Opinions › Tribune

Vers un revenu universel?

Michel Lobé Etamé, journaliste

Les dĂ©bats entre les libĂ©raux et ce qu’il reste d’intellectuels de gauche bat son plein. Les discours clivants des deux cĂ´tĂ©s laissent prĂ©sager une victoire des premiers. Il faut dire que la pensĂ©e universelle est devenue pauvre et tarit de plus en plus face Ă  ceux qui ont dĂ©cidĂ© de changer le monde par un discours bien ficelĂ©. BientĂ´t, il n’y aura plus que les riches et les pauvres. Exit la classe moyenne !

Pourtant, il ne fait aucun doute que les changements catĂ©goriels de notre sociĂ©tĂ©, Ă  travers une mondialisation presqu’acquise, s’imposent. La publication rĂ©cente d’un rapport sur la rĂ©partition des richesses mondiales entre une poignĂ©e d’hommes en est une parfaite illustration. Cette nouvelle a suscitĂ© peu de rĂ©actions dans un monde nivelĂ©. Les intellectuels de gauche, ces moribonds Ă  la pensĂ©e rĂ©duite ou Ă©touffĂ©e, n’ont guère rĂ©agi. Ils confirment ainsi une lassitude qu’ils traĂ®nent depuis trois dĂ©cennies.

Le revenu universel est en marche
Face à un code de travail poussiéreux, inadapté et obsolète, les multinationales vont à la conquête du monde et imposent, sans armes, une nouvelle législation du travail et fiscale qui leur est favorable. Elle se traduit par des enjeux importants :
-L’optimisation fiscale des multinationales;
-Le revenu universel des salariés.

La fiscalitĂ© des entreprises contribuait jusqu’ici Ă  alimenter les caisses des Ă©tats et donnait Ă  ces derniers les moyens de financer de grands projets sociaux et structurels. La paix sociale reposait sur ces investissements.

Ce contrat a Ă©tĂ© implicitement rompu par la soumission des gouvernements face aux financiers. Les grands groupes ont dĂ©localisĂ© leurs sièges sociaux vers les paradis fiscaux, favorisant et lĂ©galisant l’Ă©vasion fiscale. L’impĂ´t des sociĂ©tĂ©s a Ă©tĂ© amputĂ© sans que les Ă©tats souverains ne rĂ©agissent. Seules les PMI et les PME continuent Ă  payer cet impĂ´t qui alourdit dangereusement leurs charges.


Les multinationales dorment depuis sur un matelas d’argent. Elles imposent une nouvelle vision du monde itĂ©rative ou discursive. Le monde est coupĂ© en deux parties. Nous sommes malgrĂ© nous enfermĂ©s dans une dichotomie, entre la richesse et la pauvretĂ©. Inconsciemment ou pas, nous nous accommodons Ă  cette nouvelle ère sociale.

Les dĂ©bats sur l’Ă©vasion fiscale des multinationales entre les libĂ©raux et la gauche ne font plus les choux gras des journaux. L’optimisation fiscale bat son plein. La peur de l’avenir concentre toutes les Ă©nergies. En silence, la sociĂ©tĂ© civile ne rĂ©agit presque plus, ballotĂ©e entre la sĂ©curitĂ© et le chĂ´mage.

Le moment a bien Ă©tĂ© choisi pour jeter sur le pavĂ© le revenu universel, un système de redistribution des richesses. Ce contrat n’est pas une utopie. Il est dĂ©jĂ  en place comme nous pouvons le constater par les nouveaux contrats de travail proposĂ©s le groupe amĂ©ricain Uber. Ce système qui vient des États-Unis s’intègre petit Ă  petit et impose un nouveau modèle social.

Le nouveau statut du salariĂ© ouvrira une large porte Ă  la prĂ©caritĂ© sociale. Il fragilisera aussi les PMI/PME qui auront seules en charge l’impĂ´t des entreprises.

Le salaire universel risque aussi de fragiliser la formation, la spĂ©cialisation et l’Ă©panouissement du citoyen. En effet, pourquoi se casser la tĂŞte si l’Ă©tat nous garantit un salaire minimum ? Le salaire universel va crĂ©er des fainĂ©ants et des assistĂ©s. Il va niveler les efforts et tarir la crĂ©ativitĂ© et l’initiative.


Journalducameroun.com)/n

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

A SAVOIR

- Les opinions et analyses présentées dans cette rubrique n'engagent que leurs auteurs et nullement la rédaction de Journalducameroun.com.

- JournalduCameroun.com n'est pas responsable des affirmations qui y sont présentées et se réserve le droit de modifier ou de retirer un article qui diffamerait, insulterait ou contreviendrait au respect des libertés publiques.

Ă€ LA UNE
Retour en haut