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Le sens de mon Ă©lection Ă  la tĂŞte du parti AFP au Cameroun

Par Alice Sadio, prĂ©sidente nationale de l’Alliance des Forces Progressistes (AFP)

1)- Mes Remerciements aux femmes et hommes de médias :
Mesdames et messieurs, je tiens tout d’abord Ă  vous signifier ma reconnaissance et ma gratitude pour le long et fructueux partenariat qui aura Ă©tĂ© celui de l’AFP et de la Presse Nationale et internationale. Vous avez pour la plupart d’entre vous Ă©tĂ© les tĂ©moins assidu et avisĂ©s de tous nos combats. Vous savez d’oĂą nous venons, vous savez qui nous sommes, vous maitrisez les tenants les aboutissants de notre combat pour avoir Ă©tĂ© prĂ©sents Ă  tous les rendez-vous. Au commencement, en 2006, c’Ă©tait un ras-le-bol d’un groupe de cadres du SDF, dont le Professeur Ngwasiri (paix Ă  son âme), le Professeur Asonganyi, le Bâtonnier Ben Muna, moi-mĂŞme et bien d’autres.

TorturĂ©s par notre conscience militante et patriotique, nous avions alors dĂ©cidĂ© de rendre compte Ă  qui de droit, c’est-Ă -dire le peuple camerounais, des multiples dĂ©rapages et compromissions qui avaient dĂ©sormais cours au sein du principal parti de l’opposition, sensĂ© nous leader vers un Cameroun meilleur. Vous vous ĂŞtes fait l’Ă©cho du fameux mĂ©morandum y relatif. Puis, il y a eu l’assassinat odieux de Nzall Diboule GrĂ©goire, dont les coupables cours toujours au vu et au su du Juge sensĂ© user avec justesse du glaive de la justice, pour que règne l’Etat de droit.

Vous avez Ă©tĂ© tĂ©moin des deux congrès qui s’en sont suivis mais surtout aussi tĂ©moin des manigances du pouvoir en place. Nous Ă©tions face Ă  une alternative. Fallait-il se renier et cautionner les exactions du monstre en puissance qu’Ă©tait devenue cette formation politique juste pour plaire aux caciques et s’emprisonner ainsi dans le cercle vicieux de l’aventurisme politique ou fallait-il persĂ©vĂ©rer dans notre dĂ©marche patriotique de dĂ©nonciation du monstre qu’Ă©taient devenue la principale force alternative? Notre choix Ă©tait sans Ă©quivoque pour la simple raison que, entre les intĂ©rĂŞts partisans et les intĂ©rĂŞts de la nation, il va de soi que les intĂ©rĂŞts de la nation doivent toujours l’emporter. La suite de l’affaire, vous la connaissez.

La responsabilitĂ© de dĂ©samorcer le hold-up partisan pervers afin de permettre aux forces nouvelles d’exister nous incombait dĂ©sormais. Pour le faire nous avions besoin d’un vĂ©hicule politique. D’oĂą l’Alliance des Forces Progressistes (AFP) dont la mission principielle hier et aujourd’hui est de constituer la preuve de ce qu’il est possible de faire la politique autrement, car le peuple camerounais a l’obligation d’ĂŞtre exigent vis-Ă -vis de ses opĂ©rateurs politiques, ce peuple mĂ©rite de meilleurs reprĂ©sentants au sein de nos institutions. L’AdĂ©quation entre le discours et la pratique. Telle est l’Ă©cole Ă  laquelle l’AFP a invitĂ© la classe politique camerounaise pendant ces huit dernières annĂ©es. A vous de nous noter. A vous de nous juger peut-ĂŞtre aussi Ă  la lumière du sens de mon Ă©lection Ă  la tĂŞte de l’AFP.

