Politique › Judiciaire

Cameroun: la Cour refuse la liberté provisoire à des manifestants anglophones

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Le juge a rejeté ce mercredi les deux requêtes présentées par le conseil de la défense relative à la remise en liberté des 27 manifestants et la mise sous surveillance judiciaire de Fontem Neba et Nkongho Bala.

Deux requêtes présentées devant le juge et aucune réponse positive obtenue. Tel est le résultat de la démarche entreprise le 27 avril dernier relative à la liberté provisoire de Fontem Neba et Nkongho Agbor Balla, Mancho Bibixy et 24 autres anglophones, d’une part, et la mise sous surveillance judiciaire à Bamenda de Fontem Neba et Nkongho Agbor Bala.

La juge Abega a rejeté lesdites demandes ce mercredi, 07 juin. Les inculpés resteront par conséquent en détention à la prison centrale de Yaoundé.

Le 24 mai dernier, le ministère public avait requis le rejet de la demande de remise en liberté de l’ensemble du groupe au motif que ces derniers sont poursuivis pour des faits passibles de la peine de mort. De son point de vue, il n’était donc pas question de donner la latitude à ces 27 inculpés de mener le cours de leur vie sans aucune contrainte autre que se présenter au tribunal à la date fixée pour les audiences.

S’agissant de la mise sous surveillance de leaders de la contestation anglophone Fontem Neba et Nkongho Agbor Bala, cette requête était le fait du ministère public qui ne s’était pas opposé à ce que cela leur soit accordé en remplacement de la remise en liberté des deux hommes, initialement requise par leurs avocats. Le ministère public entendait par là obtenir du juge une restriction de leurs libertés en dehors des murs de la prison.

«Nous sommes très choqués parce que lors de la dernière audience le parquet disait ne pas s’opposer à la prise de la mesure de surveillance judiciaire et nous espérions de manière légitime que nos clients seraient remis en liberté aujourd’hui. Le tribunal en a décidé autrement et nous prenons acte de la décision qui est rendue par le tribunal. Nous disons seulement que l’argument judiciaire dit par la juge ne nous convainc pas du tout. Elle s’appuie sur le fait que les mesures qu’elle devait prendre relèvent de celles que doit prendre un juge d’instruction et qu’étant juge militaire il n’y a pas eu d’instruction préalable dans ce dossier. Or ça n’a pas de sens parce qu’en matière de terrorisme précisément, le tribunal est saisi par mise en jugement directe dont cet acte vaut exactement la même chose qu’une ordonnance de renvoi. C’est simplement un jugement de Ponce Pilate qu’elle a pris de ne pas remettre en liberté des gens qui avaient présenté des garanties, les meilleures pour revenir au tribunal», a indiqué Me Emmanuel Simh.

Le procès est renvoyé au 29 juin prochain et devrait permettre l’ouverture des débats sur le fond du dossier.

 

 


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