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Tourner la page et construire l’avenir du Cameroun: nous pouvons le faire

Par Dominique Yamb Ntimba, Secrétaire exécutif de la Coalition Citoyenne pour le Cameroun (Coacic)

Réaction au « don de 500 000 ordinateurs aux étudiants » par le président de la République

Il y a des moments dans la vie de son peuple oĂą il faut savoir prendre clairement position et dire avec force l’un des mots qui font de nous des hommes et des patriotes : NON!

J’aimerais rappeler Ă  nos dĂ©putĂ©s qu’ils doivent savoir ĂŞtre des Ă©lus : des tours de garde qui rappellent au PrĂ©sident de la RĂ©publique que la nation est infiniment plus grande que lui, que chaque citoyen est infiniment plus grand que lui, qu’il a la chance d’ĂŞtre le serviteur d’une cause qui le dĂ©passe mais lui donne l’immortalitĂ© et le bien-ĂŞtre. Vous devez, chers Ă©lus, toujours vous rappeler que la Constitution vous donne le droit, vous exige comme devoir, de veiller sur le patrimoine national et l’avenir de notre peuple avec rigueur et fermetĂ©.

J’aimerais rappeler Ă  notre PrĂ©sident, il l’est encore pour la pĂ©riode qui va de aoĂ»t 2016 Ă  octobre 2018 malgrĂ© tout et mĂ©rite notre respect pour cela, que le moment est venu de cĂ©der la place.

Je le lui conseille depuis un long moment (au moins depuis 2010), mais je constate qu’il ne voit pas, ne comprend pas, ne se rend pas compte (est-ce parce qu’il ne peut pas le comprendre, le voir ou s’en rendre compte?) que le temps est venu de partir dignement et avec notre engagement de le protĂ©ger contre qui que ce soit car voir encore mourir un de nos Chefs d’Etat Ă  l’Ă©tranger ou autrement que dans son lit nous est intolĂ©rable. C’est une question de souverainetĂ© et une certaine idĂ©e de notre pays.

Monsieur le Président, la coupe est pleine, partez en 2018, ne vous représentez pas. Laissez-nous notre pays et regardez-nous en faire ce que nous voulons : un pays développé en 10 ans au plus. Je sais de quoi je parle.

DĂ©sormais, qu’importe votre expĂ©rience et votre âge, nous ne vous Ă©couterons plus. Ne nous poussez pas Ă  vous demander aussi de vous taire. Vous avez franchi la ligne rouge avec ce risque de dĂ©tournement de 70 ou 75 milliards de FCFA pour …un don d’ordinateurs (quelle est mĂŞme la somme exacte ?). En effet, il me semble que notre budget 2016 ne prĂ©voit pas de dons aux citoyens en encore moins ne comporte une rubrique de 75 milliards de FCFA pour l’achat d’ordinateurs.

Notre constitution ne prĂ©voit nulle part que vous pouvez faire des dons aux citoyens. Nulle part ! Soumettez la prĂ©occupation Ă  vos conseillers juridiques ! Et pour quelle somme ! Presque 1/20 de notre budget d’investissement en 2016 !

Il y a donc un risque majeur de dĂ©tournement de deniers publics. C’est donc bel et bien une situation critique de risque majeur de dĂ©tournement de deniers publics. Et cela est lourdement puni dans notre Code PĂ©nal, en cas de grande rĂ©alisation d’un tel risque.

Pire, nous ne comprenons pas que vous fassiez des dons avec de l’argent public !

Techniquement, dĂ©tourner des fonds publics c’est les utiliser Ă  des fins autres que celles prĂ©vues par le budget en cours. Ce n’est donc pas nĂ©cessairement du vol. En fin de pĂ©riode budgĂ©taire, tous les fonds disponibles qui n’ont pas Ă©tĂ© utilisĂ©s doivent retourner (symboliquement, par jeu d’Ă©criture comptable, car l’Etat n’est pas censĂ© balader des sacs d’argent entre ses services – mĂŞme si on aura tout vu sous vos 31 ou 32 administrations depuis 1982) au TrĂ©sor Public pour report au prochain budget ou autorisation spĂ©ciale du Parlement pour une utilisation imprĂ©vue.

Vous jouez souvent Ă  signer des ordonnances qui modifient le budget de l’Etat après sa promulgation par vous-mĂŞme : c’est de la mauvaise gestion et de la mauvaise gouvernance. Vous ne gagnez rien Ă  vous mettre le pays Ă  dos ! Renvoyez le texte au Parlement avec vos projets de modification de la loi des finances et faites adopter Ă  nouveau par le Parlement, puis, promulguez Ă©galement Ă  nouveau. Techniquement, vos ordonnances sont anticonstitutionnelles et devraient faire l’objet d’arrĂŞts suspensifs par la Cour Constitutionnelle. Mais, voilĂ , il n’y en a pas encore depuis .1996.

