PersonnalitĂ©s â€ș Jeunes talents

Olivier Madiba : Nous voulons faire entrer l’Afrique dans l’univers du jeu vidĂ©o

Son projet de créer un programme ludique avec des valeurs africaines séduit de nombreuses personnes il en explique les contours

Vous venez de conclure avec deux confĂ©rences d’appel aux investisseurs sur le projet que votre groupe appelle Kiro’o games avant de revenir sur le bilan de ces confĂ©rences une question, c’est quoi le Kiro’o Games?
Kiro Games pour notre Ă©quipe c’est trois choses :
CrĂ©er un genre « KIRO’O TALES » : KIRO’O vient de KIROHO MAONO en swahĂ©li qui signifie « Vision Spirituelle » donc « Kiro’o Tales » veut dire « Contes de Vision Spirituelle ». Il s’agit de crĂ©er un genre complet, avec des rĂšgles de narration, des rĂšgles visuelles et des rĂšgles sonores. Je dis « Genre » au mĂȘme titre que la science-fiction, le mĂ©diĂ©val, etc. sont des genres avec leurs rĂšgles prĂ©cises de crĂ©ativitĂ©s. La particularitĂ© du Kiro’o Tales sera donc de proposer une mĂ©thodologie pour crĂ©er des histoires et des mondes fantastiques, inspirĂ©s des mythes et traditions de l’Afrique.
Ouvrir un studio de jeu KIRO’O GAMES : le premier studio professionnel de jeu vidĂ©o au Cameroun qui exploitera la mĂ©thodologie Kiro’o Tales.
CrĂ©er des jeux inspirĂ© Kiro’o, tel que AURION : Le studio rĂ©alisera donc des jeux basĂ©s sur notre mĂ©thodologie, que nous vendrons Ă  l’Ă©tranger (USA, Europe) et en Afrique. Les jeux seront disponibles en tĂ©lĂ©chargement payant ou gratuits selon les sources de financements.

Pourquoi le prĂ©senter au grand public et notamment aux investisseurs et quelle a Ă©tĂ© l’impact de cette initiative notamment Ă  Douala et Ă  YaoundĂ©?

Les confĂ©rences n’avaient pas le mĂȘme but dans notre stratĂ©gie de communication.
A YaoundĂ© : nous voulions surtout communiquer sur l’idĂ©ologie de notre projet et sur son impact culturel et social. Pour nous c’est le plus important, c’est aussi l’Ă©vĂšnement que nous avons voulu le mieux couvert. Son Excellence Mme le Ministre des Arts et de la Culture, nous a fait l’immense honneur de sa prĂ©sence, ainsi que des illustres personnalitĂ©s comme le Professeur NJOH MOUELLE qui nous soutient. Les personnes invitĂ©s, notamment la presse sont repartis agrĂ©ablement surprise et conquises par notre vision. Je pense que l’impact a pu se faire voir dans le buzz mĂ©diatique qui a suivi et qui continue.
A Douala : Nous avons surtout exposĂ© auprĂšs d’investisseurs privĂ©s, sur le contexte, la stratĂ©gie et le potentiel du projet. Les simulations ont Ă©tĂ© apprĂ©ciĂ©es. Nous avons en effet dĂ©cidĂ© de mettre en vente des pourcentages de notre studio. L’achat d’1% est Ă©valuĂ© Ă  un potentiel de marge bĂ©nĂ©ficiaire de 400% d’ici 2017 selon nos simulations pragmatique (voir mĂȘme pessimistes) et nous avons pu le dĂ©montrer.

La question qu’on se pose c’est comment vous est venue l’idĂ©e de ce projet et surtout de ce mode de recherche des partenariats?
Je veux personnellement faire des jeux vidĂ©o depuis plus de 10 ans aujourd’hui. L’idĂ©e de crĂ©er le Kiro’o est plus rĂ©cente (fin 2012) et nous est apparu Ă©vidente au terme d’une veille sectorielle que nous avons rĂ©alisĂ©. Il faut savoir que l’industrie du jeu vidĂ©o vit une crise de crĂ©ativitĂ© et que les coĂ»ts de production (en moyenne 4 ou 5 millions de dollars pour un jeu moyen) rendent difficile le risque d’innovation pour un studio installĂ© en Europe ou aux USA. Pourtant nos simulations montrent que nous pouvons innover Ă  risques rĂ©duits (nous pouvons travailler dans des conditions optimales avec le quart des budgets Ă©trangers). Toutefois, nous avons surtout voulu apporter une pierre significative Ă  cette Afrique qui monte, pour que la jeunesse camerounaise Ă  travers nous (et beaucoup d’autres) dĂ©montre qu’elle sera actrice de son destin et qu’elle sait se donner des ambitions fortes et cohĂ©rentes.
Pour notre mode de recherche de partenariats (vente de pourcentage)

