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Le président investi Jovenel Moïse appelle à l’unité nationale à Haïti

Investi mardi, Jovenel MoĂŻse promet de restaurer l’ordre et appelle Ă  l’union nationale pour permettre le dĂ©veloppement Ă©conomique de ce pays

Investi 58e prĂ©sident d’HaĂŻti mardi Ă  Port-au-Prince, Jovenel MoĂŻse promet de restaurer l’ordre et appelle Ă  l’union nationale pour permettre le dĂ©veloppement Ă©conomique de ce pays marquĂ© par l’instabilitĂ© politique depuis la fin de la dictature en 1986.

« Je vous fĂ©licite parce que vous avez choisi la dĂ©mocratie Ă  la place de l’anarchie, le chemin de la paix plutĂ´t que la violence, l’ordre et le progrès au lieu du dĂ©sordre et du brigandage qui fait notre pays reculer« , a dĂ©clarĂ© le nouveau prĂ©sident haĂŻtien, lors de son premier discours officiel mardi en milieu de journĂ©e.

L’homme d’affaires de 48 ans dĂ©bute sa carrière politique en accĂ©dant aux plus hautes fonctions dans le pays le plus pauvre des CaraĂŻbes, après une crise Ă©lectorale qui a paralysĂ© la vie politique nationale pendant un an et demi.

Après avoir remercié ses partisans, M. Moïse a largement focalisé ses propos sur le relèvement économique du pays.

« Je vais travailler pour que les gens de la diaspora qui veulent revenir chez eux puissent le faire sans avoir peur, pour que la diaspora vienne faire des affaires et crĂ©er des emplois et participer vraiment au dĂ©veloppement« , a-t-il poursuivi.

Selon les autoritĂ©s, entre 2 Ă  3 millions de citoyens haĂŻtiens ou d’origine haĂŻtienne vivent Ă  l’Ă©tranger, pour une population dans le pays estimĂ©e Ă  10 millions de personnes.

Plus de 2.000 personnes avaient Ă©tĂ© invitĂ©es Ă  cette passation de pouvoir en plusieurs temps: la prestation de serment au Parlement, suivie d’une cĂ©rĂ©monie religieuse et du premier discours du nouveau chef d’Etat dans la cour du palais prĂ©sidentiel, dĂ©truit lors du sĂ©isme meurtrier de janvier 2010.

Pour de nombreux parlementaires, cette investiture est une preuve de stabilité.

« Le peuple haĂŻtien a parlĂ©: il a choisi de confier les rĂŞnes du pouvoir Ă  un homme jeune, un homme dynamique, un homme qui semble avoir des idĂ©es pour sortir le pays de la misère et de l’instabilitĂ© politique qui freine depuis trop longtemps sa croissance et son dĂ©veloppement« , a relevĂ© Youri Latortue, prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale.

Jovenel MoĂŻse a Ă©tĂ© propulsĂ© sur la scène politique en 2015 par Michel Martelly, Ă©lu prĂ©sident en 2011 et qui voulait faire du propriĂ©taire de bananeraies –surnommĂ© « l’homme-banane » pendant la campagne– son successeur car lui-mĂŞme ne pouvait se reprĂ©senter.

M. Moïse était arrivé en tête au premier tour du scrutin présidentiel en octobre 2015. Mais en raison de contestations et de fraudes massives, le vote avait été annulé.


L’homme d’affaires, qui entend relancer l’Ă©conomie haĂŻtienne grâce Ă  l’agriculture, a finalement Ă©tĂ© Ă©lu prĂ©sident en novembre 2016.

A la fin du mandat de M. Martelly le 7 fĂ©vrier 2016, faute de successeur Ă©lu, le Parlement avait confiĂ© l’intĂ©rim au prĂ©sident du SĂ©nat.

Pour une justice impartiale
Avec un an de retard, la première RĂ©publique noire de l’histoire a donc retrouvĂ© l’ordre constitutionnel avec un prĂ©sident Ă©lu au suffrage universel direct.

Le nouveau prĂ©sident avait annoncĂ© avoir invitĂ© les 53 autres candidats Ă  la prĂ©sidence comme signe de sa volontĂ© d’apaiser le climat politique. Mais sa victoire dès le premier tour reste contestĂ©e par ses principaux concurrents.

« Sous mon administration, jamais, plus jamais la justice et les institutions haĂŻtiennes ne pourront ĂŞtre instrumentalisĂ©es Ă  des fins de persĂ©cutions politiques« , a affirmĂ© l’homme d’affaires, en prĂ©sence notamment de dĂ©lĂ©gations Ă©trangères.

Des propos faisant Ă©cho aux accusations de blanchiment d’argent Ă  son encontre.

A l’Ă©tĂ© 2016, l’UnitĂ© centrale de renseignements financiers a transmis Ă  la justice le rapport confidentiel de son enquĂŞte sur les comptes de M. MoĂŻse, initiĂ©e en 2013 Ă  la suite du signalement d’une institution bancaire.

Le juge d’instruction a remis son rapport au commissaire du gouvernement (l’Ă©quivalent du procureur en HaĂŻti) mais ce dernier n’avait toujours pas lundi soir rendu publique sa dĂ©cision (non-lieu, enquĂŞte complĂ©mentaire ou inculpation).

L’inachèvement de cette procĂ©dure mine la dĂ©jĂ  fragile popularitĂ© du chef d’Etat, qui ne bĂ©nĂ©ficie pas d’immunitĂ© pour une action antĂ©rieure Ă  son mandat.

S’il a gagnĂ© dès le premier tour le 20 novembre avec 55% des suffrages, M. MoĂŻse n’a Ă©tĂ© Ă©lu qu’avec une très faible participation des Ă©lecteurs (21%).

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