l’article, lequel veut que l’Europe en poursuivant «une coopĂ©ration» qui s’apparente Ă  «la coercition dans la fabrique sociale et spatiale, ne participe qu’Ă  maintenir une forme de lecture rĂ©ductrice du monde (.) qu’Ă  poursuivre une quĂŞte praxĂ©ologique qui continuerait de mettre la connaissance au service de la valorisation Ă©conomique».

Sous ce prisme, nous avisions qu’il Ă©tait dans l’intĂ©rĂŞt de la France de revisiter voire rĂ©viser en profondeur «le logiciel de ses accords de coopĂ©ration tournĂ©s vers «les plus-values engrangĂ©es» par la haute finance, pour les rĂ©orienter en vue du dĂ©veloppement de l’Afrique». Dans la mĂŞme veine, nous soutenions que: «l’Afrique est l’avenir de la France, la France Ă©tant condamnĂ©e Ă  faire de l’Afrique « une alliĂ©e sĂ»re et fière des avancĂ©es auxquelles elle aura contribuĂ© Ă  favoriser(.)».

AveuglĂ© par «la malĂ©diction de l’immĂ©diatetĂ© du gain et de l’insatiabilitĂ© du profit», l’Europe a accumulĂ© sans discontinuer «un pactole inestimable» au prix de la dĂ©portation, de la sueur et du sang des fils de l’Afrique ; de l’exploitation Ă©hontĂ©e de ses richesses humaines et naturelles qui n’ont contribuĂ© qu’Ă  renforcer son « ivresse de puissance » et sa conviction que la «sĂ©cularisation du mensonge» sur la taille du «gâteau africain» serait perpĂ©tuelle.

Mais, il est aujourd’hui prouvĂ©, qu’il existe des limites Ă  la course effrĂ©nĂ©e «de l’avoir» qui occulte et rĂ©ifie «l’ĂŞtre» qui le produit (.) Il est tout aussi Ă©tabli qu’afin d’asseoir son hĂ©gĂ©monie Ă©conomique, financière et son diktat idĂ©ologique, l’Europe n’avait d’autre choix que de se complaire pendant cinq siècles, Ă  entĂ©riner une vision «rĂ©ductionniste» de la «taille de l’Afrique», instillant dans [i «les universaux mentaux» des Africains et l’inconscient collectif des peuples du monde, une Ă©chelle indicible des valeurs qui relèguerait l’Afrique au bas de l’Ă©chelle et hisserait l’Europe en haut de celle-ci.

Le système de projection dit de Mercator maintenu pendant cinq siècles n’Ă©tait donc pas dĂ©nuĂ© de la batterie d’idĂ©es reçues visant la marginalisation de l’Afrique de «la gĂ©ostratĂ©gie dĂ©veloppementale du monde» et son cantonnement, mĂŞme en plein dĂ©but du vingt-unième siècle au rang des continents condamnĂ©s Ă  «ne jamais rentrer dans la civilisation».

Le discours de Dakar de l’ancien PrĂ©sident Français Nicolas Sarkozy sur l’homme noir s’insère dans le maillage des idĂ©es arrĂŞtĂ©es et fixations passĂ©istes qui continuent de donner Ă  visualiser l’Afrique sous le seul angle de la marginalitĂ© et de l’exclusion, en vue de n’en attendre qu’une fonction de «pourvoyeuse de richesses destinĂ©es Ă  l’essor de l’Europe».

Que dans son allocution Ă  l’adresse des Ă©tudiants de l’UniversitĂ© d’Abidjan: pratiquement dans le mĂŞme intervalle que la tenue du Festival de GĂ©opolitique de Grenoble, Nicolas Sarkozy ait plaidĂ© pour «un programme massif d’aide au dĂ©veloppement de l’Afrique.» Ne peut, Ă  notre entendement, paraĂ®tre qu’indĂ©cent, insolite et inappropriĂ©.

Venant du locuteur du discours de Dakar, tout Africain serait en droit de se demander si le temps Ă©tait venu, aux yeux de Nicolas Sarkozy, pour qu’enfin, l’Afrique rentre dans l’histoire?».

Le choc dĂ©mographique sans prĂ©cĂ©dent de l’Afrique que Nicolas Sarkozy dĂ©cline sous le prisme de la jeunesse du continent en ces termes: «En Afrique sub-saharienne, 75% de la population a moins de 35 ans (.) 8 Ă  10% de croissance ne suffiront pas, il faut crĂ©er des emplois. L’industrie africaine doit crĂ©er de la valeur ajoutĂ©e.» est vraisemblablement «un clin d’ il visant Ă  redorer son image honnie» auprès de la jeunesse africaine dont on sait, Ă  l’instar de nombreux africains, qu’elle ne souhaite, en aucun cas, voir mĂŞme en image «le protagoniste majeur de l’assassinat du PrĂ©sident Lybien Mouammar Khadafi et l’instigateur actif de l’humiliation du PrĂ©sident Ă©lu de CĂ´te d’Ivoire, Laurent Gbagbo».