Je ne comprends pas pourquoi des choses si simples et d’une pure Ă©lĂ©gance sont si compliquĂ©es Ă  faire pour vous et vos Gouvernements.
A votre âge, vous devriez savoir que les 30-40-50 ans sont lĂ  pour mettre leur expertise Ă  votre disposition mais le contexte politique que vous avez entretenu et qui avait assassinĂ© Um Nyobe, Moumie et Ouandie hier, ne nous convainc pas de travailler avec vous. Ce serait un tel gâchis pour nous! Et surtout, pour ce pays pour lequel nos ancĂŞtres comme mon arrière-grand-père Ntimba Ngom se sont battus fièrement pour que votre gĂ©nĂ©ration aille Ă  l’Ă©cole, ne souffre pas, vive confortablement et, avec beaucoup d’espoir, bâtisse ce pays bĂ©ni oĂą tout pousse, oĂą tout est beau, oĂą les femmes et les hommes sont d’une intelligence rare et d’un dynamisme au-dessus du 10e supĂ©rieur dans le monde (4e pays le plus entreprenant au monde en 2015).

Vous avez fait ce que vous pouviez pour notre pays, très peu en rĂ©alitĂ© ; il reste Ă  faire toutes les bases, mais nous vous sommes profondĂ©ment reconnaissants pour Bakassi (rien ne vaut une guerre Ă©vitĂ©e avec des frères et voisins. Cela restera Ă  mes yeux votre seul fait d’armes Ă  la tĂŞte de notre pays. (Qu’importe les termes secrets du compromis, vous avez Ă©vitĂ© que coule davantage de sang camerounais.) Le reste de vos actions Ă©ventuelles est sans grande importance. Cela se serait fait mĂ©caniquement. Malheureusement, vous avez cassĂ© la mĂ©canique et mĂŞme le minimum vital ne s’est pas fait.

Le pays croule sous une dette sociale et historique inestimable, il subit les consĂ©quences d’une doctrine militaire et Ă©conomique aux ordres, coloniale et alors qu’il appelle de tous ses v ux une conception originale et nationale. Nous avons des femmes et des hommes de qualitĂ© dans notre armĂ©e et notre police, dans notre fonction publique et nos entreprises, je les connais, je les apprĂ©cie, je les encourage. Ils le savent. Ils sont Ă©tonnĂ©s que je reconnaisse sincèrement et ouvertement leurs sacrifices et leur dĂ©vouement.

Nous avons des personnels patriotes et dĂ©terminĂ©s dans notre armĂ©e et notre police dont l’Afrique et le monde ont vu la bravoure et l’honneur Ă  Bakassi, en RCA, au Cambodge, en HaĂŻti et contre le groupe de crime organisĂ© qu’est Boko Haram. Ces hommes mĂ©ritent un meilleur commandant en chef et une vision nouvelle de notre sĂ©curitĂ© nationale.

Le pays est en proie Ă  une insĂ©curitĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ©e, et vous ne le voyez pas ? Vous y contribuez par des dons sans mĂŞme vous en rendre compte ! Vous donnez Ă  une puissance Ă©trangère le droit et l’opportunitĂ© de tracer et collecter sans effort toutes les rĂ©flexions et toutes les inventions de tous nos Ă©tudiants ? Qu’est- ce qui vous arrive ?

Je doute que vous voulez espionner tous vos compatriotes qui utiliseraient un de ces ordinateurs, autrement dit tous nos Ă©tudiants ? Je doute Ă©galement que vous ayez dĂ©cidĂ© de vendre au franc symbolique (comme toujours) ce que le pays a de plus cher : ses ressources humaines et leur production intellectuelle ? Mais ces doutes, qui n’existent manifestement que par respect pour la fonction prĂ©sidentielle oĂą je suis convaincu qu’on ne peut faire certaines choses sans intentions ni buts autre que le bien-ĂŞtre du peuple, ont du mal Ă  ne pas s’occire rapidement.

Vous êtes manifestement dépassé par la fonction que vous occupez depuis trop longtemps ! Il est temps de quitter le poste. Il est temps de rajeunir la fonction et de la restituer hors des rangs de votre rassemblement.

La somme que vous jetez par les fenĂŞtres est infĂ©rieure Ă  celle que bien des pays ont dĂ©pensĂ© dans les annĂ©es 1980 pour dĂ©marrer leur industrie informatique qui produit aujourd’hui des dizaines de milliers de milliards de FCFA. Avec 70 milliards, on pouvait crĂ©er sept (07) pĂ´les informatiques avec universitĂ©s IT, centres de recherche et incubateurs d’entreprises. Dix ans après, cet investissement rapporterait au Cameroun au moins mille (1000) fois la mĂŞme somme, soit au moins 70 000 milliards de FCFA.

Et on se souviendrait de vous. Et on se souviendrait de vous. Et vous resteriez dans les mémoires.

En politique, voilĂ  comment un Chef pense : que sera le futur ? Comment vais-je le construire et le structurer de telle sorte qu’il soit porteur de ressources pour mes compatriotes ?

Un Chef, un vrai Chef, ne bride pas le futur de son pays comme vous le faites.

C’est rĂ©current et cela dĂ©range, Ă©normĂ©ment.

Vous dĂ©fenestrez l’argent de la sueur des Camerounais avec une telle rĂ©gularitĂ© et une telle facilitĂ© que certains se demandent si vous reprochez quelque chose de particulier Ă  ce pays.

