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Présidentielle 2018: le plan du MCPSD pour réformer l’éducation au Cameroun

Vincent Sosthène Fouda. ©Droits réservés

Je travaille en ce moment avec une équipe de 18 personnes sur les règles d’affectation des enseignants de la maternelle et du primaire. Il est fort possible que le mode d’affectation change, mais seulement à la marge. Les jeunes professeurs ne seront plus envoyés dans les établissements les plus difficiles, sauf s’ils en font la demande expresse. La dispense durera trois ans. Je voudrais accompagner cette mesure d’une autre, qui n’existe pas en ce moment dans les textes, pourtant nécessaire, il s’agit de la durée au poste. Les enseignants devraient pouvoir passer entre trois et sept ans minimum à un poste d’affectation, c’est le temps que dure le primaire. Il faut qu’un enseignant soit capable de suivre une cuvée d’élèves du CP au CM2. L’avantage ici est que tous les enseignants soient capables de tenir chaque classe du primaire, qu’ils soient capables d’influencer durablement la formation qu’ils dispensent à un enfant.

Nous réfléchissons aussi sur un autre champ qui touche déjà le collège et le lycée. Comme vous le savez, le MCPSD propose la création d’un collège unique que nous appelons le Collège d’enseignement général et technique (CEGT). Nous voulons que les enfants soient mieux outillés au moment de l’orientation qui ne soit plus un simple dossier entre les mains des chefs d’établissements et des conseillers d’orientation, mais un dossier dans lequel l’élève pèse sur ce qu’il veut faire dès la classe de première et non plus de seconde comme c’est le cas dans le système actuel. Dans cet ordre d’idée, nous voulons aussi permettre à certains chefs d’établissements, collège et lycée, aux proviseurs de recruter eux-mêmes une partie de leurs enseignants. Cette semi-autonomie de recrutement sera possible pour les postes à profil et à condition que l’établissement ait un projet construit. L’idée est de permettre aux responsables d’établissements, notamment dans les zones reculées mais aussi dans les zones difficiles, de constituer une équipe motivée qui adhère à la philosophie de l’établissement.

La revalorisation salariale des enseignants en tiendra compte, notamment avec une prime d’éloignement car Yaoundé n’est pas Fotokol comme Ebolowa n’est pas Nitoukou. Voilà ce sur quoi nous planchons en ce moment et nous espérons arriver à la présidentielle 2018 avec un programme applicable et cohérent de suite. La présidentielle a toujours lieu au Cameroun en octobre donc après les rentrées scolaires. Notre programme aura donc une année de rodage de manière que ce ne soit qu’en 2020 que son application soit effective sur le terrain. Nous voulons laisser plus de place à l’initiative et à l’innovation à des acteurs de terrain que sont les chefs d’établissements.

Nous devons revoir les rythmes scolaires


Nous travaillons aussi sur la rĂ©forme des rythmes scolaires. Si l’éducation nationale est un bloc collectif, il nous semble qu’il doit tenir compte des rĂ©alitĂ©s du terrain. Entre les rĂ©alitĂ©s rĂ©gionales, la ville et la campagne, les saisons… Dans la politique de dĂ©centralisation qui doit accorder la gestion du rythme scolaire aux collectivitĂ©s dĂ©centralisĂ©es, un dĂ©cret du ministre doit donner plus de choix aux rĂ©gions après concertation avec les Ă©coles. Toutes les options seront possibles, comme par exemple instaurer la semaine de quatre jours d’école afin de permettre aux Ă©lèves dans les campagnes d’avoir le samedi pour retourner dans les villages afin de s’approvisionner. Nous Ă©tudions aussi la possibilitĂ© d’alterner les vacances entre les diffĂ©rentes rĂ©gions de notre pays – une large concertation est menĂ©e en ce moment sur le sujet. Initier une semaine de quatre jours et demi est aussi possible. Ce qui doit rester fixe c’est le nombre d’heures semaine – Nous voulons donner plus de place aux parents afin qu’ils accompagnent leurs enfants. Le soutien scolaire devra ĂŞtre encadrĂ© et non devenir une Ă©cole parallèle. L’Etat en adĂ©quation avec les rĂ©gions mettra sur pied un fonds aux rĂ©gions Ă  cet effet uniquement pour ceux qui en ont le plus besoin.

Nous avons parlé de l’enseignement de l’histoire de notre pays, nous nous intéressons aussi à l’étude des langues officielles de notre pays. La connaissance des langues devra être renforcée au même titre que les arts plastiques.

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