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Lettre Ă  Laurent Gbagbo par Jacques Owono

«Nous l’avons compris, qu’ils mettent aux avant-postes les nĂ´tres pour mieux nous atteindre et nous confondre: Fatou Bensouda»

M. Le Président,
Dans notre tradition africaine hĂ©ritĂ©e jalousement des AncĂŞtres, le procès a pour but majeur, sinon exclusif, de restaurer la paix dans la communautĂ© divisĂ©e mais aussi dans les c urs. Un dicton burkinabĂ© dit d’ailleurs Ă  ce propos que la palabre sauve le village. Car, ainsi que le prĂ©cise aussi un proverbe wolof: «Il n’y a pas deux personnes qui ne s’entendent pas; il y a seulement deux personnes qui n’ont pas discuté». Madiba Mandela, noble fils de l’Afrique, est restĂ© fidèle Ă  cet enseignement des aĂ®nĂ©s. «Asseyons-nous et discutons!», aimiez-vous Ă  rĂ©pĂ©ter Ă  vos adversaires; «Asseyons-nous et recomptons les voix!», leur aviez-vous martelĂ© des mois durant. Mais ils ne vous ont pas Ă©coutĂ©. Ceci parce qu’un petit nombre prĂ©tendument «international» a confisquĂ© la parole, pris la justice en otage au nom des «droits de l’homme». Mais dans notre Afrique historique et sage, oĂą des mondes, des mentalitĂ©s et des temps diffĂ©rents se superposent comme l’affirme le savant malien HampâtĂ© Bâ, ils ne peuvent rĂ©ussir une telle entreprise que par la violence, oubliant que le plus fort, celui qui gagne, le gagneur est peut-ĂŞtre dans l’humanitĂ©, celui qui nous amène Ă  la rĂ©gression. Car la force primaire, la force brute n’est pas primĂ©e dans nos sociĂ©tĂ©s. (Michel Serres).Dans notre tradition africaine donc, M. le PrĂ©sident, un dicton ibo dit «qu’un procès n’exclut personne». C’est-Ă -dire que le public n’est pas simplement prĂ©sent en spectateur muet, il est autorisĂ© Ă  faire entendre son opinion. La mienne sera Ă  travers cette correspondance que je compte Ă©tablir avec vous; aussi longtemps que durera votre incarcĂ©ration.

C’est, Ă  travers ma plume, la voix de millions d’Africains du continent: Ivoiriens, Camerounais, Maliens, SĂ©nĂ©galais, Ougandais, GhanĂ©ens, AlgĂ©riens, Libyens, etc. C’est aussi celle de millions d’autres, Africains de la diaspora et descendants africains vivant dans le monde: en France, en Allemagne, en Chine, en Guadeloupe, en HaĂŻti, au Canada, en Australie, etc. C’est enfin celle de tous les combattants de la libertĂ© de toutes confessions religieuses ou obĂ©diences politiques: juifs, chrĂ©tiens, musulmans, bouddhistes, athĂ©es, socialistes, dĂ©mocrates, rĂ©publicains, communistes, etc. Tous nous sommes lĂ , Arc-en-ciel de libertĂ©, dĂ©fenseurs de notre humanitĂ© menacĂ©e, symbole de rĂ©sistance contre l’injustice. Tous nous voulons Ă©crire cette page de notre histoire africaine avec vous; Tous nous voulons marcher avec vous sur les traces de note humanitĂ©.

En introduction de son livre, Histoire de France, Pierre Miquel dĂ©clare: «Il y a des pays sans histoire. La France n’est pas de ceux-lĂ .» Cette affirmation, de la plume mĂŞme d’un historien, peut paraĂ®tre choquante. On s’accorderait volontiers Ă  dire que le terme «histoire» revĂŞt une certaine ambiguĂŻtĂ© ici, mais c’est sans compter sur cette autre dĂ©claration, tout aussi cĂ©lèbre, d’un fils d’immigrĂ© hongrois, que les Gaulois, pour leur malheur et perte, se sont choisi comme empereur-roi et qui dĂ©clarait triomphant Ă  Dakar en 2006 que «le paysan africain n’est pas suffisamment entrĂ© dans l’histoire.». Mon cher PrĂ©sident, en votre qualitĂ© d’historien et de sage africain, permettez-moi de vous poser cette question toute simple: «C’est quoi l’histoire? Se peut-il que nous n’ayons pas le mĂŞme sens des rĂ©alitĂ©s historiques que ces gens-lĂ ?». Ce questionnement, Ă  mon humble avis, mĂ©rite d’ĂŞtre posĂ© au prĂ©alable, car il nous permet de comprendre, ainsi que le notait dĂ©jĂ  l’illustre sage et patriote africain, Cheikh Anta Diop, Ă  son fils spirituel ThĂ©ophile Obenga que toute rĂ©alitĂ© sĂ©rieuse et profonde ne peut s’expliquer et se comprendre que dans le cadre de règles, d’idĂ©es, de valeurs culturelles et de mĂ©thodologies que l’on prend pour modèle ou guide et qu’il a dĂ©signĂ© par le terme de «paradigme culturel». En d’autres termes, nous ne pourrions nous comprendre, comprendre nos rĂ©fĂ©rents religieux ou socioculturels, nos valeurs, le sens et la portĂ©e de notre destinĂ©e, le cours de notre histoire et partant, sa dĂ©finition mĂŞme, que si nous ne sacrifions pas tous sur l’autel de la pensĂ©e unique, souvent tyrannique et impĂ©rialiste occidentale.