J’ai pourtant entendu ma mère et mon père placer tant d’espoirs en vous en 1982. J’Ă©tais encore un bambin, mais la joie ou la colère de mes parents ne pouvaient m’Ă©chapper. C’Ă©tait mĂŞme des indicateurs prĂ©cieux pour moi pour leur demander quelque chose ou me caler dans mon lit quand je sentais que mĂŞme jouer les consolateurs Ă©tait inutile.

Que me permettez-vous de faire dans la situation actuelle avec vous ? Vous demandez quelque chose ? Me caler dans ma conviction que vous appartenez dĂ©finitivement aux heures sombres de notre histoire ? Vous consoler de vos dĂ©cisions blessantes contre le Cameroun qui vous a tout donnĂ© : Ă©duction gratuite, emploi et confort matĂ©riel depuis .1962, pouvoir suprĂŞme et opportunitĂ© vaine d’entrer dans l’histoire comme un grand depuis .1982, etc.

Les dépenses de santé de notre pays étaient de 800 milliards de FCFA environ en 2015. En investissant 70 milliards de FCFA :
– en formation de qualitĂ© pour les mĂ©decins, gestionnaires hospitaliers, ingĂ©nieurs, infirmiers et techniciens;
– en production locale d’Ă©quipements, de mĂ©dicaments et de consommables divers ;
– en construction d’infrastructures modernes dans un rĂ©seau national ;
vous auriez Ă©vitĂ© Ă  ce pays des douleurs innommables appelĂ©es Dr HĂ©lène NGO KANA ou Monique Koumatekel, et permis le dĂ©veloppement Ă©conomique de ce secteur d’activitĂ©s sensible et fertile. D’après les estimations du think tank que je dirige, en dix (10) ans, cela aurait produit au moins 20% Ă  40% de plus que l’informatique, car, vous ne le savez peut-ĂŞtre pas, les multinationales les plus grosses et les plus profitables sont celles du secteur de la santĂ©, pas de l’informatique.

Maintenez que vous le savez, offrez donc des bistouris et de l’alcool aux Ă©lèves-infirmiers et aux Ă©tudiants en mĂ©decine et non des laboratoires et des hĂ´pitaux !

Si vous aimiez tant ce pays, vous auriez soutenu contre vents et marĂ©es les initiatives de fabrication de matĂ©riel informatique telles que celle de Djeukam Tchameni (malgrĂ© son opposition Ă  votre politique bizarre, opposition justifiĂ©e par le temps). Le Cameroun n’aurait pas Ă  en faire une prĂ©occupation particulière aujourd’hui.

Mais il faut ĂŞtre un leader d’exception pour prendre une position politique et Ă©thique aussi difficile mais salutaire pour le pays. Et, bien sĂ»r, ce ne fut pas le cas.

Le Cameroun a importĂ© en 2013 pour 800 milliards de FCFA, 2 110 tonnes de riz (nous avons pourtant environ 7,5 millions d’hectares de terres cultivables), de poisson (nous avons 402 km de cĂ´tes hors criques et estuaires, des milliers de kilomètres de fleuves et rivières, des centaines de lacs), d’huiles, de sucre, de sardines, etc. Ce sont lĂ  des choses que le Bon Dieu, Amon-Râ, n’a jamais fait pousser ni vivre en zone Ă©quatoriale.

Avec 70 milliards de FCFA, ce pays aurait cultivĂ© 200 ha * 70 = 14 000 ha d’ignames que tous les Camerounais consomment et que le Bon Dieu, Amon-Râ, a toujours fait pousser en zone Ă©quatoriale. Avec un rendement moyen de 30 tonnes par hectares (on peut obtenir jusqu’Ă  60 tonnes par hectares), cela fait 420 000 tonnes d’ignames au bas mot.

A 1 000 FCFA le kg d’ignames, le pays aurait crĂ©Ă© une activitĂ© de 420 milliards de FCFA. Pour chaque FCFA dĂ©pensĂ©, une recette de 6 FCFA.si nous faisions un bĂ©nĂ©fice net de 10%, notre investissement de 70 milliards de FCFA aurait rapportĂ© tous les 08 mois .42 milliards de FCFA. En dix ans, cela aurait fait 660 milliards de FCFA, soit 15% ou 1/6 du budget national 2016.

Quatorze mille hectares d’ignames reprĂ©sentent 100 emplois * 70 = 7 000 emplois directs dans les champs et au moins 3 000 emplois indirects, liĂ©s Ă  ce programme, dans le matĂ©riel roulant, la commercialisation de divers produits, les intrants agricoles, les services financiers, les services de santĂ©, la communication, le transport, la transformation industrielle, la recherche, etc., soit 10 000 emplois et au moins 50 000 enfants. Si chaque emploi est rĂ©munĂ©rĂ© Ă  100 000 par mois au moins, cela fait 1 000 000 000 FCFA par mois, soit 12% du coĂ»t du programme.

La plupart des parents auraient ainsi eu les moyens de payer un ordinateur de 150 000 FCFA (exonĂ©rĂ© de TVA) Ă  leur enfant Ă©tudiant via un partenariat avec des partenaires financiers (entreprise de leasing) qui leur auraient permis de financer cette acquisition en 24 mois Ă  .7 656 FCFA par mois, avec le taux d’intĂ©rĂŞt de 15% TTC compris.