2)- Le sens de mon Ă©lection Ă  la tĂŞte de l’AFP
Pour la petite histoire lors de son 1er congrès le 25 mars 2007, l’AFP est un conglomĂ©rat d’hommes et de femmes politiques venus d’horizons divers et pour des raisons diverses. Mais ces braves hommes et femmes sont dĂ©jĂ  mus par trois postulats qui les rassemblent et les soudent. 1)- Ils croient mordicus que le Cameroun peut mieux se porter Ă  condition que l’on mette « the right men at the right places » (Confère le tome I de notre Livre Orange) ; 2)- Ils acceptent de faire dĂ©sormais de l’organisation politique le laboratoire par excellence d’expĂ©rimentation et d’appropriation de la dĂ©mocratie ; 3)- Ils sont d’accord sur le fait que la dĂ©chĂ©ance de l’opposition camerounaise ne tient pas uniquement de la fraude Ă©lectorale, mais davantage de la balkanisation tribaliste des partis politiques, des intĂ©rĂŞts Ă©gocentristes des leaders et de leur refus d’opĂ©rer leur mue en fonction de l’Ă©volution du temps.

Tels sont les trois postulats sur lesquels l’AFP s’est appuyĂ©e pour dĂ©rouler son offre politique et stratĂ©gique. Sur le chemin de ce dĂ©roulĂ©, nous avons vu des vertes et des pas mĂ»rs venant tant du rĂ©gime en place que de nos supposĂ©s partenaires de l’opposition. C’est fort de cela que je me plais Ă  dire de mon prĂ©dĂ©cesseur qu’il est mon mentor. Car je l’ai vu Ă  l’ uvre, j’ai pu mesurer l’Ă©tendue de son humilitĂ© et de sa persĂ©vĂ©rance.

J’ai Ă©tĂ© tĂ©moin de son sens de l’ouverture et de l’honnĂŞtetĂ© vis-Ă -vis de ses collaborateurs. Je suis fière d’avoir Ă©tĂ© Ă  son Ă©cole. Les militants de l’AFP sont fiers d’avoir eu un homme comme le Bâtonnier Ben Muna pour baliser le chemin. C’est un homme qui sait prendre des coups. Et sur ce point, je n’ai pas honte de dire que je suis encore Ă  son Ă©cole. Le sens de mon Ă©lection comme prĂ©sidente nationale de l’AFP, comment faut-il l’interprĂ©ter ? Eh bien, il faut l’interprĂ©ter Ă  la lumière des trois postulats citĂ©s plus haut.

Par son refus de modifier les statuts du parti pour s’agripper au fauteuil, Ben Muna parachève son leadership au sein de l’opposition en apothĂ©ose. A travers le choix de ma modeste personne pour poursuivre la mission de l’AFP, mes camarades ont prouvĂ© par les actes, que l’organisation politique c’est justement l’anti-chambre Ă  travers laquelle l’on doit d’abord montrer patte blanche (en matière de dĂ©mocratie, de respect des droits de l’homme de transparence dans la gestion de nos petits avoirs) avant de prĂ©tendre accĂ©der Ă  la magistrature suprĂŞme du pays. De par mon âge (je suis la plus jeune de l’exĂ©cutif sortant) et mon genre, mes camarades ont prouvĂ© qu’ils Ă©taient au-dessus des considĂ©rations rĂ©trogrades et ont fait briller de mille feux le caractère progressiste, futuriste de l’AFP. Je leur en sais grĂ©.

Le sondage entrepris par la CRTV qui a fait de ma modeste personne l’un des onze « indomptables de l’Ă©mergence » ne viendra qu’accentuer la pression et le coefficient des espoirs placĂ©s en moi. Je suis consciente de ce que mon mandat ne sera pas un long fleuve tranquille. Je suis consciente de ce qu’il ne s’agit pas d’un chèque en blanc. A travers la mĂ©diatisation dont je fais l’objet, je sais que je n’ai pas droit Ă  l’erreur. Je fais ici et maintenant le v u de donner le meilleur de moi-mĂŞme. Je m’engage Ă  me battre de toutes mes forces, de tout mon intellect pour redonner goĂ»t au peuple camerounais de s’inviter sur le champ politique.

