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Retour d’Internet en zone anglophone: «Qui va réparer?»

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Ainsi se questionne l’organisation Internet sans frontière au lendemain du rétablissement de la connexion dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest ordonné par le chef de l’Etat.

La connexion était bloquée depuis plus de trois mois dans les deux régions anglophones du pays, suite aux contestions sociales organisées par des syndicats des enseignants et des magistrats anglophones.

Ces derniers, s’estimant marginalisĂ©s par rapport Ă  leurs compatriotes francophones, avaient multipliĂ© via Internet les appels au sĂ©paratisme.

Parmi ceux qui se rĂ©jouissent du rĂ©tablissement de la connexion, il y a l’entreprise « Cameroun Net and Security ». Suite Ă  la coupure, l’entreprise a dĂ» transfĂ©rer de Bamenda Ă  YaoundĂ© ses activitĂ©s. Selon, Che David le directeur, le gouvernement camerounais a finalement Ă©tĂ© sensible aux appels de la communautĂ© internationale  et des usagers d’internet dans le Nord-ouest et Sud-ouest du pays:

« Pour moi, c’est une Ă©tape dĂ©terminante que le gouvernement vient de franchir en vue de rĂ©soudre le problème. Vous savez qu’il y a  des gens qui s’estiment marginalisĂ©s, ne faisant pas partie de la RĂ©publique du Cameroun. Maintenant que l’internet Ă©tĂ© rĂ©tabli, ils se sentent impliquĂ© dans la vie du pays, ils se sentent citoyens Ă  part entière dans le pays. »

ConformĂ©ment au communiquĂ© du gouvernement, la connexion Internet a automatiquement Ă©tĂ© rĂ©tablie hier soir et les habitants des rĂ©gions concernĂ©es ont immĂ©diatement commencĂ© Ă  s’en servir. Mais la ministre des Postes et TĂ©lĂ©communications, Libom Li likeng, met en garde contre ceux qui en feront un mauvais usage:


« Je ne dĂ©voilerai pas les mĂ©thodes ici, mais je dirai dĂ©jĂ  que le gouvernement est organisĂ© parce qu’il y a toute une agence qui est Ă©quipĂ©e pour cela. En plus, toutes nos forces de l’ordre ont des plateformes de traque et de contrĂ´le comme dans tous les pays. »

De son cĂ´tĂ©, l’organisation « Internet sans frontières » se rĂ©jouit de ce geste que pose le gouvernement camerounais. Toutefois, selon Julie Owono responsable de l’ONG, il est aussi temps de penser aux rĂ©parations:

« Ă‡a a portĂ© prĂ©judice Ă  de nombreux individus, des entreprises mais aussi des citoyens qui n’avaient plus accès Ă  une ressource essentielle et basique, quid de ces prĂ©judices-lĂ ? Qui va rembourser? Qui va rĂ©parer? C’est ça maintenant la deuxième bataille. Évidemment c’est une bataille pour que cela n’arrive plus jamais. »

Selon l’organisation « Internet sans frontières », la coupure pendant plus de trois mois dans les deux rĂ©gions anglophones aurait coĂ»tĂ© plus de quatre millions d’euros.

 

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