Un tel partenariat peut d’ailleurs s’Ă©tendre Ă  tous les parents du Cameroun et d’Afrique ! Encore faut-il y penser.Encore faut-il prendre le temps de chercher et de n’appliquer que ce qui vaut le mieux pour son pays.

Nous pourrions Ă©tendre la meilleure utilisation Ă  bien des secteurs d’activitĂ©s, mais avec ce que nous avons prĂ©sentĂ©, il est dĂ©montrĂ© Ă  suffisance que mĂŞme si c’est 1 000 000 FCFA qui est utilisĂ© pour faire un don Ă  nos Ă©tudiants, c’est une mauvaise dĂ©cision Ă©conomique, un risque et un problème juridiques et constitutionnels sĂ©rieux, un calcul politique mesquin et ignoble. Les Ă©tudiants n’ont pas besoin de la pitiĂ© ou du clientĂ©lisme, ils ont besoin d’un Chef d’Etat et d’un Gouvernement en action, guidĂ©s par l’efficience, le patriotisme et le sĂ©rieux. Les Ă©tudiants ont besoin d’un pays construit pour s’y mouvoir et pouvoir prendre le relais en se juchant sur des Ă©paules de gĂ©ants politiques et Ă©conomiques, de modèles Ă©thiques et nationalistes, de visionnaires Ă©nergiques et efficaces.

Je ne comprends pas qu’après la MIRAP, voici le DON D’ORDINATEURS qui donnent du travail aux Ă©trangers, leur permet d’envoyer leurs enfants Ă  l’Ă©cole et de leur acheter aisĂ©ment des ordinateurs sans endetter leur pays ni hypothĂ©quer lourdement de quelque manière leur avenir !

Le plus intrigant dans ce « don » qui est plus un acte d’achat de consciences qu’un don en rĂ©alitĂ©, est que le PrĂ©sident a dĂ©cidĂ© de vendre au franc symbolique toute la production intellectuelle de nos Ă©tudiants aux chinois : rĂ©flexions quotidiennes, notes de lectures, recherches pour les exposĂ©s et examens, travaux de recherches en vue des diplĂ´mes de licence, de master et de doctorat, rĂ©daction de romans et textes scientifiques divers, etc. Dans un monde et une Ă©poque qui produisent et vendent essentiellement de l’information et du savoir, quel idiot livrerait des ordinateurs aux Ă©tudiants d’un pays sans y installer des dispositifs de collecte et transfert de donnĂ©es ? Et nous parlons des Ă©tudiants de l’un des pays les plus crĂ©atifs du monde !

Le risque de haute trahison n’est-il pas rĂ©alisĂ© quand les dĂ©couvertes scientifiques et les inventions technologiques d’un pays sont donnĂ©es Ă  une puissance Ă©trangère ? Les juristes doivent nous Ă©difier Ă  ce sujet. Le pire dans ce cas-ci, c’est que nous payons mĂŞme cette puissance Ă©trangère pour qu’elle prenne le fruit de nos efforts et les outils de notre dignitĂ© et de notre indĂ©pendance.

Nous avons besoin de la Chine comme de tous nos partenaires politiques et économiques, mais je crois que parfois les Chinois et nos autres partenaires se demandent si nous ne sommes pas des hommes des cavernes. Avec 70 ou 75 milliards de FCFA, on crée une industrie informatique ! La Chine aurait dû recevoir de nous une demande de nous livrer des usines et des équipements pour la production des équipements IT et pour la formation dans ce domaine.

Si nous considĂ©rons que l’ordinateur est devenu le cahier d’aujourd’hui, alors, comme SAFCA nous fabrique des cahiers, Intelar, TEG, Miracle Informatique, X-Net, Palm Telco et autres auraient pu devenir des partenaires de l’Etat du Cameroun pour la production des ordinateurs au Cameroun. Le PrĂ©sident de la RĂ©publique aurait Ă©tĂ© mieux avisĂ©s de les rĂ©unir, de mettre sur la table un apport en exonĂ©rations fiscales illimitĂ©es, en exonĂ©rations douanières totales, en dĂ©cret crĂ©ant et amĂ©nageant via la MAGZI une zone industrielle spĂ©ciale IT avec pour seule charge les salaires et les charges sociales, en barrières tarifaires et non tarifaires pour protĂ©ger l’industrie IT naissante, en accords avec Microsoft et Google ou Apple pour leurs systèmes d’exploitation, en dispositions de protection des brevets internationaux dans ce secteur et de coopĂ©ration avec la nouvelle entreprise parapublique Ă  gestion totalement privĂ©e, etc.

Mais est-on prĂŞt Ă  donner un peu de soi pour ce pays, sa jeunesse et son avenir ?

