International › AFP

Trump face à la rude épreuve des voyages présidentiels

La plupart des prĂ©sidents amĂ©ricains choisissent pour leur premier dĂ©placement Ă  l’Ă©tranger un aller-retour dans un pays voisin comme le Canada ou le Mexique. Mais pas Donald Trump, qui a prĂ©fĂ©rĂ© un très dense, voire rude, voyage qui va le mener dans cinq pays en huit jours.

Vendredi, le prĂ©sident âgĂ© de 70 ans se lance dans un « Ă©norme » pĂ©riple qui testera la rĂ©sistance d’une administration dĂ©jĂ  mise Ă  l’Ă©preuve par les turbulences intĂ©rieures de l’affaire russe.

Pour les passants qui prennent en photo le convoi prĂ©sidentiel dans les rues dĂ©sertes d’une capitale Ă©trangère, le dĂ©placement semble agrĂ©able. Mais en coulisses, c’est un marathon de tensions, de larmes et de colères, sur fond de dĂ©calage horaire et de manque de sommeil.

Si Donald Trump espère ainsi faire une pause dans les scandales en série qui le frappent actuellement, son voyage lui apportera un changement de décor mais peu de répit.

Le rythme est impitoyable, et jamais les enjeux pour la Maison Blanche n’ont Ă©tĂ© aussi cruciaux.

« Ce qui rend ces voyages si difficiles c’est que quasi chaque seconde du prĂ©sident, chaque pas qu’il fait est l’objet de prĂ©paratifs très calculĂ©s », explique Ned Price, un ancien porte-parole du conseil de sĂ©curitĂ© nationale (NSC) de Barack Obama.

– Dur atterrissage –

Comme l’a constatĂ© Ă  ses dĂ©pens Barack Obama, chaque dĂ©tail, y compris le choix de l’escalier pour la descente d’avion, peut se muer en crise diplomatique.

En septembre, quand les agents du Secret Service n’ont pas pu trouver Ă  Hangzhou en Chine un loueur de tapis rouge parlant anglais, il a Ă©tĂ© conseillĂ© Ă  Barack Obama de sortir par les escaliers situĂ©s sous le ventre de l’appareil.

Le tollĂ© a Ă©tĂ© immĂ©diat. « Ils ne lui donnent mĂŞme pas d’escalier, de vrais escaliers pour descendre de l’avion », s’Ă©tait aussitĂ´t indignĂ© Donald Trump, alors candidat Ă  la prĂ©sidentielle.

« Si c’Ă©tait moi, je dirais +vous savez quoi, je vous respecte beaucoup mais fermez les portes, partons d’ici+. C’est le signe d’un tel manque de respect », avait-il.

Mais d’ici la fin de ses visites en Arabie saoudite, en IsraĂ«l, dans les territoires palestiniens, au Vatican, Ă  Bruxelles et en Sicile, le milliardaire devrait se montrer plus comprĂ©hensif.

Son voyage a de toute façon dĂ©jĂ  commencĂ©. Un mois avant chaque dĂ©placement prĂ©sidentiel, une armĂ©e de reprĂ©sentants de la Maison Blanche, du Secret Service, de l’armĂ©e et du NSC passe en revue le contenu de chaque journĂ©e.

Les uns testent les tĂ©lĂ©phones, d’autres localisent les drapeaux ou explorent les hĂ´pitaux.


– Loin des conseillers –

L’objectif est que chaque problème logistique soit rĂ©solu avant qu’Air Force One, rempli de conseillers, d’agents du Secret Service, de journalistes et bien sĂ»r du prĂ©sident, n’atterrisse. Ainsi qu’un avion distinct pour le personnel et un avion militaire transportant tout un attirail allant des podiums Ă  la limousine blindĂ©e.

Pour les accompagnateurs du prĂ©sident, les journĂ©es commencent Ă  l’aube et se terminent au terme de moult imprĂ©vus bien après le crĂ©puscule –quand elles se terminent.

Une journĂ©e type comprend une rencontre bilatĂ©rale, une cĂ©rĂ©monie d’accueil, plusieurs sessions de sommet sur des sujets très variĂ©s, une photo officielle, un concert et un dĂ®ner de travail.

A chaque Ă©tape, le prĂ©sident devra imprimer sa marque, en transmettant le bon message, en formulant les bonnes demandes et en s’assurant de que ce qui doit ĂŞtre accompli.

Les agents du Secret Service inspectent et sĂ©curisent toutes les pièces, et tiennent Ă  distance les personnalitĂ©s indĂ©sirables –comme le prĂ©sident soudanais Omar el-BĂ©chir, accusĂ© de gĂ©nocide, qui se rendra au mĂŞme sommet que M. Trump.

– Gaffe politique –

Le personnel devra en outre travailler suivant l’heure locale et l’heure de Washington, note Loren DeJonge Schulman, ancienne membre du NSC d’Obama.

« Le diffĂ©rentiel en matière d’information est un vrai dĂ©fi. Pour un homme habituĂ© Ă  regarder les chaĂ®nes d’information du câble toute la journĂ©e, un voyage Ă  l’Ă©tranger sera comme un sevrage » brutal, selon elle.

« Une partie est due aux fuseaux horaires mais une autre partie est due au fait que, pendant les sommets notamment, vous ĂŞtes loin des conseillers qui vous tiennent au courant ».

L’envergure de ce voyage est conforme Ă  la devise « Go big or go home » (fonce ou rentre chez toi) mais donne des palpitations Ă  certains membres de l’exĂ©cutif.

Beaucoup confient ne pas ĂŞtre Ă  l’aise Ă  l’idĂ©e de transporter le malaise actuel Ă  la Maison Blanche Ă  plus de 10.000 kilomètres, dans des conditions encore plus stressantes.

Outre la logistique, le prĂ©sident n’est pas Ă  l’abri d’une gaffe politique quand il prononcera un discours sur l’islam en Arabie saoudite ou Ă©voquera le processus de paix au Proche-Orient.

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

Ă€ LA UNE
Retour en haut