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La Sodecoton veut améliorer sa distribution d’huiles végétales et de tourteaux sur le marché camerounais

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Le fleuron agro-industriel des régions septentrionales assure qu’il dispose de suffisamment de produits pour desservir les différentes régions du pays et même la sous-région Cemac

Connu pour la fourniture de la matière première nécessaire à l’industrie du textile, la Société de développement du Cameroun (Sodecoton) fournit aussi des produits liés à l’alimentation humaine et animale. C’est le cas des huiles végétales pour la première catégorie ; et des tourteaux dans la seconde.

Constat présenté par des responsables de l’entreprise jeudi dernier, lors d’un exposé au Palais des congrès de Yaoundé : l’huile de coton de marque « Diamaor », pourtant très prisée dans les régions du Nord, de l’Extrême-Nord et de l’Adamaoua, est parfois perçue comme une « huile pour riches » dans d’autres parties du Cameroun, dont la capitale. La raison : quand elle n’est pas introuvable, cette huile apparaît dans les rayons à un prix généralement supérieur au prix de vente des huiles concurrentes produites localement : soit 1500 F CFA au lieu de 1150, 1250 F CFA en moyenne pour les autres.

«L’huile est là. Elle n’a pas disparu du fait de la Sodecoton mais c’était dû au fait que pendant une certaine période, quand la production avait baissé, les distributeurs s’étaient rués vers les mauvaises huiles qui viennent de pays étrangers […] Diamaor, qui est une huile de très bonne qualité, présente depuis 1957 au Cameroun, sera de retour dans tous les ménages », explique Adamou Saliou Hamadou, chef service Information et Communication à la Sodecoton.

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D’après des chiffres officiels communiqués à Journalducameroun.com, la Sodecoton enregistre actuellement « six mois de stocks de produits finis ». D’après des statistiques communiquées par l’entreprise, la demande nationale annuelle d’huiles végétales au Cameroun serait de 150 000 tonnes pour une production nationale de 102 000 tonnes. Gap à combler par les importations : environ 50 000 tonnes. Cependant, les producteurs locaux d’huile végétale, de manière générale, se plaignent d’avoir à conserver d’importants stocks d’huile qui auraient dû se retrouver sur le marché.  En cause : la contrebande, les fraudes à la douane et l’importation non contrôlée de cette denrée. Une situation qui pourrait être pourtant bien différente.

A YaoundĂ©, les responsables de la Sodecoton ont annoncĂ© qu’ils veulent nouer des partenariats avec plus de distributeurs pour une meilleure commercialisation de leurs produits au prix sortie usine. Dans leur offre : Diamaor, mais aussi « Soyor », huile de soja ; et les tourteaux – l’autre spĂ©cialitĂ© de l’entreprise agro-industrielle – aliments riches en protĂ©ines obtenus lors du traitement des graines de coton et permettant d’engraisser les ruminants.

Détenue à 59% par l’Etat du Cameroun, 30% par la société française Geocoton et 11% par la Société mobilière d’investissement du Cameroun (SMIC), la Sodecoton est dirigée depuis juin 2016 par Bayero Bounou. L’entreprise, selon des données officielles, réalise un chiffre d’affaires de 120 milliards de F CFA par an ; dont 100 milliards seuls sur la vente du coton et 20 milliards sur la production d’huiles végétales et de tourteaux. Il est à souligner que 98% des fibres de la Sodecoton sont exportées, tandis que 2% seulement sont traitées localement par la société Cicam (Cotonnière industrielle du Cameroun).

La Société participe pour 14,1% à l’exportation des produits agricoles du Cameroun, selon des statistiques de la Sodecoton, attribuées au ministère de l’Agriculture et du Développement rural.

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