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Présidentielle 2018: les indignations et les craintes de la diaspora camerounaise

François Zoomevele Effa ©Droits réservés

 A Monsieur le prĂ©sident, le «Nnome Ngui» et Son excellence  Monsieur l’ambassadeur Ayolo

 Cette lettre, Monsieur le prĂ©sident de la RĂ©publique africaine en miniature, et vous, Son excellence Monsieur l’ambassadeur de ce pays des Lions indomptables en France, oui cette lettre est un reflet du sentiment de vos compatriotes, de votre diaspora en France.

Je voudrais avant toute chose, Monsieur le prĂ©sident de la rĂ©publique, faire une mise au point. Ne vous fâchez pas parce que je vous appelle Monsieur Le prĂ©sident et votre ambassadeur son excellence. C’est normalement comme ça. Si je mens, demandez donc Ă  vos «doungourous» et griots le fameux Ndongo, et Bakari Tchiroma. Avec leur grand français lĂ , ils savent bien qu’on doit s’adresser Ă  vous par Monsieur le prĂ©sident, et c’est Ă  l’ambassadeur et mĂŞme aux ministres que l’ont dit Excellence! Ils vous appellent excellence pour vous flatter comme ça se passe depuis le temps de votre prĂ©dĂ©cesseur Ahidjo. Donc, ne croyez pas que ce soit un crime de lèse-majestĂ© Ă  votre Ă©gard, et aucun complot n’est ourdi contre vous pour vous destituer du haut de vos 35 ans de votre règne.

C’est Ă  cause des futures Ă©lections prĂ©sidentielles que je vous dis notre indignation et nos craintes, nous de la diaspora. Quand, dans les annĂ©es 80 vous preniez le pouvoir, vous dĂ©clariez, au perron de l’ElysĂ©e Ă  l’issue d’une visite Ă  votre patron, le prĂ©sident François Mitterand dont vous vous vantiez d’ĂŞtre le meilleur Ă©lève, vous disiez «qu’il n’y a pas de Camerounais Ă  part, mais des Camerounais Ă  part entière». Or, il se trouve que depuis les dernières Ă©lections prĂ©sidentielles, vous avez donnĂ© la possibilitĂ© Ă  nous, Camerounais de l’Ă©tranger, de pouvoir participer Ă  ce vote. Mais les mascarades, les tohu bohu, et les combines qui avaient fait l’objet de notre impossibilitĂ© – nous de l’Ă©tranger de nous sentir citoyen en participant Ă  cette Ă©lection de nous sentir citoyen Ă  part entière – les «vilaineries» recommencent. C’est Ă  dire que quoi?

Je ne sais pas ce que Elecam est venu faire rĂ©cemment Ă  Paris en vue, nous dit-on de cette prochaine Ă©chĂ©ance Ă©lectorale. Il n’y a eu aucune communication. Pour avoir sa carte Ă©lectorale, et participer Ă  ces Ă©lections, on nous dit qu’il faudrait dĂ©jĂ  avoir sa carte consulaire qui coĂ»te on ne sait combien, et se dĂ©placer jusqu’Ă  Paris ou Marseille pour voter. Calculons la dĂ©pense pour ceux qui habitent les provinces et loin des Consulats. Pour moi qui suis Bisontin, 200 euros de TGV pour aller s’inscrire et voter….Et vos cartes d’Ă©lecteurs mĂŞme lĂ ! Pourquoi les prĂ©sidents et responsables de votre parti RDPC  de France y ont droit alors qu’ils ont la nationalitĂ© française! Il est vrai qu’on vous  soupçonne  mĂŞme d’avoir la nationalitĂ© suisse, mais laissons lĂ  les kongossa.


Cher BarthĂ©lĂ©my, c’est un secret de polichinelle, toute personne intelligente sait que vous allez vous reprĂ©senter, et que vous serez comme d’habitude…Ă©lu; mais de grâce, donnez-nous la possibilitĂ© de nous sentir «Citoyens Ă  part entière»!

Quant Ă  vous excellence, Monsieur l’ambassadeur du pays de Roger Milla, de Manu Dibango, de Calixthe Beyala, de Yannick Noa.., nous espĂ©rons que vous serez l’Ambassadeur de tous les Camerounais. J’ai personnellement refusĂ© de vous rencontrer quand j’ai Ă©tĂ© conviĂ© en tant que «Boulou» Ă  cette rĂ©union tribale dans laquelle on me demandait une participation de 150 euros de surcroĂ®t. Vous ĂŞtes notre ambassadeur Ă  tous. Aussi, cette pĂ©riode prĂ©-Ă©lectorale est une bonne occasion pour que vous et vos services rencontriez vos compatriotes.

Je vous propose de faire et de faire faire des tournĂ©es dans les provinces françaises afin de nous rencontrer. Ce serait, Excellence, une belle occasion de recenser la diaspora et de connaĂ®tre sa rĂ©alitĂ©. Vous serez reçus par les PrĂ©fets et Maires français qui feront plus attentions Ă  nous. Vous saurez combien ce pays regorge de cadres, de spĂ©cialistes camerounais dans tant de domaines (mĂŞme les wolowos,) et qui ne demandent qu’Ă  servir leur pays ! Ce genre de rencontre n’est pas rĂ©servĂ© qu’aux cadres et magouilleurs du parti au pouvoir, vous ĂŞtes l’Ambassadeur non du RDPC, mais du Cameroun que nous aimons, au-delà  de notre unique point de convergence, la joie des victoires des Lions Indomptables.

Il n’est jamais trop tard pour rectifier certaines choses. Quand vous aurez fait cas, Monsieur Le PrĂ©sident de la RĂ©publique qui ne se plus bananière, Excellence, notre Ambassadeur, je me ferai un plaisir de vous adresser des salutations que je retiens encore un peu.

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