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L’ordre des mĂ©decins exige la fermeture de plus de 20 Ă©coles privĂ©es de mĂ©decine

Pour le rĂ©gulateur, la majoritĂ© des institutions privĂ©es de l’enseignement supĂ©rieur ne rĂ©unit pas les critères exigĂ©s et ne garantissent pas une formation de qualitĂ©

Trois facultés et 26 écoles privées
Au Cameroun, la formation en mĂ©decine est assurĂ©e par trois facultĂ©s de mĂ©decine, toutes rattachĂ©es aux universitĂ©s d’Etat. Il s’agit de l’universitĂ© de YaoundĂ© I, BuĂ©a et Douala. A cĂ´tĂ© de ces Ă©coles publiques, il y a une multiplicitĂ© d’autres Ă©coles privĂ©es qui prĂ©tendent offrir la mĂŞme formation. Sur ce point, le Cameroun est gâtĂ©. Et bat mĂŞme les records d’Afrique. Avec 26 IPES (institutions privĂ©es de l’enseignement supĂ©rieur) qui, pour certaines, ont nĂ©gociĂ© la tutelle des universitĂ©s d’Etat. C’est trop pour l’Ordre national des mĂ©decins du Cameroun (ONMC). « C’est mĂŞme anormal dans un pays qui se veut moderne », tranche d’entrĂ©e de jeu le prĂ©sident en exercice de l’ONMC. «Tous les pays d’Afrique noire ont maximum deux Ă  trois facs », souligne Guy Sandjon de la polyclinique de l’aĂ©roport, en formulant une question de taille. «Comment peut-on expliquer la prĂ©sence de trois fac et de 26 institutions privĂ©es ? » C’est la question centrale pour le ministère de la santĂ© publique (MINSANTE) et du ministère de l’enseignement supĂ©rieur (MINESUP).

Constatations
L’ONMC qui est garant de la santĂ© publique, bien qu’intervenant en aval, a dĂ©cidĂ© de voir clair sur ce qui se passe en amont. « Pour le bien de tous les Camerounais », prĂ©cise Guy Sandjon. Les constations donnent du palu. On apprend que la politique de la formation mĂ©dicale aux IPES ne rĂ©unissant pas les critères exigĂ©s dans ce secteur ne semble pas garantir une formation de qualitĂ© pour quatre raisons. L’insuffisance d’infrastructures pĂ©dagogiques appropriĂ©es, l’insuffisance d’enseignants qualifiĂ©s autonomes, le manque d’hĂ´pitaux d’application autonomes appropriĂ©s et l’inadaptation entre capacitĂ©s de formation et effectifs de recrutement. Ce n’est pas tout. La pratique de la tutelle acadĂ©mique des IPES par les universitĂ©s d’Etat constitue un rĂ©el problème. D’après l’ONMC, elle conduit aux dysfonctionnements « car sources de dĂ©tournement des enseignants d’Etat au profit desdites IPES, avec pour consĂ©quence une baisse de la qualitĂ© de la formation au sein des facs d’Etat et dans l’ensemble du pays ». Bien plus, l’ONMC constate que la baisse de la qualitĂ© de la formation mĂ©dicale actuelle est porteuse Ă  terme de menaces rĂ©elles sur la santĂ© des populations, que les IPES de formation mĂ©dicale ne constituent pas une solution garantissant une formation mĂ©dicale de qualitĂ© pour les besoins, et que la production potentielle au sein des IPES de jeunes mĂ©decins de formation douteuse et en quantitĂ© non adaptĂ©e aux besoins du pays est une source de problèmes sociaux. C’est un vĂ©ritable coup de gueule. Guy Sandjon enfonce le clou. « Un mĂ©decin mal formĂ© est plus dangereux qu’un gendarme armĂ©, parce qu’il a le permis de tuer », relève-t-il. «Non Ă  la formation sous cette forme ! », martèle le prĂ©sident de l’Onmc, mĂŞme s’il reconnait quelques-unes sĂ©rieuses dans le lot. Au trop trois. C’est pourquoi il demande au gouvernement de fermer le reste.

Sept solutions


Cette position a Ă©tĂ© dĂ©fendue par Guy Sandjon ce mercredi 23 novembre 2011, lors d’une confĂ©rence de presse qui s’est dĂ©roulĂ©e dans les locaux de l’antenne de l’ONMC de Douala. Guy Sandon Ă©tait entourĂ© par le vice-prĂ©sident de l’ordre national des pharmaciens, le reprĂ©sentant rĂ©gional de l’ordre national des chirurgiens et du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du syndicat national des mĂ©decins privĂ©s. Les trois hommes ont entièrement partagĂ© l’argumentaire de l’ONMC et sont engagĂ©s dans le mĂŞme combat. Avant le 23, le mĂŞme problème Ă©tait au c ur des travaux de l’AG de l’ONMC tenu le 19 novembre 2011 Ă  YaoundĂ©, oĂą le mĂŞme argumentaire a Ă©tĂ© dĂ©ployĂ© avec beaucoup plus de vitalitĂ©. Pour prĂ©server le prestige du mĂ©tier de mĂ©decin, l’ONMC propose sept solutions au gouvernement. Entre autres, la suspension ou le gel d’autorisations de crĂ©ation et d’IPES, l’Ă©valuation des IPES actuelles par des instances indĂ©pendantes et qualifiĂ©es, la fermeture de celles ne rĂ©pondant pas aux critères et normes exigĂ©s, le renforcement des capacitĂ©s des Facs d’Etat du Cameroun. D’après l’ONMC, 6400 mĂ©decins sont actuellement inscrits au tableau de l’ordre et sont pour la plupart concentrĂ©s dans deux villes, YaoundĂ© et Douala. Certains refusant d’aller travailler dans les villes reculĂ©es. C’est un autre chantier de l’ordre. Tout comme celui de l’exercice illĂ©gal de la fonction objet aussi de la confĂ©rence de presse susdite. Sur le dernier point, Guy Sandjon annonce une opĂ©ration de force pour mettre hors d’Ă©tat de nuire ces « charlatans ».

L’ordre des mĂ©decins exige la fermeture de plus de 20 Ă©coles privĂ©es de mĂ©decine au Cameroun

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