Orange Cameroun, MTN Cameroon, Viettel Cameroon, Camtel, Campost, etc., y aurait trouvĂ© un intĂ©rĂŞt financier Ă©vident ; nos banques, notre diaspora si peu Ă©coutĂ©e et rarement impliquĂ©e Ă  tort, et bien des investisseurs locaux et Ă©trangers auraient suivi un tel « projet structurant » (expression bizarre Ă  la signification toute aussi bizarre car n’ayant aucun sens prĂ©cis ni en Ă©conomie ni en grammaire française, mais bon ! Le Cameroun et ses choses !) au regard du grand marchĂ© de l’Afrique Centrale qui va du Tchad Ă  l’Angola (pas loin de 200 millions de personnes), et si l’on pense aux 200 millions de NigĂ©rians qui sont adossĂ©s sur nous !

Mais pourquoi diantre sommes-nous si paresseux ? Pourquoi faire un tout petit effort pour ce pays est-il de la mer Ă  boire ? Pourquoi n’osons – nous pas pour mĂ©riter notre nationalitĂ© et nos hautes fonctions ?

Tout semble tellement aller de soi !
La moitiĂ© des Ă©tudiants camerounais possède un tĂ©lĂ©phone portable dont le prix est au moins Ă©gal Ă  75 000 FCFA. Donc, je ne vois pas dans un besoin imaginaire d’ordinateurs le problème le plus Ă©pineux de leur formation. Un peu comme au lieu de construire ou faire construire des laboratoires, des bibliothèques et des studios de cinĂ©ma pour soutenir leur formation dans ce domaine et en management culturel, on a fait construire .une salle de cinĂ©ma, en plus par une sociĂ©tĂ© de production de films en quĂŞte de dĂ©bouchĂ©s.


Nous faisons ici un appel urgent à la méthode.
Eh bien ! Ce dont ils ont besoin, nos chers Ă©tudiants, ce sont des salles de cours, des campus propres, des bibliothèques, des laboratoires, des rĂ©sidences universitaires, des bourses d’Ă©tudes et de recherche, des opportunitĂ©s de travaux pratiques et de stages acadĂ©miques pour ceux des filières professionnelles et techniques dans le cadre des programmes de construction des infrastructures universitaires, des incubateurs d’entreprises avec des fonds d’investissement afin qu’ils matĂ©rialisent leurs idĂ©es sous formes d’entreprises qui verseront des salaires aux parents qui paieront eux-mĂŞmes des ordinateurs Ă  leurs enfants. Nos Ă©tudiants ont besoin d’un backbone de fibre optique interuniversitaire pour au moins trois raisons fondamentales :

1. Que leurs enseignants, paradoxalement traitĂ©s avec la plus grande indignitĂ© dans ce pays, soient moins fatiguĂ©s, se dĂ©placent moins sur des routes de campagne dangereuses appelĂ©es « axes lourds » (j’aimerais que les ingĂ©nieurs en BTP m’expliquent cet autre trait de gĂ©nie du Cameroun et du Renouveau) et puissent dispenser des cours Ă  plusieurs universitĂ©s publics et privĂ©s en mĂŞme temps par vidĂ©oconfĂ©rence, ce qui fera faire de grosses Ă©conomies au pays d’un point de vue macro-Ă©conomique, de gestion de nos ressources humaines si peu nombreuses et pĂ©niblement acquises, et instaurera une plus intense compĂ©tition entre Ă©tudiants. Nous connaissons le rĂ©sultat d’une telle situation : une amĂ©lioration sensible de leur niveau de qualification et de compĂ©tences que les entreprises appellent de tous leurs v ux.

2. Que les ressources virtuelles de chaque université publique et privée (livres, mémoires, thèses, articles, cours, épreuves et corrigés, conférences, travaux pratiques, benchmarks divers, etc.) deviennent accessibles à tous et rendent donc la formation plus aisée et la recherche plus pointue.

3. Que l’ère du numĂ©rique, dont on parle trop virtuellement avec des coups de 75 milliards de FCFA, sonne enfin rĂ©ellement Ă  la porte de notre monde universitaire.

En rĂ©alitĂ©, l’entrĂ©e dans le monde numĂ©rique est une question d’infrastructures d’abord et de matĂ©riels didactiques ensuite. Si on affine sa mĂ©thodologie d’approche de ce problème, on comprend vite que les Ă©tudiants veulent des infrastructures qui n’existent pas ou très peu, qu’ils souhaitent que leurs enseignants soient mieux payĂ©s pour qu’ils se concentrent un peu plus sur leur mĂ©tier et non sur les astuces pour arrondir les fins de mois, que la gouvernance universitaire s’amĂ©liore avec l’instauration de l’Ă©lection des recteurs, des doyens et des chefs de dĂ©partement par leurs pairs parmi les enseignants les plus anciens dans le grade le plus Ă©levĂ© afin que l’Ă©thique universitaire soit prĂ©servĂ©e, que les pertes de temps et d’Ă©nergie pour notre jeunesse comme les BTS, les DSEP et je ne sais quoi encore soient supprimĂ©s, qu’on entĂ©rine l’organisation universelle des Ă©tudes universitaires en Licence – Master – Doctorat, ce qui clarifie le parcours universitaire et facilite les Ă©quivalences au niveau professionnel, etc.