Il y a plus de deux mille ans, Sima Quian (145-86 av. JC), le premier historien chinois, affirmait avec assurance: «Ceux qui n’oublient pas le passĂ© sont maĂ®tres de l’avenir». Ce qui signifie en d’autres termes que la survie d’un peuple dĂ©pend de la sauvegarde de sa mĂ©moire, de son histoire. Comment donc nous construire un avenir certain lorsqu’on nous dĂ©nie ce recours au passĂ© qui est nĂ´tre, ce rapport dialectique Ă  notre propre histoire ? Comment ĂŞtre maĂ®tres du futur quand on n’est pas maĂ®tres du passĂ©, quand ce dernier semble mĂŞme n’avoir jamais existĂ©? Au-delĂ  donc de toutes ces tripatouilles du sens de l’histoire, la seule certitude vraie est que la Volksseele (âme du peuple) et le Volksgeist (esprit du peuple) se forgent dans le rapport dialectique que ce dernier entretient avec son passĂ© ; Falsifier donc ce rapport, l’occulter ou le renier mĂŞme, c’est courir le risque de faire des ĂŞtres concernĂ©s, non plus des hommes et des femmes agissant et pensant, mais de pauvres ombres esclaves au service de l’imposteur.

Lorsqu’on emprisonne les historiens et sages d’un peuple, c’est l’âme de ce peuple qu’on veut emprisonner, c’est son esprit qu’on veut corrompre; c’est son gĂ©nie surtout qu’on veut stopper.
Jacques Owono

L’entreprise n’est malheureusement pas rĂ©cente. Elle a plutĂ´t la peau dure et la nuque raide. Solide comme une forteresse, elle traverse les siècles et les Ă©poques, et Ă  chaque fois, transforme et pervertit les mentalitĂ©s qu’elle influence. Comment croire qu’ils ne le savent pas, que nous avons une histoire, que de toutes les histoires, notre histoire est. Qu’elle est ce qui est. Comment leur faire accepter notre passĂ© une fois pour toutes ? Leur faire respecter nos historiens et hommes sages? Si c’est de l’ignorance, il faudrait peut-ĂŞtre leur rappeler que chaque fois que notre humanitĂ© a Rendez-vous avec l’Histoire, elle passe par l’Afrique. C’est un passage obligĂ©, un retour aux sources lointaines ou proches, connues ou inconnues, avouĂ©es ou inavouĂ©es de notre existence. Car l’Afrique se dresse au c ur de notre humanitĂ© depuis ses premiers balbutiements, elle s’invite Ă  tous ses rendez-vous historiques, tantĂ´t silencieuse, tantĂ´t avant-gardiste, tantĂ´t passive, tantĂ´t actrice d’une histoire qui se joue grâce Ă  elle, par elle, parfois contre elle, mais toujours avec elle, car sans elle, l’humanitĂ© ne serait pas humaine, sans elle, l’histoire ne serait pas histoire. Non pas une histoire dont l’objet, selon Georges Dumont, est le rĂ©cit des batailles et l’analyse des traitĂ©s de paix, mais l’homme. Car pour paraphraser Marc Bloch, le bon historien flaire lĂ  oĂą il y a de la chair humaine, comme l’ogre de la lĂ©gende. Et le frère Runoko Rashidi affirme avec certitude que grâce aux dernières recherches scientifiques sur l’ADN, tout ĂŞtre humain pourra, tĂ´t ou tard, faire remonter jusqu’Ă  l’Afrique ses racines ancestrales.


