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Martin Camus Mimb: «Ne rien dire pour nuire, ne rien taire pour plaire»

Le journaliste sportif camerounais a une expérience professionnelle unique dans son domaine

Samuel Eto’o ne voulait personne d’autre pour rĂ©aliser son interview
EngluĂ© dans des polĂ©miques au lendemain du match Cameroun vs SĂ©nĂ©gal oĂą les lions indomptables ont quasiment perdu tout espoir de qualification, le capitaine des lions veut expliquer aux camerounais un ensemble de faits dont il est tenu pour principal responsable: Avant de rĂ©aliser l’interview que nous lui avons faite, Samuel Eto’o m’a avouĂ© qu’on lui a dit que ce n’est que chez moi qu’il pouvait faire cette interview, un choix orientĂ© grâce au professionnalisme et Ă  la crĂ©dibilitĂ© dont jouit Martin Camus Mimb. Certains l’appellent affectueusement le «pitchitchi du micro» en reconnaissance Ă  son talent, un talent qui prend son encrage alors mĂŞme que Martin fait encore ses classes du secondaire. Je commence ce mĂ©tier au lycĂ©e bilingue d’EdĂ©a oĂą je suis le prĂ©sident du club journal, en fait une sorte de rĂ©dacteur en chef qui devait veiller sur le contenu, Ă©crire des articles.et nous rendions en gĂ©nĂ©ral compte des activitĂ©s scolaires telles que les interclasses. J’ai aussi assumĂ© ce rĂ´le au lycĂ©e classique d’EdĂ©a et mĂŞme Ă  l’universitĂ© de Douala oĂą j’ai continuĂ© mes Ă©tudes.

C’est d’ailleurs dans cet Ă©tablissement acadĂ©mique que ce qui n’Ă©tait jusque lĂ  qu’une simple passion de jeunesse prend une tournure professionnelle: J’arrive Ă  l’universitĂ© de Douala oĂą je fais sociologie et communication, Ă  priori une filière qui venait d’ĂŞtre inaugurĂ©e et qui avait pour vocation de former les communicateurs d’entreprise et des journalistes. A partir de lĂ  je suis collaborateur des sports Ă  la Crtv -fm105- et par la suite chef service des sports Ă  Dikalo. La conciliation entre ses activitĂ©s scolaire et acadĂ©mique avec le journalisme ne semble pourtant pas lui poser de problèmes particuliers. J’ai eu la chance de tomber sur des proviseurs qui aimaient beaucoup les activitĂ©s culturelles, donc qui encourageaient les jeunes Ă  les pratiquer. En plus nous exercions Ă  des heures de pause. Grâce Ă  cet encadrement Martin Camus crĂ©e en 1992 le club journal du lycĂ©e bilingue d’EdĂ©a, ce qui coĂŻncide avec le nouveau statut de l’Ă©tablissement qui autrefois Ă©tait C.E.S. bilingue. Par contre, au niveau universitaire cet aisance n’est plus la mĂŞme, les multiples engagements corsent le dĂ©ploiement du nĂ©o-journaliste: En effet il fallait suivre les cours et assurer les engagements que j’avais avec la fm105, par ailleurs les responsables n’aimaient pas ce que nous faisions, certains pensaient que le club journal s’Ă©tait la prĂ©paration d’une rĂ©volution, ainsi nous avions Ă©tĂ© censurĂ©s, les parutions Ă©taient parfois interdites, nous avions Ă©tĂ© traduits au conseil de discipline. Donc la difficultĂ© n’Ă©tait pas systĂ©matiquement au niveau de la conciliation entre les Ă©tudes et la pratique de ce mĂ©tier mais parce qu’on ne pouvait pas fonctionner sereinement.