Celui qui prĂ©tend aujourd’hui pouvoir «favoriser des investissements d’infrastructures massifs en Afrique Subsaharienne.» doit savoir que les peuples africains n’ont pas «la mĂ©moire courte.».

En tant que Vice-PrĂ©sident du CRAN, chargĂ© des relations avec l’Afrique et des Affaires Internationales, j’avais dans la tribune sur «le Devoir de la France», attirĂ© l’attention sur la dĂ©saffection que suscitait dans l’opinion et la sensibilitĂ© des Africains, «l’activisme Ă©conomique rĂ©pressif et l’autoritarisme militaire nĂ©ocolonial français sous Nicolas Sarkozy».

Je prĂ©venais Ă  propos de la Lybie que: [i «la production en plein XXIème siècle de la capture d’un PrĂ©sident, fĂ»t-il dictateur et son assassinat programmĂ© par la France, alors prĂ©sidĂ©e par Nicolas Sarkozy, [Ă©tait] un extrĂŞme et fâcheux prĂ©cĂ©dent (.) ».] J’ajoutais s’agissant de la CĂ´te d’Ivoire: «imposer par la force un individu jugĂ© accommodant et propice aux intĂ©rĂŞts de l’Occident est malsain (.). La France de Nicolas Sarkozy a adressĂ© un message mal reçu par les Africains. Nul ne peut prĂ©sager de la dĂ©saffection qui s’en est suivie.»

Il va sans dire qu’Ă©manant de Nicolas Sarkozy, les projets envisagĂ©s pour le dĂ©veloppement de l’Afrique, quelles que soient leur pertinence, leur gĂ©nĂ©rositĂ© et leur opportunitĂ© ne peuvent ĂŞtre tenus par les Africains que pour des «effets d’annonce de circonstance», des «projections volontaristes de façade». Ceci, d’autant mieux que dans l’article paru sur le site de Paris Match intitulĂ© «le succès de l’Afrique fera reculer le cancer djihadiste» le 18 mars 2016, le «nouveau dĂ©fenseur du dĂ©veloppement de l’Afrique» reste très imprĂ©cis sur «la lame de fonds» des sources d’investissements ainsi que sur leur destination. Quelle philosophie est appelĂ©e Ă  sous-tendre lesdits investissements?

Sont- ce, comme nous le postulions: «des investissements massifs» issus des fonds du «compte d’opĂ©ration logĂ© au TrĂ©sor français» et vĂ©ritablement orientĂ©s vers la redĂ©finition d’une relation franco-africaine ou Europe-Afrique au service d’un autre type de progrès, de dĂ©veloppement de l’Afrique, plus sain, plus social, plus intĂ©gral?

Difficile d’y voir clair ; impossible de dĂ©crypter quoi que ce soit.

Le CRAN qui reste vigilant et s’emploie Ă  une veille permanente sur toutes les formes de discrimination, ne peut ĂŞtre que sur ses gardes devant ce «regain d’intĂ©rĂŞt focalisant la taille de l’Afrique» dont il est constant qu’elle fait depuis cinq siècles «l’objet d’une infâme et ignominieuse instrumentalisation».

Le «cancer djihadiste» dont Nicolas Sarkozy projette qu’il connaĂ®tra un recul grâce au «succès de l’Afrique» a tous les accents d’une propagande sans lendemain..De fait, il est de notoriĂ©tĂ© quasi-indiscutable que «l’Ă©pouvantail sĂ©curitaire» est l’une «des armes secrètes» utilisĂ©es par le Nord pour accroĂ®tre sa prĂ©sence militaire dans le Sud Ă  travers la signature de nouveaux accords de coopĂ©ration militaire Nord-Sud, l’Ă©tablissement des bases militaires dans les pays du Sud; la densification des fournitures d’armes et autres appareils sĂ©curitaires ; les entreprises de dĂ©stabilisation par la crĂ©ation de nouveaux «foyers de tension» (.). Il faut bien justifier la nĂ©cessitĂ© de cette prĂ©sence(.).

Soyons sérieux! A qui profite la déstabilisation des pays du Sud?

Au-delĂ  de la rhĂ©torique rĂ©voltĂ©e des discours compassionnels et vexatoires condamnant les actes lâches et odieux perpĂ©trĂ©s contre les paisibles populations du Sud, le Nord devrait pouvoir courageusement insĂ©rer «la menace djihadiste» dans le prolongement de la prolifĂ©ration des armes lĂ©gères et puissamment meurtrières, qui alimentent vertigineusement les comptes des lobbies d’armes Ă  feu de l’hĂ©misphère Nord.