Dr. Jacques Owono

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M. le PrĂ©sident, votre sĂ©jour Ă  la Haye apparaĂ®t clairement Ă  nos yeux comme un fait historique d’une portĂ©e majeure, car sous nos yeux, la lĂ©gende devient histoire, les personnages de fables deviennent rĂ©els; Les Soundjanta Keita, Chaka Zoulou, Kunta KintĂ©, Lumumba, Sankara, tous ces fiers rĂ©sistants et guerriers Africains prennent de nouveau vie et forme devant nous. On nous a apprit qu’un vrai hĂ©ros Ă©tait un hĂ©ros mort. Mais depuis Madiba Mandela et aujourd’hui avec vous, nous faisons l’expĂ©rience d’une autre catĂ©gorie de hĂ©ros vivants parmi nous. Il suffit juste de lever la tĂŞte pour les reconnaĂ®tre. M. le PrĂ©sident, votre sĂ©jour Ă  la Haye est surtout la preuve probante que l’impĂ©rialisme n’a pas de mĂ©moire. ObligĂ© de remâcher ses vomis. Car alors il aurait dĂ©jĂ  dĂ» comprendre que c’est en prison que Malcom X, en vĂ©ritable autodidacte, s’est vĂ©ritablement libĂ©rĂ© des chaĂ®nes de l’ignorance et de l’esclavage; Que Madiba Mandela, en 27 ans d’emprisonnement, comme dans la dialectique hĂ©gĂ©lienne du maĂ®tre et de l’esclave, a rĂ©ussi Ă  humaniser ses geĂ´liers, devenant par sa grandeur d’esprit leur nouveau maĂ®tre. Non, M. le PrĂ©sident, en vous mettant aujourd’hui en prison, l’impĂ©rialisme n’a toujours pas compris pourquoi l’oiseau «chante de libertĂ© en cage». Il n’est donc pas vrai de croire, comme eux, qu’avec votre incarcĂ©ration, le combat est terminĂ©. Il ne fait que commencer pour nous, car tant que la nuit sera longue, nous aurons toujours besoin de la lumière. Et voici venir des messagers rĂ©signĂ©s qui annoncent des lendemains incertains pour l’Afrique. Comme le poète noir-amĂ©ricain Langston Hugues au siècle dernier, ils poussent un cri de dĂ©sespoir et de peur:
« Nous crions parmi les gratte-ciel
Comme nos ancĂŞtres criaient parmi les palmiers d’Afrique
Car nous sommes seuls
Et nous avons peur.»

Non, M. le PrĂ©sident, nous ne retournerons pas boire une deuxième fois Ă  la mĂŞme source de la peur et de l’esclavage, cette histoire ne se rĂ©pĂ©tera pas pour nous. Non, on ne trompera pas le peuple Africain tout le temps. Non, M. le PrĂ©sident, nous n’avons pas peur! Nous n’avons plus peur ! Nous ne tremblons plus au son de leur trompette, nous ne prenons plus la fuite devant les tirs de leurs kalachs ; devant la furie de leurs roquettes, bombes et missiles, nous avançons libres et soudĂ©s ; devant leurs armes chimiques et bactĂ©riologiques, nous bombons le torse. Mains nues, nous avançons : plus peur de leur canon, plus peur de leur prison, plus peur de leur mensonge, plus peur de la mort car seul l’esclave a peur. L’homme libre n’a pas peur. Et c’est pourquoi nous sommes obligĂ©s d’avancer. Parce que nous sommes libres. Nous savons qu’ils tremblent de panique derrière leur viseur, qu’ils transpirent de peur derrière leur canon, que dans leur quartier gĂ©nĂ©ral ils manquent de maĂ®trise, qu’ils sont mal Ă  l’aise. Parce qu’ils savent que l’arme la plus redoutable, c’est nous qui l’avons: le peuple debout et libre! Nous, la jeunesse africaine, sommes debout Ă  vos cĂ´tĂ©s pour continuer avec vous le combat. Nous, la jeunesse africaine d’aujourd’hui, ne sommes plus prisonniers du «complexe d’Ulysse», en quĂŞte d’identitĂ©. Notre mission est Ă  vos cĂ´tĂ©s, dans le combat pour la libĂ©ration de l’Afrique. Non, M. le PrĂ©sident, vous n’ĂŞtes pas seul! Nous l’avons compris, que nos hĂ©ros sont leurs dictateurs, nos patriotes leurs criminels. Nous l’avons compris, que nos bourreaux sont leurs hĂ©ros. Les traĂ®tres de notre peuple sont distinguĂ©s et couronnĂ©s par eux: Senghor, etc. Nous l’avons compris, qu’ils distinguent Ă  prĂ©sent du prix Nobel ceux des nĂ´tres qui vont servir leur cause: Barak Obama, Ellen Johnson Sirleaf. Nous l’avons compris, qu’ils mettent aux avant-postes les nĂ´tres pour mieux nous atteindre et nous confondre: Fatou Bensouda