Au fait, cela va faire combien de fois qu’on finance l’interconnexion des universitĂ©s au Cameroun ? N’y a-t-il pas un backbone national dont l’un des objectifs et boucles majeurs Ă©tait l’interconnexion des universitĂ©s après un ou deux prĂ©cĂ©dents foireux projets intĂ©gralement financĂ©s tout de mĂŞme? Il faudra que quelqu’un nous fasse un Ă©tat des financements des interconnexions au Cameroun depuis l’annĂ©e 2000 au moins. Au rythme oĂą nous y investissons, chaque patelin perdu doit dĂ©jĂ  ĂŞtre Ă©quipĂ©.

La diversion de ceux qui porte l’avenir de la nation entre leurs deux oreilles et par la qualitĂ© de leur parcours universitaire est criminel. C’est pour cela que le principe de l’Ă©cole aux Ă©coliers et la politique aux politiciens dĂ©clamĂ©e avec force et justesse en 1991 reste valable Ă  mes yeux.

Tiens ! Mais qui disait cela ! Ne me dites pas que c’Ă©tait notre PrĂ©sident actuel ! AĂŻe !

Je ne comprends donc pas pourquoi il mêle les étudiants à la politique par une man uvre de diversion et de clientélisme à la fois :

1. l’entrĂ©e en vigueur des APE le 04 aoĂ»t : ces accords rendent quasi-nulle l’effet des qualifications des Ă©tudiants camerounais au cours des 20-30 prochaines annĂ©es sauf si le pays change de dirigeants en 2018, pense et rĂ©organise sa gouvernance et ses relations extĂ©rieures dans la foulĂ©e. Ces accords coloniaux, version 1884.2, sont la rĂ©ponse de l’Europe dans sa quĂŞte de dĂ©bouchĂ©s comme en 1884. Comment allons-nous pouvoir nous dĂ©velopper si notre industrie doit mourir pour que les produits europĂ©ens soient vendus chez nous?

Comment allons-nous donner du travail aux jeunes et aux Ă©tudiants actuels si l’espace Ă©conomique est contrĂ´lĂ© par des Ă©trangers en son c ur : l’industrie, et en son système circulatoire : la logistique ? Comment pourrons-nous donner Ă  manger Ă  nos familles et Ă  nos voisins qui comptent sur nous si nous ne produisons industriellement rien qui ait une rĂ©elle valeur ajoutĂ©e ? Il fallait divertir les 500 000 Ă©tudiants du Cameroun afin qu’ils oublient que leur avenir vient d’ĂŞtre vendue Ă  vil prix.

2. L’Ă©ventualitĂ© d’une Ă©lection prĂ©sidentielle anticipĂ©e : dans toutes les chaumières et dans tous les salons, cela semble se confirmer. La session parlementaire de septembre 2016 risque sĂ©rieusement de nous apporter une surprise majeure : la modification de la constitution conduisant Ă  une Ă©lection prĂ©sidentielle anticipĂ©e. Souvenons-nous que chacune de ces Ă©lections est prĂ©cĂ©dĂ©e par un effet d’annonce de ce type dont personne d’ailleurs ne verra jamais la rĂ©alisation mais l’argent sera parfaitement dĂ©pensĂ©.

Sommes-nous en face d’un cas de figure de recherche subtile de financement pour les prochaines Ă©lections prĂ©sidentielles et autres par le parti du PrĂ©sident de la RĂ©publique ?

Je pense que le PrĂ©sident veut rĂ©gler deux problèmes : divertir la jeunesse qui ne voit toujours pas le premier FCFA du plan spĂ©cial jeune annoncĂ© en fĂ©vrier 2016 (sauf que annoncer un plan hors budget appelle deux choses : une procĂ©dure de son insertion dans ce budget par un avenant au budget de l’annĂ©e en cours ou une ordonnance Ă  cet effet, ce qui, dans les deux cas, en ce sujet prĂ©cis, est une preuve d’amateurisme managĂ©riale, car nous ne faisons face Ă  aucune crise sociale ou Ă©conomique majeure) et dont l’avenir vient d’ĂŞtre vendu aux enchères aux europĂ©ens par les APE d’une part, et, d’autre part, s’aliĂ©ner un Ă©lectorat sensible, perçu irrespectueusement par le rĂ©gime comme mallĂ©able et, ipso facto, les parents des Ă©tudiants.

Cela fait potentiellement 1 000 000 de parents. Ainsi pense-t-il mettre dĂ©jĂ  de cĂ´tĂ© un trĂ©sor de guerre de 1 500 000 votes sur les 6 000 000 d’inscrits que ELECAM semble avoir pour consigne de ne pas dĂ©passer.

C’est du cynisme politique pur et dur.

Ce n’est pas de la gestion des affaires publiques.

Ce n’est pas de la politique, c’est une braderie.

C’est une man uvre indiquant une intention manifeste de fraude Ă©lectorale anticipĂ©e lors d’une Ă©lection prĂ©sidentielle anticipĂ©e.
Je suis persuadé que :
– notre jeunesse a besoin d’un homme dans la quarantaine qui les comprend, peut ĂŞtre leur leader par sa proximitĂ© par l’âge et l’intuition des besoins et enjeux actuels et futurs,

– la fraĂ®cheur et la fougue de notre jeunesse permettront, cette fois-ci, de changer le leadership de notre pays en faveur d’un jeune leader dans la quarantaine. Entre 20 et 50 ans, nous avons 80% de l’Ă©lectorat potentiel.

