Opinions â€ș Tribune

S’il vous plait, demandez au prĂ©sident Biya de revenir en Afrique et d’aller au Gabon!

Par Abdelaziz Mounde

Les Camerounais, citoyens, journalistes et partis politiques, s’Ă©charpent sur la crise gabonaise, lumiĂšre crue Ă  la fois sur notre curieuse aptitude Ă  nous passionner et hystĂ©riser les dĂ©bats sur les Ă©lections dans d’autres pays et, d’autre part, sur une africanisation croissante des dĂ©bats politiques. Il ne manque plus Ă  l’appel que le chef de l’État, l’un des doyens des chefs d’État sur le continent et thĂ©oriquement patriarche en Afrique centrale.

Comment imaginer que le pivot et le poumon Ă©conomique de la Cemac soit le grand absent de la mise en place d’un cadre de dialogue entre les protagonistes de la crise gabonaise?

Quand la maison du voisin brĂ»le comme en ce moment, que des Camerounais soient pourchassĂ©s Ă  la frontiĂšre, comment rester les bras croisĂ©s, sans la moindre cellule au MinistĂšre des Relations extĂ©rieures et pas le dĂ©but d’un signe de prĂ©occupation de la part du chef de l’État?

Avec le cas gabonais, on se rend compte que les mécanismes de gestion des crises de cette nature sont encore aussi fragiles que ce que causent nos multiples liens de dépendance extérieure.

Il faut bien imaginer, sans ĂȘtre un utopiste illuminĂ©, ce jour oĂč un opposant, des citoyens, le Gouvernement d’un pays africain auront le rĂ©flexe d’en appeler non pas aux canons de François Hollande mais Ă  ceux de la sagesse supposĂ©e d’un Paul Biya. RĂȘve des bords du lac Leman ?


Le président de la République du Cameroun, Paul Biya, (a gauche) avec son homologue du Gabon, Ali Bongo

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