Jacques Owono

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Jamais nous ne dormirons plus. Jamais nous n’accepterons plus de prendre la place d’esclave qui prie et remet tout entre les mains de Dieu. Non, Dieu ne combat pour personne, pas mĂŞme pour le peuple juif qui a fini par le comprendre et s’est dotĂ© de la bombe nuclĂ©aire. Dieu nous a donnĂ© l’intelligence et la libertĂ© de discerner entre la paix et la guerre et de choisir Ă©videmment la paix. Alors, si le voisin cherche palabre contre nous, quitte Ă  nous de trouver les moyens de notre dĂ©fense. Dieu, jamais ne lèvera son petit doigt pour nous sortir de nos prisons, parce que ce n’est pas lui qui nous a mis lĂ . Le soleil de nos libertĂ©s ne finira par briller sur nous que si nous-mĂŞmes acceptons dĂ©jĂ  de quitter les creux impossibles de nos prisons oĂą ses reflets ne peuvent nous atteindre. Si nous continuons religieusement Ă  subir, sans rĂ©agir, il faudra bien ne pas se plaindre par la suite, car les «cris qu’on pousse ne rĂ©veilleront jamais plus personne.». Personne ne nous interdira donc de lutter, de revendiquer notre passĂ©. Nous n’avons pas besoin de l’inventer, car un passĂ© plus grand et glorieux n’existe nulle part. Nous avons simplement besoin de le reprendre Ă  ceux qui nous l’ont volĂ© et falsifiĂ© sans honte, comme de petits enfants voleurs de bonbons Ă  l’Ă©tal. M. le PrĂ©sident, comme j’aurais aimĂ© marcher sur les chemins de notre libertĂ© aux cĂ´tĂ©s de mon père, ce guerrier africain qui m’a appris dès le bas âge le sens de la bravoure, du courage et du devoir. HĂ©las, il nous a quittĂ©s il y a quelques annĂ©es. Paix Ă  son âme ! Mais le combat de votre fils, Michel, Ă  vos cĂ´tĂ©s; celui de Mouatassim, mort aux cĂ´tĂ©s de son père, le vaillant guerrier et martyr Mouammar Kadhafi, afin que nous soyons libres en Afrique m’a redonnĂ© espoir et dignitĂ©; ainsi qu’Ă  toute la jeunesse africaine.

VoilĂ  pourquoi rien ne nous fera plus reculer. Car arrive toujours un moment oĂą le cri humain se fait entendre, car c’est au cri qu’on reconnaĂ®t l’homme. Et un homme qui crie n’est pas comparable Ă  un chien qui aboie. Un homme qui crie n’est pas un ours qui danse. Et aujourd’hui, la jeunesse africaine crie: Assez! Y en a marre! Marre de voir nos ressources exploitĂ©es au dĂ©triment de nos populations; marre de voir nos s urs violĂ©es, nos mères dĂ©shonorĂ©es, nos pères humiliĂ©s dans leur dignitĂ© d’hommes; Marre de voir notre jeunesse sacrifiĂ©e et son avenir hypothĂ©quĂ©. Qui donnera une sĂ©pulture digne Ă  tous nos morts en Afrique? Qui commĂ©morera nos martyrs? Lorsqu’on tue les sages, emprisonne les historiens, traĂ®ne au sol nos dirigeants, qu’en sera-t-il du commun des mortels? Mais loin d’ĂŞtre tristes ou rĂ©signĂ©s, notre espĂ©rance est grande, car une nouvelle Ă©toile est nĂ©e, celle qui guidera dĂ©sormais nos pas vers la libertĂ© totale. Aujourd’hui, Madiba Mandela peut transmettre le tĂ©moin de la lutte et chanter tranquillement le Nunc dimittis comme le fit le vieux SimĂ©on qui, tenant le petit JĂ©sus entre ses mains, remercia le ciel d’avoir vu de ses yeux l’Ă©toile vivante qui sauverait son peuple. M. le prĂ©sident, lorsque de votre cellule vous pourrez voir un oiseau voler libre dans le ciel triste, pensez-y, c’est la jeunesse africaine libre qui vole Ă  vos cĂ´tĂ©s. Lorsque le soir, dans la douceur et le calme de la nuit, vous pourrez Ă©couter de votre cellule le vent murmurer au dehors, pensez-y, M. le PrĂ©sident, c’est le chant de tous les combattants de la libertĂ© qui vous disent Ă  l’unisson que: Misiki itam! Vous n’ĂŞtes pas seul! You will never walk alone! Sie sind nicht allein! Inschallah! Amen.

Vive l’Afrique libĂ©rĂ©e!
Vive notre humanité libre!

Ps: j’ai encore tellement Ă  vous dire, mais je crains qu’une si longue lettre ne puisse ĂŞtre publiĂ©e. Je vous Ă©crirai de nouveau le mois prochain, inschallah! Portez-vous donc bien, M. le PrĂ©sident. Bonnes fĂŞtes de NoĂ«l et de fin d’annĂ©e. Bon courage!


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