J’en appelle Ă  ceux qui comme moi font le rĂŞve d’un Cameroun meilleur. Rejoignez les rangs de l’AFP, portons fièrement l’Ă©tendard orange, symbole de notre passion militante et patriotique, jusqu’Ă  la victoire. La qualitĂ© de notre gouvernance après l’homme Biya dĂ©pendra Ă©troitement de la qualitĂ© des hommes qui se seront saisis du combat politique. Nous avons tous ensemble, mesdames et messieurs la lourde responsabilitĂ© de tordre le cou Ă  cette idĂ©e rĂ©pandue selon laquelle la politique est un sale jeu.

Je suis une femme et j’ai horreur de la saletĂ©. Je suis donc le gage de ce que l’AFP tiendra la barque ferme. Je veillerai Ă  ce que mon Ă©quipe et moi ne nous taisions pas pour plaire. Aussi, nous ne parlerons pas pour manipuler, encore moins pour dĂ©truire les acquis de notre cher et beau pays. ConsidĂ©rez nous comme des gladiateurs en gandoura, en pagne, en jupe et en costar pour la transformation mentale de tout un corps social. L’Ă©tat des lieux de notre pays en a urgemment besoin.

3)- Notre lecture de l’Ă©tat des lieux de notre pays :
Notre pays, le Cameroun est devenu un cas d’Ă©cole tristement cĂ©lèbre dans sa dextĂ©ritĂ© Ă  :
.renier son histoire (nous sommes le seul pays au monde qui ne cĂ©lèbre pas son indĂ©pendance) malgrĂ© mĂŞme l’accord de François Hollande de mettre Ă  disposition les documents classĂ©s secrets de la douloureuse histoire de la lutte pour l’indĂ©pendance. Le rĂ©gime est restĂ© muet comme une carpe.


.MĂ©priser ses hĂ©ros nationaux, et j’en veux pour preuve la confusion inacceptable entre le maquis, les annĂ©es de braises dues au vent d’Est et Boko Haram qui est le symbole mĂŞme de la nĂ©gation de toutes les valeurs pour les quelles nos prĂ©dĂ©cesseurs dans la lutte sont morts ;

.Emprisonner le peuple dans une misère indescriptible dans un espace vital RICHE de par son sol et son sous-sol, PROMETTEUR de par son potentiel et la combativitĂ© de des fils et filles, BENI de par l’abondance des intelligences Ă  disposition.
Au jour d’aujourd’hui, tandis que nous nous engluons une fois de trop dans des combats politiciens perdus d’avance, d’autres pays de l’Afrique avancent courageusement vers la prise en main de leur propre destin.

Au jour d’aujourd’hui, tandis que certains politiciens vĂ©reux nous expliquent que la solution pour le changement c’est le repli identitaire en rĂ©duisant leurs propres partis en Balkan tribaux, les grandes nations, qui savent dĂ©fendre mordicus les intĂ©rĂŞts de leurs peuples fĂ©dèrent au-delĂ  des langues, des cultures, des intĂ©rĂŞts divergents, pour mieux assoir leur notoriĂ©tĂ© et jouir d’une place considĂ©rable dans le concert des nations. C’est sous notre nez que les Etats-Unis, la Chine, l’Europe se rĂ©inventent au quotidien, renforcent leur capacitĂ© Ă  peser sur le sens de l’ordalie, Ă  imposer Ă  tort ou Ă  raison leurs dĂ©sidĂ©ratas au monde. Pendant ce temps, nous vocifĂ©rons, et parfois mĂŞme, nous chialons, tels des enfants Ă  qui on aurait arrachĂ© une sucrerie. Or dans les joutes politiques, dans les arènes du pouvoir, il n’ya pas de place pour les chialeurs.

Par conséquent, la révolution psychologique, intellectuelle, organisationnelle, structurelle est rendue nécessaire pour un changement endogène profond et global. parce que le Cameroun peut mieux se porter.

