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Le cri d’espoir de Kandia KouyatĂ©

Par Michel Tagne Foko

Une foule en totale admiration, Ă  chaque passage, Ă  chaque concert. Un nombre incalculable de personnes subjuguĂ©es, impressionnĂ©es, en transe, en pleurs, souriant de joie, autant d’Ă©motions signifiant une sorte de reconnaissance ou pour tout simplement dire : « Je t’aime » Ă  l’immense cantatrice. Elle enchaine concert sur concert dans le monde, partage la scène avec les plus grands noms de la musique. Et puis un jour, le noir total, une sorte d’angoisse frĂ©nĂ©tique qui annonce la fin.

. Et lĂ , le vent se lève, les prières du sud et les espoirs de l’artiste se propagent dans le monde. Miracle ? Qui y crut ? La cantatrice est bien de retour après une rude bataille contre les tĂ©nèbres. Ah ça, une vraie bataille contre la paralysie gĂ©nĂ©rale. Au sommet de son art en 2004, Kandia KouyatĂ© est victime d’un accident vasculaire cĂ©rĂ©bral (AVC). Certaines personnes ont baissĂ© les bras, certes, plus personne ne pensait qu’elle reviendrait, surtout sachant qu’elle avait des difficultĂ©s de prononciation. Rester en vie Ă©tait certainement son seul objectif du moment ! Finalement, quelle belle leçon de vie !

Dans ce nouvel album appelĂ© « Renascence », sa voix rĂ©sonne dans les oreilles comme un champ d’espĂ©rance. Son art du chant poĂ©tique n’est pas perdu, mĂŞme si elle ne pousse pas très haut, comme avant, elle y va quand mĂŞme et son courage ne peut qu’ĂŞtre apprĂ©ciĂ© !

J’ai croisĂ© la route de la voix de cette immense cantatrice, il y a quelques annĂ©es, j’avais eu comme cadeau d’anniversaire une compilation de plusieurs musiques traditionnelles de peuples d’Afrique, d’OcĂ©anie et des AmĂ©riques. Je me souviens que j’avais beaucoup apprĂ©ciĂ© la chanson « Hommage », tellement son timbre de voix et ses envolĂ©es lyriques Ă©taient somptueux.


PS : Je ne puis parler de cette grande dame sans une pieuse pensĂ©e Ă  l’endroit de feu Ibrahim Sylla, qui par son label, Sylla Records, a permis aux diffĂ©rentes sonoritĂ©s africaines et d’ailleurs d’ĂŞtre exportĂ©es dans le monde. On se souviendra de sa collaboration avec Salif Keita, du premier album d’Oumou SangarĂ©, de Baaba Maal, Pepe Kalle, Tshala Muana, etc. Je pense qu’il a en son temps et Ă  son niveau rĂ©volutionnĂ© cette Ă©poque africaine, oĂą les chants traditionnels n’Ă©taient qu’oraux, en permettant qu’ils soient enregistrĂ©s, puis diffusĂ©s, ils ne pourront dorĂ©navant plus disparaĂ®tre…


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