Le projet est pilotĂ© par le groupe MADIA c’est quoi le groupe MADIA?
Le Groupe MADIA est constituĂ© d’une Association et une SARL (Dont je suis Directeur GĂ©nĂ©ral). MADIA a Ă©tĂ© fondĂ© par deux personnes : MADIBA Olivier et NGUIEBOURI MAMIA Patrick. Le mot MADIA vient d’ailleurs d’un jeu de mot entre nos deux noms. L’association MADIA (dont MAMIA Patrick est le PrĂ©sident) est essentiellement orientĂ©e vers des activitĂ©s sociales pour promouvoir « l’informatique utile » en Afrique. Elle reprĂ©sente actuellement le Cameroun dans un projet international d’Ă©change interculturel, financĂ© par la francophonie : PANGAYA.
L’entreprise MADIA Sarl rĂ©alise des prestations informatiques pour des institutions publiques et privĂ©s, ainsi que pour des particuliers. Nous nous sommes fait un nom notamment dans la crĂ©ation des sites webs sur mesure de qualitĂ© internationale. Le groupe veut aujourd’hui s’agrandir en crĂ©ant le premier studio professionnel de jeu vidĂ©o au Cameroun, Kiro’o Games.

Votre projet on l’a vu, bĂ©nĂ©ficie du soutien du gouvernement Ă  travers le ministĂšre de la Culture, c’est le lieu de nous prĂ©ciser l’intervention et la portĂ©e de la prĂ©sence de ce dĂ©partement ministĂ©riel dans votre projet?

Nous avons bĂ©nĂ©ficiĂ© de l’Ă©norme soutien technique du MinistĂšre des Arts et de la Culture, dont l’Ă©quipe trĂšs dynamique et guidĂ©e par la ministre AMA TUTU MUNA nous a coachĂ© pour l’organisation de l’Ă©vĂšnement afin que ce dernier transparaisse du sĂ©rieux de la nouvelle dynamique du Cameroun Ă©mergeant. Je pense que c’est une trĂšs grande marque d’encouragement du Gouvernement Camerounais pour la jeunesse qui ose avec sĂ©rieux. Le MinistĂšre nous soutiendra Ă©galement techniquement pour la crĂ©ation du « Kiro’o Tales » (le genre en crĂ©ation) en nous permettant de profiter des ressources culturelles qui sont Ă  sa dispositions (musĂ©e de l’art, Centre Culturel Camerounais, etc.)


On va parler du promoteur de MADIA vous-mĂȘme Olivier MADIBA qui ĂȘtes-vous quel est votre parcours?
Je suis NĂ© le 10 Octobre 1985 Ă  Douala, je fais mes Ă©tudes primaires Ă  YaoundĂ© au Centre Ă©ducatif d’Ekoudou Bastos et mon secondaire Ă  Douala oĂč j’obtiens un baccalaurĂ©at C au lycĂ©e Joss de Douala. J’arrive Ă  l’universitĂ© de YaoundĂ© 1, oĂč je passe une annĂ©e en mathĂ©matique pour finalement m’orienter en filiĂšre informatique oĂč j’obtiens ma licence en 2009. Polyvalent, je suis Ă  la fois scientifique et littĂ©raire et je publie mon premier roman Jour et Nuit, un conte initiatique en 2009.
En 2007, Ă  22 ans, face aux difficultĂ©s locales et le manque de perspectives en fin de formation pour les Ă©tudiants camerounais, je monte sans financements (capital de dĂ©part 25 000 FCFA) avec des camarades de FAC, notamment « NGUIEBOURI Mamia Patrick » le Groupe MADIA (nom issu d’un jeu de mot entre MAMIA et MADIBA) constituĂ© Ă  ce jour d’une Association et d’une Entreprise dont le but est de promouvoir l’informatique et l’Internet utile pour l’Afrique.

