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RĂ©seau sociaux vs MĂ©ningite: un combat en cours au Cameroun

Depuis  les rumeurs sur les 17 cas de méningites détectés à Garoua, région du Nord, de nombreux Camerounais ont recours à la toile pour prévenir leurs proches.

«Des cas de méningite détectés au Cameroun. Soyez prudent, la méningite tue rapidement. Envoyez ce message à vos proches», alertent Facebook, Twitter et le reste des réseaux sociaux actifs au Cameroun.
La toile ou encore les technologies de l’information et de la communication s’avèrent sciemment utilisées dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, étant au devant de la lutte contre un virus mortel.

A ces cas s’ajoutent les 23 cas de méningite dont neuf décès, détectés à Yaoundé, la capitale du Cameroun, au cours des deux précédentes semaines.

Dans un communiqué rendu public jeudi, André Mama Fouda, le ministre camerounais en charge de la Santé, a annoncé qu’ « il n y avait pas d’épidémie de méningite au Cameroun » et a tenté de rassurer la population. Il a ajouté que des lots de vaccins avient été envoyés à Garoua.

Malgré ce communiqué ministériel, la population camerounaise est effrayée, d’autant plus qu’au Nigeria voisin, une épidémie de méningite a déjà tué plus de 282 personnes en cinq mois et il y a actuellement «1966 cas suspects», selon Chikwe Ihekwaezu, le chef du Centre nigérian de contrôle des maladies.

Au Cameroun, les gens s’envoient des messages de prudence sur les réseaux sociaux. «Des cas de méningite détectés au Cameroun. Soyez prudent, la méningite tue rapidement. Envoyez ce message à vos proches».

C’est un exemple de message que les gens reçoivent. On ne sait pas qui est à l’origine desdits messages. Les gens se les envoient quand même «pour prévenir nos proches», explique à Anadolu, Guy Manda, l’une des personnes ayant reçu ce message et l’ayant à son tour envoyé à ses proches.


«Je suis inquiète. Ma fille a eu une fièvre la semaine dernière. J’ai été très effrayée en pensant qu’il s’agissait d’une méningite», explique Florine Esseba à l’agence Anadolu.

«Notre voisin le Nigeria fait face à l’épidémie de méningite. Avec près de 200 kilomètres de frontière entre les deux pays, il est très facile que cette épidémie s’étende au Cameroun. Je suis inquiète pour ma famille et moi», dit Philomène Edzimbi, une mère de cinq enfants.

Un message écrit envoyé à certains ressortissants français par leur ambassade informe aussi que « plusieurs cas de méningite à méningocoque W135 ont été détectés au Cameroun » et invite chacun à vérifier que sa couverture sanitaire est à jour.

La correspondante d’Anadolu a, de surcroît, pu constater que des dizaines de personnes se sont rendues au Centre Pasteur de Yaoundé, l’un des centres habilités à administrer le vaccin contre la méningite. Mais sur place, la plupart d’entre eux ont été découragés par le prix du vaccin, soit 5400 Fcfa (8,75 usd) pour le «meningo A et C», tandis que le vaccin «Meningo ACY W135» coûte 11 200FCfa (18,16 usd).

«L’Etat doit lancer des campagnes nationales de vaccination contre la méningite. Il ne faut pas attendre que la situation soit grave pour y penser», propose Brice Hervé Tchatchouang, un autre Camerounais.
Face à la préoccupation relative à une campagne nationale de vaccination, aucune réponse l’a pu être obtenue au ministère de la Santé.

La méningite est une maladie infectieuse qui se transmet par contact direct avec un malade. La maladie entraîne, en quelques heures, de graves séquelles neurologiques et même la mort.

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