Politique â€ș Institutionnel

Lutte contre la corruption au Cameroun: L’arrestation de Marafa fait des vagues

Une organisation dĂ©nommĂ©e comitĂ© national contre l’instrumentalisation de la justice, parle de rĂšglement de compte politique

L’opinion publique est de plus en plus plongĂ©e dans le dĂ©bat sur les derniĂšres Ă©volutions au Cameroun de l’opĂ©ration dite « Ă©pervier », visant Ă  rĂ©primer les atteintes qui ont Ă©tĂ© faites Ă  la fortune publique. Dans un communiquĂ© distribuĂ© aux mĂ©dias, un groupe de personne se faisant connaĂźtre sous l’appellation de comitĂ© national contre l’instrumentalisation de la justice, fait savoir que l’arrestation de Marafa est le rĂ©sultat d’un complot.

C’est clair, il s’agit d’une stratĂ©gie politicienne et KafkaĂŻenne ourdie par BIYA et les siens qui a pour objectif principal d’Ă©liminer un vĂ©ritable homme politique populaire et capable comme l’a remarquĂ© l’ambassadeur des USA dans Wikileaks, en le condamnant Ă  une peine infamante et affligeante lui ĂŽtant son Ă©ligibilitĂ©.

comitĂ© national contre l’instrumentalisation de la justice

Selon les auteurs de la lettre, plusieurs indices permettent de soutenir cette position. La crĂ©dibilitĂ© du juge en charge de l’affaire est mise en cause. Le communiquĂ© apprend qu’il ne doit sa place qu’Ă  un conseiller spĂ©cial du prĂ©sident et aurait tentĂ© d’extorquer de l’argent Ă  Marafa du moment qu’il Ă©tait ministre d’Etat. Le deuxiĂšme argumentaire repose sur des notes que monsieur Sadi ancien secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du parti (RDPC) et actuel remplaçant de Marafa, aurait eu avec l’ancien ministre de la dĂ©fense Amadou Ali, aujourd’hui Ă  la prĂ©sidence. Dans la correspondance, apprend-on, il Ă©tait exclusivement question de Marafa, fait savoir le communiquĂ©.

Cette campagne mĂ©diatique qui divise les opinions mĂȘme dans le forum des journalistes est une nouvelle Ă©tape des manifestations qui sont survenus aprĂšs l’arrestation de l’ancien ministre de l’administration territoriale. En milieu de semaine passĂ©e, on a appris que des jeunes de la ville de Garoua, la principale ville de la rĂ©gion du Nord, ville d’origine de Marafa Hamidou Yaya, avaient boudĂ© l’installation d’un gouverneur. Chez les observateurs avertis, il y a aussi une divergence des opinions, mais sans vĂ©ritable tendance partisane. « C’est un faux dĂ©bat, Marafa a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© injustement et tout le reste, il n’est pas le seul Ă  ĂȘtre arrĂȘtĂ©, il y a Ă  Kodengui une dizaine de ministres, un ancien premier ministre, des dizaines de directeurs gĂ©nĂ©raux et d’administrations, lĂ  aussi c’est un coup montĂ© ? Non. Je crois que les gens dĂ©lirent complĂštement. Il y a un fait, ces responsables ne peuvent pas ĂȘtre des innocents. J’apprends que Marafa Ă©tait PDG d’entreprises, c’est son salaire de fonctionnaire qui lui a donnĂ© ces moyens-lĂ  ? Peuvent-ils jurer qu’ils n’ont rien fait la main sur le c ur ? », S’exprime pour sa part François M, fonctionnaire dans un ministĂšre Ă  YaoundĂ©. Pour d’autres par contre, si la prĂ©somption de culpabilitĂ© des dirigeants camerounais peut ĂȘtre forte, c’est la maniĂšre dont la justice est rendue qui peut poser problĂšme. « Il est difficile d’ĂȘtre dans le gouvernement de Biya et ne pas voler. Il y a trop de failles dans le systĂšme dans un rĂ©gime oĂč le parti et l’Etat se mĂ©langent encore. Mais voilĂ  tout semble indiquer que l’opĂ©ration Ă©pervier comme beaucoup d’autres choses d’ailleurs est dĂ©sormais pilotĂ©e par la PrĂ©sidence. Une preuve de cela, le chef de l’Etat plutĂŽt que de nommer un magistrat habituĂ© des dossiers en instance, a prĂ©fĂ©rĂ© prendre un conseiller de la prĂ©sidence, fusse-t-il magistrat de formation. C’est clair, que dans ce schĂ©ma, la prĂ©sidence aura un fort impact sur le dĂ©roulement des procĂšs. Il n’est donc pas Ă  exclure que des gens convaincus de corruption et soupçonnĂ©s de de vouloir prendre la place du Khalife (prĂ©sident), se verront tapĂ©s dessus. Du coup la marge est trĂšs mince entre rĂšglement de compte et application de la justice », explique pour sa part un autre observateur de ces Ă©vĂšnements. A l’arrestation d’Yves Michel Fotso, on avait aussi parlĂ© d’organiser les marches, les initiatives s’Ă©taient aussitĂŽt estompĂ©es.

Une organisation parle de rĂšglement de compte politique Ă  propos de l’arrestation de Marafa Hamidou Yaya

Journalducameroun.com)/n

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