– La force de l’âge, la capacitĂ© de travail, la soliditĂ© des convictions, la perception intuitive des enjeux et des besoins que donne l’appartenance Ă  l’Ă©poque, une vision offensive dans la recherche des solutions Ă©conomiques et sociales et des termes favorables Ă  nos intĂ©rĂŞts dans les partenariats en harmonie avec les attentes de la grande majoritĂ© des citoyens, sont les critères qui convaincront cette jeunesse et leurs parents.

– Notre jeunesse et ses parents savent que ce sont ces qualitĂ©s qui crĂ©eront une industrie puissante et diversifiĂ©e, une formation et une production scientifiques et technologiques de haut niveau, une sociĂ©tĂ© cohĂ©rente avec elle-mĂŞme, en harmonie avec son histoire et ses partenaires, guidĂ©e par la bonne gouvernance et le respect strict des libertĂ©s et des droits, un pays oĂą abonderont dans nos magasins et nos boutiques le macabo et le kilichi, le mbongo’o tchobi et le eru, le nkwii et le sanga, car le dĂ©veloppement a pour base la culture.

Notre sĂ©curitĂ© nationale dĂ©pend de notre capacitĂ© Ă  produire de la richesse. Lorsque le PrĂ©sident et son Gouvernement dilapident nos ressources, offrent l’ensemble du travail intellectuel futur de nos cadres Ă  une puissance extĂ©rieure, nous empĂŞchent de produire de la richesse, font de nous de serviles consommateurs comme en 1884 et hypothèquent notre avenir et celui de nos enfants, ils mettent notre sĂ©curitĂ© en danger. Ils nous fragilisent, ils nous rendent vulnĂ©rables, ils nous mettent Ă  la merci de toutes sortes de dangers potentiels.

La sĂ©curitĂ© nationale, c’est d’abord produire assez pour ĂŞtre capable de tenir le siège des embargos ou des agressions, contrĂ´ler cette production et la projeter par le contrĂ´le de l’information produite localement et la conquĂŞte de celle qui s’Ă©dite ailleurs. C’est gĂ©rer de manière rigoureuse, efficiente et productive les ressources humaines et financières du pays afin de garantir Ă  tous les deux Ă©lĂ©ments essentiels de la vie : la libertĂ© et le bonheur. Or, il n’y a pas de libertĂ© et, ipso facto, pas de bonheur pour ceux qui ne produisent rien et sont ravalĂ©s au rang de consommateurs passifs.

Le Président ne poursuit donc plus la défense de notre sécurité nationale avec cette dépense.

Je pense que la conclusion devrait aller de soi pour notre Peuple : le moment est venu de remercier notre PrĂ©sident actuel et tout son Gouvernement. Je le dis dans les deux sens du terme : les faire partir du pouvoir et leur dire merci pour le peu qu’ils ont pu faire.

Personne ne sera poursuivi.

Personne ne sera inquiété.

Personne ne perdra ses biens bien acquis et dĂ©clarĂ©s depuis l’entrĂ©e en vigueur de la Constitution actuelle en 1996.

Nous ferons barrage Ă  ceux qui les agresseront judiciairement.

Mais il est temps de tourner la page.

C’est ce que font tous les pays sĂ©rieux quand leur PrĂ©sident et leur Gouvernement ne dĂ©fendent plus leurs intĂ©rĂŞts : TOURNER LA PAGE.

J’appelle donc les citoyens camerounais d’ici et d’ailleurs, de descendre en masse dans les bureaux de ELECAM, demander Ă  se faire inscrire en masse sur les listes Ă©lectorales, de se tenir prĂŞt pour les prochaines Ă©lections prĂ©sidentielles qui se profilent Ă  l’horizon, de voter pendant celles-ci et de contrĂ´ler leur vote jusqu’Ă  la publication des rĂ©sultats.

J’en appelle aux programmeurs informatiques et ingĂ©nieurs de tĂ©lĂ©communications de se joindre Ă  moi pour former une Ă©quipe de 30 volontaires qui va dĂ©velopper un module radio nouveau et une application Android, Windows, IOS et Blackberry qui permettra de filmer le comptage des votes et tous les Procès-verbaux signĂ©s par tous les acteurs autorisĂ©s de chaque bureau de vote, de les poster et de les centraliser dans un rĂ©seau de serveurs qui les liront et dĂ©clareront les rĂ©sultats du vote au plus tard quatre (04) heures après la fermeture des bureaux de vote.

J’en appelle Ă  tous les Camerounais Ă  se rendre massivement dans les bureaux de vote, de voter, d’offrir cette journĂ©e Ă  leur pays en surveillant le processus Ă©lectoral, en sĂ©curisant les urnes, en participant au comptage des bulletins de vote qui est lĂ©galement public, en tĂ©lĂ©chargeant l’application COACIC qui sera en ligne dès novembre 2016, en filmant le procès-verbal officiel qui sera signĂ© par les reprĂ©sentants de chaque parti politique et le PrĂ©sident de chaque bureau de vote, en nous l’envoyant par messagerie afin que les rĂ©sultats soient conformes Ă  la volontĂ© du Peuple. Pas de panique si les rĂ©seaux tĂ©lĂ©phoniques sont coupĂ©s. Le système aura une fonctionnalitĂ© qui permettra de vĂ©hiculer l’information en transformant votre tĂ©lĂ©phone en Ă©metteur radio ondes longues. Nous pourrions donc capter vos tĂ©lĂ©phones et recevoir vos documents en temps rĂ©el avec ou sans rĂ©seau GSM.