Dans une interview accordĂ©e Ă  France 2, le Ministre de l’intĂ©rieur Bernard Cazeneuve faisait en substance remarquer après les actes terroristes perpĂ©trĂ©s de rĂ©cente mĂ©moire, en Belgique, qu’il est inacceptable que ce soient les lobbies de marchands d’armes qui fassent le siège auprès des gouvernements et des Institutions europĂ©ennes pour retarder les mesures visant le contrĂ´le et la maĂ®trise de la prolifĂ©ration des armes dans le monde.

Les attentats de Bamako au Mali, Ouagadougou au Burkina Faso et très rĂ©cemment de grand Bassam non loin d’Abidjan en CĂ´te d’Ivoire, tĂ©moignent d’un «modus operandi» identique et symptomatique d’un message subliminal adressĂ© par le Nord aux Africains: «Vous ne serez jamais en paix tant que vous ne vous soumettrez pas Ă  «la dictĂ©e» que nous vous lirons et qu’il vous appartiendra d’Ă©crire, sans faute. Car, il s’agira d’une dictĂ©e -copie. accompagnĂ©e d’un Nota Bene: «Malheur Ă  qui se fourvoie, subvertit ou travestit sa copie.».

Fidélité, loyauté indéfectible, «soumission» donc «dépendance»: voilà la traduction opérationnelle de la dictée ou du diktat adressé par le Nord au Sud.

Retenez en ce que vous voudrez ! Une question subsiste : binarisme et machiavélisme seraient-ils pour longtemps encore, les maîtres-mots de la géopolitique mondiale?

Revenu des considĂ©rations que m’inspire l’Ă©vocation par Nicolas Sarkozy, de «la menace djihadiste» en Afrique, je peine contre vents et marĂ©es, Ă  admettre qu’elle n’est pas liĂ©e Ă  «la punition» infligĂ©e aux peuples qui osent s’affranchir de la tutelle de ceux qui les dirigent, sans requĂ©rir l’avis de leur vĂ©ritable MaĂ®tre situĂ© en Occident.

-Quel dĂ©veloppement de l’Afrique est-on en doit d’attendre dans un contexte au sein duquel perdurent les alliances mafieuses, les rĂ©seaux occultes de malfaiteurs, les pactes secrets de non-agression signĂ©s avec une engeance sans foi, ni loi en dehors de celle de l’argent?

-Reconduire une manière de statu quo oĂą la peur le dispute aux actes de guerre commis par «les rentiers du terrorisme» n’est rien moins qu’un nouveau message Ă  l’adresse des peuples Africains qui dit en substance: «vous ne vous dĂ©velopperez pas sans avoir recours Ă  nous, sans notre secours, sans notre permission (.)».

Il convient, en vertu de ce qui prĂ©cède, que les Africains s’organisent et n’attendent pas, comme c’est le cas depuis «les indĂ©pendances octroyĂ©es par l’Occident», des solutions venues d’ailleurs.

«Le collectif grenoblois» qui a eu la lumineuse initiative dès cette annĂ©e de publier la première Edition des Rencontres de GĂ©opolitique Critique, sera, nous l’espĂ©rons, une source d’inspiration pour de nombreux chercheurs africains appuyĂ©s et soutenus en cela par des mĂ©cènes africains.

L’Ă©lite africaine et les milieux d’affaires africains doivent se convaincre que «tout est lié».

Des recherches sĂ©rieuses et approfondies doivent ĂŞtre conduites par nos Ă©minents chercheurs africains sous la houlette des ONG africaines et le parrainage financier des hommes d’affaires africains, lesquels doivent prendre conscience des enjeux planĂ©taires et des opportunitĂ©s insoupçonnables qu’offre dans un horizon proche, le rĂ©tablissement de la vĂ©ritĂ© sur «la taille de l’Afrique.»

Au conseil ReprĂ©sentatif des Associations Noire de Fran, nous avons notre idĂ©e de la vĂ©ritable taille de l’Afrique. Aussi sommes-nous enclins Ă  affirmer qu’attendre la validation de la thèse selon laquelle «le Continent Africain est le plus vaste du monde» par ceux qui, cinq siècles durant, ont entretenu «le mensonge» et convaincu la planète entière, du peu d’intĂ©rĂŞt que revĂŞtait la question, serait courir le risque «d’une nouvelle instrumentation, non seulement de la taille de l’Afrique, mais aussi du dĂ©veloppement de l’Afrique».

Guy Samuel Nyoumsi, Vice-président du CRAN

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