AprĂšs 5 annĂ©es Ă  me forger sur le terrain difficile de l’entreprenariat camerounais, j’ai dĂ©cidĂ© de lancer le groupe MADIA sur les traces de mes premiĂšres vraies ambitions : positionner l’Afrique sur le secteur des jeux vidĂ©o. Pragmatique et stratĂ©gique, mon Ă©quipe Ă  analyser une panne et un besoin de crĂ©ativitĂ© actuelle du secteur, ainsi qu’une forte tendance Ă  la dĂ©localisation et aux investissements dans les zones du tiers monde de la part des acteurs du monde vidĂ©oludique (Ă©diteurs, studios, etc.) qui veulent allĂ©ger les coĂ»ts de production. Toutefois, mon ambition va plus loin que servir de simple main d’ uvre pour des jeux classiques. Je propose le challenge de la crĂ©ation d’un nouveau genre basĂ© sur une vision « fantastique » de la tradition africaine, tout en gardant un aspect universel pour une meilleure appropriation par toute les cultures : Le Kiro’o Tales. Mon ambition est de fournir une dĂ©bouchĂ©e aux talents des jeunes informaticiens et artistes africains, en permettant Ă  la culture africaine de se sublimer, en proposant un nouveau paradigme de pensĂ©e et actions au monde.

Olivier Madiba, crĂ©ateur de KIRO’O GAMES

Madia group)/n

Vous recevez dĂ©jĂ  des propositions oĂč en ĂȘtes-vous en pourparlers ?

Nous avons Ă©tĂ© contactĂ©s par des groupes d’investisseurs privĂ©s, et les procĂ©dures sont en marche. Disons que nous sommes en trĂšs bonne voie pour avoir notre investissement. Nos potentiels partenaires ont pu saisir l’opportunitĂ© que nous leur offrons. Nous sommes toutefois ouverts Ă  d’autres investisseurs avant que la vente ne soit bouclĂ©e.

Vous vous attaquez au marchĂ© du jeu vidĂ©o lĂ  oĂč des gĂ©ants sont dĂ©jĂ  implantĂ© qu’est-ce qui vous motive et vous maintient en confiance dans votre projet?
Disons que nous avons la finesse d’esprit de ne pas nous poser en « adversaire » des lobbies Ă©tranger du secteur, mais en partenaire. Nous pensons en effet travailler Ă©troitement avec eux quand nous aurons fait nos preuves en indĂ©pendants pour faciliter notre pĂ©nĂ©tration du secteur et bĂ©nĂ©ficier de leurs expĂ©riences. De plus comme j’ai dit plus haut, nous pensons qu’ils ont besoin de nous pour se renouveler, ceux qui sauront ĂȘtre assez visionnaires pour devenir nos premiers partenaires auront un avantage certains sur la concurrence.

Un dernier mot?
Pour finir je remercie dĂ©jĂ  votre journal pour nous avoir accordĂ© de l’intĂ©rĂȘt. Et je demanderais humblement aux jeunes camerounais et Africains de continuer Ă  croire en eux, et surtout d’agir pour le plus grand bien de l’humanitĂ© dans leurs projets. Nous avons un leitmotiv Ă  MADIA : Le rĂ©alisme c’est trouver un moyen rationnel d’atteindre un but magnifique. Je prendrais aussi pour paroles inspirante les mots de S.E Mr Paul Biya le PrĂ©sident de la RĂ©publique du Cameroun, qui nous a dit d’Oser malgrĂ© toutes les difficultĂ©s. Car au final c’est ça ĂȘtre Camerounais : avancer lĂ  oĂč personne ne vous attends et contribuer Ă  la fiertĂ© d’une nation, d’un continent. Nous ferons de notre mieux pour Ă©voluer dans cette aventure, et nous ne remercierons jamais assez le MinistĂšre des Arts et de la Culture pour son dynamisme Ă  nos cĂŽtĂ©s. Le projet Ă©tant pluri dimensionnel (culturel, informatique, etc.), nous espĂ©rons que d’autres soutiens se sentiront en synergie avec nous et nous appuierons. Merci.


Madia group)/n

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

À LA UNE
Retour en haut