4)- Notre thèse Ă  nous, militants de l’Alliance des Forces Progressistes
Notre thèse Ă  nous est simple : Soit nous retroussons nos manches et dĂ©construisons le mythe selon lequel les noirs sont des Ă©ternels enfants pour mieux tracer notre trajectoire commune, soit nous continuons de chialer et assumons le statut d’Ă©ternels suiveurs, d’infatigables mendiants. Si nous choisissons de retrousser les manches, nous devons accepter par ricochet de nous Ă©lever au dessus des intĂ©rĂŞts ventriloques, des clivages ethno-tribalistes, et des partisans du « après moi le dĂ©luge ».

En ce qui concerne l’AFP, en ce qui me concerne, Le peuple noir, le peuple camerounais est un peuple dotĂ© de bon sens au mĂŞme degrĂ© que les autres peuples. Ne comptez pas sur l’AFP, encore moins sur moi pour affirmer que nous ne sommes pas libre, que nous ne sommes pas indĂ©pendants. La libertĂ©, l’indĂ©pendance ne s’Ă©crit pas, ne se dĂ©crète pas. La libertĂ©, l’indĂ©pendance se vit, s’invente et se consolide. Nous Ă  l’AFP, nous assumons pleinement l’histoire du Cameroun, l’histoire de l’Afrique et les efforts des ainĂ©s et ancĂŞtres qui nous ont prĂ©cĂ©dĂ©s dans la lutte. Nous saluons leur courage au mĂŞme titre que nous mesurons leurs erreurs.

Nous avons obligation de nous en inspirer pour aller plus loin et monter plus haut. Le Cameroun, l’Afrique de nos rĂŞves sont Ă  bâtir avec HONNETETE, PERSEVERANCE et ABNEGATION. Parce que nous sommes un grand peuple, dotĂ© de grandes valeurs, nous avons des prioritĂ©s plus urgentes que l’enfermement dans un passĂ©isme vindicatif, stĂ©rile et contre-productif.

Le Cameroun, l’Afrique dont nous rĂŞvons ne se bâtirons pas sur la haine et la peur de l’autre. Car, nous sommes plus forts que le racisme et le colonialisme. Nous sommes l’antidote de l’Ă©goĂŻsme. Le Cameroun, l’Afrique dont nous rĂŞvons ne se bâtirons pas sur les barrières raciales, religieuses, culturelles. L’Afrique, le Cameroun dont nous rĂŞvons se bâtirons sur notre foi en nous-mĂŞmes et donc en l’HUMANITE. Nous avons foi en notre capacitĂ© Ă  rebondir, Ă  nous surpasser, Ă  nous rĂ©inventer. Notre PANAFRICANISME Ă  nous est un HUMANISME. Nous entendons par humanisme le sens du partage, du pardon, de la renaissance, de l’Ă©lĂ©vation, dĂ©nominateurs clĂ©s de notre diffĂ©rence qui fait que nous sommes peut-ĂŞtre l’avenir du monde. Non pas seulement du point de vue Ă©cologique, mais aussi du point de vue Ă©thique, civilisationnel.

Ayant plaidĂ© cela, il en dĂ©coule que l’Alliance des Forces Progressistes (AFP) est par essence un parti du progrès, un parti de proposition, un parti de conciliation, un parti de pardon. Que nul n’entre ici, de grâce que nul ne prenne la carte militante de l’AFP s’il n’est pas Ă  jour sur ces problĂ©matiques fondamentales. Je sais pouvoir compter sur vous, pour envahir les rangs de l’AFP afin qu’ensemble, nous brandissions aux yeux du monde, notre « Yes we can » Ă  nous. Nous prendrons le temps qu’il faudra, nous mettrons l’Ă©nergie que cela nĂ©cessitera, nous nous armerons de patience pour sculpter, anneau après anneau, annĂ©e après annĂ©e, la belle sculpture de l’Afrique nouvelle dont nous rĂŞvons tous, Ă  partir du Cameroun, majestueuse Afrique en miniature.

Sur ce, recevez, mesdames et messieurs, mon salut militant et patriotique ainsi que mes v ux les meilleurs pour l’annĂ©e 2016.

Je vous remercie.


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