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Vote massif et enthousiaste des Iraniens pour ou contre Rohani

Les Iraniens votaient massivement et avec enthousiasme vendredi pour Ă©lire leur prĂ©sident, un scrutin dĂ©terminant pour le sortant Hassan Rohani et la poursuite de l’ouverture au monde entamĂ©e par l’accord nuclĂ©aire de 2015 avec les grandes puissances.

M. , religieux modĂ©rĂ© de 68 ans, affronte , religieux conservateur de 56 ans proche du guide suprĂŞme, l’ayatollah Ali Khamenei.

Raissi se prĂ©sente comme l’avocat des plus pauvres et veut donner la prioritĂ© Ă  « l’ de rĂ©sistance », axĂ©e sur la production et les investissement nationaux.

Deux petits candidats peu connus – un rĂ©formateur ayant appelĂ© Ă  voter Rohani et un conservateur – sont aussi en lice.

Sauf surprise, le vainqueur devrait être élu dès le premier tour, dont les résultats définitifs sont attendus dimanche au plus tard.

A TĂ©hĂ©ran comme en province, l’affluence dans les bureaux de vote Ă©tait très forte, selon des journalistes de l’AFP et les images de la tĂ©lĂ©vision nationale Irib. Le ministère de l’IntĂ©rieur table sur une participation de 72%.

En famille ou entre amis, les Ă©lecteurs attendaient patiemment parfois pendant plus d’une heure leur tour de voter en prenant des selfies, en discutant politique dans la courtoisie.

« J’ai toujours votĂ© », annonçait fièrement Mahnaz Rafii, une professeure de thĂ©ologie de 50 ans, qui a choisi Raissi.

Les femmes et les hommes votent le plus souvent séparément dans les bureaux des mosquées, mais ensemble dans ceux des écoles.

« La participation enthousiaste des Iraniens Ă  l’Ă©lection renforce la puissance et la sĂ©curitĂ© nationales », s’est fĂ©licitĂ© le prĂ©sident Rohani après avoir votĂ© Ă  TĂ©hĂ©ran, baignĂ©e de soleil.

Son adversaire Ebrahim Raissi, qui a votĂ© dans une mosquĂ©e d’un quartier populaire du sud de la capitale, a prĂ©vu « une participation maximale ».

Tous deux ont appelĂ© au « respect » du choix des Iraniens, quel que soit le rĂ©sultat.

– Farhadi vote Ă  Cannes –

L’un des premiers Ă  avoir dĂ©posĂ© son bulletin dans l’urne installĂ©e dans sa rĂ©sidence de TĂ©hĂ©ran a Ă©tĂ© Ali Khamenei, qui a appelĂ© ses compatriotes Ă  aller aux urnes « massivement, le plus tĂ´t possible ».


Le cĂ©lèbre rĂ©alisateur iranien Asghar Farhadi a votĂ© Ă  Cannes, oĂą il participe au festival de cinĂ©ma, dans une des urnes mobiles installĂ©es en France par l’ambassade d’Iran, selon l’agence de presse Isna.

Parmi les nombreux Ă©lecteurs, Amir Fathollahzadeh, 51 ans, vote pour la première fois. « J’ai perdu presque tout mon +business+ ces dernières annĂ©es, mais je vote Rohani pour ne pas perdre aussi ma dignitĂ© et ma fiertĂ© » dit-il.

En revanche, Moshen, 32 ans, qui travaille dans le secteur culturel, a choisi M. Raissi car « notre pays est entourĂ© d’ennemis ». « Si nous ne renforçons pas nos capacitĂ©s nationales, nous serons touchĂ©s », souligne-t-il.

Le scrutin se tient deux jours après la dĂ©cision amĂ©ricaine de renouveler l’allègement des sanctions contre l’Iran, conformĂ©ment Ă  l’accord nuclĂ©aire de 2015 entre TĂ©hĂ©ran et six grandes puissances, dont les Etats-Unis.

Le prĂ©sident Rohani, Ă©lu en 2013, a consacrĂ© la majeure partie de son premier mandat de quatre ans Ă  la nĂ©gociation de cet accord ayant permis d’entamer l’ouverture Ă©conomique et politique de son pays.

Mais malgré cet accord, la méfiance demeure entre Téhéran et Washington, qui ont rompu leurs relations diplomatiques peu après la révolution islamique en 1979.

– HostilitĂ© de Trump –

Le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump, hostile Ă  l’Iran, assistera dimanche Ă  un sommet avec des dirigeants musulmans du monde entier en Arabie saoudite, grand rival rĂ©gional de TĂ©hĂ©ran.

MalgrĂ© cette hostilitĂ©, l’ambition de M. Rohani est de poursuivre l’ouverture au monde pour attirer davantage d’investissements, tandis que M. Raissi veut dĂ©fendre les classes les plus dĂ©favorisĂ©es par la prĂ©fĂ©rence nationale dans le domaine Ă©conomique.

Outre la conclusion de l’accord nuclĂ©aire qui a permis notamment une reprise des exportations de pĂ©trole, le prĂ©sident sortant a rĂ©ussi Ă  faire chuter l’inflation de 40% en 2013 Ă  9,5%.

Sans le remettre en cause, Ebrahim Raissi a dĂ©noncĂ© le manque de rĂ©sultats de l’accord nuclĂ©aire qui n’a pas attirĂ© les investissements espĂ©rĂ©s et n’a pas profitĂ© aux plus dĂ©favorisĂ©s dont il se fait l’avocat.

Il a mis en avant les mauvais chiffres du chĂ´mage (12,5% de la population, 27% des jeunes) et accusĂ© le gouvernement de n’avoir agi que pour « l’oligarchie ».

Outre la prĂ©sidentielle, les 56,4 millions d’Ă©lecteurs sont appelĂ©s Ă  voter pour des Ă©lections municipales: l’enjeu dans les grandes villes de TĂ©hĂ©ran, Machhad (nord-est) et Ispahan (centre) est un changement de la majoritĂ© conservatrice qui les dirige.

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