C’est de l’Ă©lectronique de niveau de classe terminale. Donc, rien de bien exceptionnel.

Si le Peuple veut que le PrĂ©sident actuel reste au Pouvoir, qu’il prenne clairement position et que cela soit dit par au moins 50% de la population, soit officiellement onze millions (11 000 000) d’Ă©lecteurs ou, officieusement, quinze Ă  dix-huit millions (15 000 000 Ă  18 000 000) d’Ă©lecteurs. Ainsi, sauf mauvaise foi, personne ne se plaindra plus des mauvaises routes, des hĂ´pitaux de la mort ou des facultĂ©s de mĂ©decine sans laboratoires, des salles de classe de 200 Ă©lèves ou en dĂ©chets de planches, du coĂ»t Ă©levĂ© de la vie, des lois liberticides, des commissariats crasseux, des familles de soldats et policiers abandonnĂ©es, de camps militaires dĂ©labrĂ©s, de tribunaux sales et mal Ă©clairĂ©s, de juges frileux et stressĂ©s, de retraitĂ©s maltraitĂ©s, de dĂ©lestages ou de la fourniture horoscopique d’Ă©lectricitĂ©, d’une eau rouge Ă  la disponibilitĂ© sporadique, de ministres de la RĂ©publique humiliĂ©s en mondovision, de corruption endĂ©mique, de dĂ©putĂ©s et sĂ©nateurs inqualifiables capables de voter avec le mĂŞme bonheur et le mĂŞme pourcentage une loi et son contraire, etc.

Nous nous tairons et nous regarderons faire ce Gouvernement aussi longtemps que le Peuple lui apportera la légitimité populaire qui lui manque actuellement.

Mais ! si le Peuple est du mĂŞme avis que moi ! si le Peuple veut que le changement que j’appelle arrive enfin ! Si le Peuple entend l’appel du destin que j’entends si fort en ce moment ! Si le Peuple voit comme moi que chaque chose a une fin mais que celle-ci n’arrive que lorsqu’on se lève pour instaurer un système nouveau avec des hommes nouveaux !

Voici venu le temps de nous lever, Citoyens, et de restaurer notre souverainetĂ©, la souverainetĂ© du Peuple. Cela se fera par trois choses : s’inscrire sur les listes Ă©lectorales, voter et contrĂ´ler son vote contre un système qui n’a jamais su ni voulu servir le Peuple.

Ma mère m’a dit un jour : « Les sujets subissent des tyrans ou des tĂ©nèbres, les citoyens bâtissent des nations et Ă©clairent le monde». Camerounais, dĂ©marrons une nouvelle ère, une ère de lumière dont les constructions Ă©clipseront mĂŞmes les rĂŞves les plus fous de Um Nyobe et de ses compagnons pour notre peuple. Nous sommes capables de donner au monde, mĂŞme Ă  ceux qui ont massacrĂ©s nos ancĂŞtres et fragilisĂ©s nos cultures, les fruits de ce talent inouĂŻ, incessible et flamboyant qu’est le gĂ©nie magnifique et supĂ©rieur de nos terroirs, de nos femmes et de nos hommes.

Mais, surtout, pardonnons afin de ne point perdre notre temps mais de le consacrer Ă  la construction de notre pays et de notre nation!

Il y a des moments dans la vie de son peuple oĂą il faut savoir prendre clairement position et dire avec force l’un des mots qui font de nous des hommes et des patriotes : NON!

Quel que soit le temps que le Bon Dieu vous a permis d’ĂŞtre Ă  la tĂŞte de la Nation, il vous a mis lĂ  dans un but prĂ©cis, aussi certainement qu’il a crĂ©Ă© le monde. Et ce but Ă©tait de vous tailler une place dans l’Histoire, si toutefois vous en eussiez eu envie. Mais il est manifestement trop tard pour cela. Heureusement, Dieu offre toujours une dernière chance : pour vous, Monsieur le PrĂ©sident, c’est de partir dignement et donner une leçon de courage politique et de patriotisme Ă  votre gĂ©nĂ©ration, Ă  celle de vos lieutenants et Ă  la postĂ©ritĂ©. Cette leçon est simple : ne jamais se faire rejeter, renier ou vomir ouvertement par le Peuple, c’est pour les perdants-nĂ©s et les mauviettes.

L’homme Ă©lĂ©gant, fier et raffinĂ© s’en va avant l’explosion de colère de la compagne déçue et rĂ©voltĂ©e qui le repousse. C’est cela ĂŞtre un Prince.

Elolombi vous bénisse ! Elolombi bénisse le Cameroun !


monsieur-des-drapeaux.com)/n

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