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10 millions de dollars pour supporter les réfugiés centrafricains au Cameroun

Le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en Afrique centrale l’a relevé au cours d’une visite effectuée au Cameroun

Après une première assistance de 10 millions de dollars américains, soit environ 5 milliards de francs CFA, de fonds d’urgence débloqués depuis décembre 2013, les Nations Unies ont fait état à Yaoundé des besoins de même montant pour une nouvelle aide humanitaire pressante en faveur des réfugiés centrafricains au Cameroun. Ces besoins ont été communiqués à la presse au terme d’une visite effectuée du 11 au 14 mars 2014 dans la région de l’Est du Cameroun qui accueille des dizaines de milliers de Centrafricains. Le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en Afrique centrale, Abou Moussa, par ailleurs chef du Bureau régional de l’ONU pour cette région a relevé: «Dans une semaine, il faudra encore au moins 10 millions de dollars au Programme alimentaire mondial (PAM), au Haut- Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), au Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour remplir efficacement leurs obligations en faveur des réfugiés», a déclaré M. Moussa.

La même somme avait déjà débloquée «pour faire face à plusieurs autres situations d’urgence dans les camps des réfugiés et aux frontières», a précisé le responsable onusien. Selon Abou Moussa, «la descente sur le terrain que nous venons d’ effectuer à l’Est-Cameroun permet de noter que les défis restent énormes, malgré les efforts consentis depuis le début de la crise, y compris sur le plan humanitaire. Cette région accueille en effet le plus grand nombre de personnes ayant fui la RCA, au-delà de 78.000 réfugiés sur les plus de 140.000 recensés par le Haut- Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés à ce jour».

Parmi cette population en détresse arrivée sur le sol camerounais, plus de 42.000 réfugiés ont été enregistrés entre le 1er janvier et le 13 mars 2014, dont plus de 26.000 à l’Est, révèle l’organisation mondiale. elle ajoute par ailleurs que 4.000 à 5.000 nouveaux arrivants sont recensés chaque semaine ces derniers temps. Dans son constat, Abou Moussa souligne que «ce que nous avons vu dans les sites abritant les réfugiés à l’Est est affolant et alarmant. Il y a un important travail de fond à mener pour que les victimes retrouvent une vie normale, en particulier les femmes qui subissent les viols sur le chemin de l’exil ainsi que les enfants traumatisés par la guerre et les abus subis par leurs parents».

Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’organisation mondiale (OCHA) a évalué à 551 millions de dollars les besoins liés à la mise en uvre d’un plan d’intervention stratégique et l’assistance humanitaire pour l’année 2014. A ce jour, seuls 16% de ces fonds ont été débloqués, déplorent les Nations Unies.

Pour Abou Moussa, les actions en cours à l’Est du Cameroun nécessitent aujourd’hui non seulement de «muscler l’assistance aux centres de santé confrontés aux cas de malnutrition aiguë et de maladies chroniques», mais aussi à construire des points d’eau et des latrines pour permettre aux réfugiés de sortir d’ «une précarité qui a atteint le seuil de l’inacceptable».

Les pouvoirs publics camerounais ont dû renforcer le dispositif sécuritaire en vue de sécuriser une frontière vaste avec la République centrafricaine (RCA), matérialisée par 12 points d’entrée officiels et pour laquelle le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies pour l’Afrique centrale a recommandé de « maintenir une très grande vigilance ». «Il faut renforcer la surveillance, a-t-il dit, dans les différents points d’entrée et dans les endroits non identifiés comme tel pour préserver la paix sociale, garantir l’intégrité physique des citoyens et éviter le piège de la circulation incontrôlée des armes».

Cette recommandation est déjà justifiée par les incursions meurtrières de groupes armés centrafricains subis à plusieurs reprises dans cette région par les forces de défense et de sécurité camerounaises depuis le déclenchement de la crise centrafricaine fin 2012. A la même frontière, il fait état d’attaques armées essuyées côté centrafricain par des camions transportant des réfugiés en route vers le Cameroun. C’est dire l’insécurité qui persiste sur l’axe reliant les deux pays, lequel sert pour l’essentiel à des échanges commerciaux de la RCA avec l’extérieur, le port de Douala représentant son accès au marché international.

Plus de 42.000 réfugiés centrafricains ont été enregistrés entre le 1er janvier et le 13 mars 2014
francetvinfo.fr)/n



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