Martin Camus Mimb, journaliste sportif

Journalducameroun.com)/n

L’Ă©quipe type pour se venger de la Crtv


Le vĂ©ritable contact permanent avec le micro se fait Ă  travers une Ă©mission -chaude frĂ©quence- crĂ©Ă©e par Jacques Logmo Ă  la fm105: Fort de mon statut de correspondant que j’Ă©tais Ă  EdĂ©a lorsque j’arrive Ă  Douala, c’est tout naturellement qu’on m’intègre. Il y avait des personnes très ouvertes comme LĂ©onard Châtelain, LĂ©on Bernard Gara, Serges Pouth. Il faut avouer que nous n’Ă©tions pas rĂ©munĂ©rer et notre salaire c’Ă©tait de passer Ă  la radio. Jusque lĂ , le pitchitchi du micro ne c’Ă©tait pas encore spĂ©cialisĂ© dans le journalisme sportif, une situation qui se prĂ©cise lors d’une occasion fortuite: En 1996, j’Ă©tais collaborateur de Dikalo et ce canard lors de la finale de la Coupe du Cameroun de football n’avait envoyĂ© personne en couverture. Le rĂ©dacteur en chef m’a demandĂ© de regarder le match Ă  la tĂ©lĂ© et d’en faire le compte rendu. Il a Ă©tĂ© très satisfait du rĂ©sultat. L’expĂ©rience accumulĂ©e permet Ă  Martin Camus de vĂ©ritablement voler de ses propres ailes notamment Ă  «radio Ă©quinoxe» qu’il intègre et devient rĂ©dacteur en chef des sports avec des collègues qui composent ce qu’ils appellent «l’Ă©quipe type», on retrouve Ă  ses cotĂ©s Nana Paul Sabin, Nathalie Wakam, HervĂ© K, Carole Yemelon. J’avoue que le nom qu’on s’Ă©tait choisi n’arrangeait pas tout le monde Ă  la radio, encore moins le promoteur, les gens trouvaient qu’on Ă©tait prĂ©tentieux. Notre objectif c’Ă©tait de faire oublier la fm105 car la plus grosse injustice qu’on a subi lĂ  bas Ă©tait de n’avoir pas Ă©tĂ© recrutĂ© alors qu’il y en avait qui Ă©tait moins compĂ©tent mais intĂ©grĂ©. Après six ans d’expĂ©rience Ă  la radio puis Ă  la tĂ©lĂ© Ă©quinoxe, Mimb s’en vole vers de nouvelles aventures, la nouvelle cible est Stv: Quand je rentre de la Coupe d’Afrique des Nations 2008, j’ai un projet de dĂ©mission, mais la radio traverse des dĂ©boires et est fermĂ©e trois mois après, en plus du comportement du patron j’officialise mon dĂ©part.

Le visage camerounais de Canal+
La chaĂ®ne de tĂ©lĂ© privĂ©e apparait aussi comme un dĂ©clic vers une expĂ©rience internationale: 5 mois après mon arrivĂ©e Ă  Stv, Mactar Silla l’ancien directeur gĂ©nĂ©ral m’envoie en stage Ă  Dakar oĂą Canal France Inter (Cfi) forme des journalistes dans le commentaire des meetings d’athlĂ©tisme. LĂ  bas je suis l’un des meilleurs et HĂ©di Hamel le rĂ©dacteur en chef de Cfi me dit que je serai bon dans les commentaires du football. Cfi lance par la suite un concours dans les pays francophones pour recruter des commentateurs de football et mon dossier est retenu pour faire un stage Ă  Paris. Parmi les experts qui dirigent le stage on retrouve Philippe Doucet entre autre. Au bout du stage je suis le meilleur et je suis retenu pour aller commenter en 2009 la Coupe des confĂ©dĂ©rations en Afrique du sud, ensuite la Coupe du monde en 2010 après plusieurs stages Ă  l’issue desquels sur les 200 que nous Ă©tions au dĂ©part, on n’en a retenu que 4. Ce parcours s’achève par la finale de cette compĂ©tition oĂą Martin Camus Mimb assure le commentaire. La belle expĂ©rience lui vaut aujourd’hui d’ĂŞtre l’un des correspondants africain de Canal+. Face aux multiples pressions dont il est parfois l’objet, pour lui, seul le professionnalisme est le meilleur gage de protection: Quand tu fais bien ton travail tu inspires du respect, mĂŞme ton dĂ©tracteur le plus dĂ©terminĂ© ne peut s’en prendre Ă  toi car il a justement du respect pour toi. Celui dont la devise est: Ne rien dire pour nuire ne rien taire pour plaire est nĂ© le 5 Octobre 1973 Ă  Mouanko, dans le dĂ©partement de la Sanaga maritime. MariĂ©, Martin Camus Mimb est aussi père de 3 enfants et titulaire d’une licence en sociologie.

Martin Camus et Harry Roselmack

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