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Les forces irakiennes lancent la bataille pour l’ouest de Mossoul

Le Premier ministre Haider al-Abadi a annoncĂ© dimanche le lancement d’une opĂ©ration des forces irakiennes pour reprendre au groupe Etat islamique la partie ouest de Mossoul, la deuxième ville d’Irak que les jihadistes occupent depuis 2014.

« Le Premier ministre a annoncĂ© le lancement des opĂ©rations de libĂ©ration de la partie ouest de Mossoul », selon un communiquĂ©.

Les forces fĂ©dĂ©rales irakiennes ont lancĂ© le 17 octobre dernier une vaste offensive pour reprendre Mossoul, dernier bastion des jihadistes de l’EI en Irak. Après des semaines de durs combats, elles ont pris en janvier le contrĂ´le de la partie est de la ville.

« Nous annonçons une nouvelle phase de l’opĂ©ration Ninive, nous venons libĂ©rer la partie ouest de Mossoul », a proclamĂ© M. Abadi dans une brève dĂ©claration tĂ©lĂ©visĂ©e, parlant de la province de Ninive dont Mossoul est la capitale.

« Nos forces entament la libĂ©ration des citoyens de la terreur de Daesh », a-t-il dit, utilisant un acronyme arabe de l’Etat islamique.

L’EI s’est emparĂ© de Mossoul, la grande ville du nord de l’Irak, en juin 2014.

La partie occidentale de Mossoul est plus petite que sa partie orientale, mais elle est plus densĂ©ment peuplĂ©e et c’est lĂ  que se trouvent certains des points d’appui des jihadistes.

On s’attend Ă  ce que les troupes de la police fĂ©dĂ©rale et du ministère de l’IntĂ©rieur commencent la nouvelle phase de l’offensive en faisant mouvement sur l’aĂ©roport de Mossoul, situĂ© Ă  la pĂ©riphĂ©rie sud de la ville, Ă  l’ouest du Tigre, le fleuve qui traverse Mossoul.

Cette bataille risque d’ĂŞtre l’une des plus fĂ©roces depuis le dĂ©but de l’offensive pour reprendre la ville il y a quatre mois.

AssiĂ©gĂ© dans son dernier grand bastion en Irak, l’EI oppose depuis le 17 octobre une farouche rĂ©sistance pour dĂ©fendre Mossoul d’oĂą son leader Abou Bakr al-Bagdadi avait proclamĂ© un « califat » en juin 2014.

Après avoir ratissĂ© et sĂ©curisĂ© les environs de Mossoul, il a fallu plus de deux mois aux forces d’Ă©lite irakiennes – les unitĂ©s du service du contre-terrorisme – pour reprendre, fin janvier, le contrĂ´le de la rive est de Mossoul.


Dans la partie ouest, l’entrelacs de ruelles de la vieille ville rendra très difficile le passage des vĂ©hicules militaires, ralentissant l’avancĂ©e des forces fĂ©dĂ©rales, avertissent des analystes.

– ‘Combats maison par maison’ –

La bataille pour l’ouest de Mossoul « risque d’ĂŞtre plus difficile, avec des combats maison par maison, plus sanglants et Ă  plus grande Ă©chelle », met en garde Patrick Skinner, du Soufan Group Intelligence Consultancy.

Les jihadistes pourraient par ailleurs jouir d’un plus grand soutien de la part des habitants de la rive ouest, majoritairement sunnites, que de ceux du cĂ´tĂ© est, prĂ©disent des analystes.

« La rĂ©sistance de l’EI pourrait s’avĂ©rer plus importance dans cette zone et il sera plus difficile, mais de la plus grande importance, de nettoyer entièrement Mossoul des rĂ©seaux (jihadistes) après sa reprise », indique Emily Anagnostos, de l’Institute for the Study of War.

L’attrition des forces fĂ©dĂ©rales est importante, mais celle de l’EI est encore plus grande et les jihadistes pourraient ne pas avoir les ressources nĂ©cessaires pour dĂ©fendre Mossoul-ouest de façon efficace.

Cependant, mĂŞme dans les zones reconquises, l’EI continue de frapper, ce qui reflète la difficultĂ© pour les forces irakiennes de s’assurer que des jihadistes ne se sont pas fondus dans la population civile.

Les combattants de l’EI et les habitants de Mossoul ont pu traverser le Tigre dans les deux sens pendant une grande partie des combats dans l’est, mais aujourd’hui tous les ponts ont Ă©tĂ© dĂ©truits et les jihadistes dans l’ouest sont entièrement encerclĂ©s.

La reprise de Mossoul mettrait fin Ă  la prĂ©sence en Irak de l’EI en tant que force implantĂ©e sur le territoire et porterait un coup fatal au « califat », mais l’avis des responsables diffère sur la durĂ©e le temps qu’il faudra pour y arriver.

Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a affirmĂ© fin dĂ©cembre qu’il faudrait trois mois pour chasser l’EI du pays.

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