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1er Mai, fête des travailleurs au cameroun

La fastueuse célébration de l’évènement fait oublier aux travailleurs camerounais le sens réel de cette journée

Les camerounais en ce premier mai célèbrent une fois de plus la fête internationale du travail. Avec le temps cependant les adaptations locales de l’évènement ont entrainé une érosion de la signification originelle de cette journée. Les origines, l’histoire et la signification du 1er mai sont peu connues. Pourquoi a-t-on choisi cette date pour fêter le travail ? Au Cameroun elle appartient au vaste héritage colonial. Mais pour ce qui est de ses vraies origines, c’est aux Etats-Unis où ce jour n’a étrangement jamais été férié, qu’il faut chercher. En 1884, les syndicats américains se donnent deux ans pour obtenir la diminution de la journée de travail à huit heures. Ils choisissent de lancer leur action le 1er mai, date à laquelle bon nombres d’entreprises entament leur année comptable. En 1886, face aux réticences de leurs employeurs à diminuer le temps de travail, plus de 300 000 personnes font à nouveau grève. La manifestation, violemment réprimée, fait trois morts parmi les grévistes de la société Mac Cormick à Chicago. Au lendemain de cette répression, une marche de protestation est organisée. La place Haymarket est le théâtre d’un second drame: sept policiers sont tués et de nombreux manifestants blessés. Malgré l’inexistence de preuves, cinq syndicalistes anarchistes sont condamnés à mort et trois autres à perpétuité.
En 1889, les congressistes de la IIème Internationale, réunis à Paris, entrent dans la lutte pour la journée de huit heures. À l’instar de l’American Fédération of Labour (AFL), ils fixent la date du 1er mai comme journée de leur revendication. Une manière de commémorer les événements de Chicago, symboles d’une répression qui n’a pas dit son dernier mot. En 1891, la manifestation du 1er mai à Fourmies, dans le nord de la France, s’achève avec le triste bilan de 10 morts et 35 blessés.

1er mai: Reflechir…
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La journée du premier mai est donc en principe une journée de revendication. Une journée où on fait un stop et on fait le bilan des améliorations dans le secteur du travail. Au Cameroun pourtant, la journée a toujours été célébrée avec faste. Cette année n’échappe pas à la règle. Dans les nombreuses structures de sérigraphie, les commandes se sont multipliées par dizaines. Toutes les entreprises voudraient être présentes pour le grand jour. En général l’idée est de présenter le mieux les services offerts par les secteurs du travail. Les services publics ne sont pas en reste. Dans les locaux de l’administration publique tout le monde s’est préparé pour la fête.

De nombreux problèmes continuent d’émailler l’environnement du travail au Cameroun. De nombreux camerounais continuent de pointer au chômage et l’Etat jusque là n’a mené que des politiques inefficaces de résorption du fléau. Les camerounais continuent d’être sous payés, d’être victimes de discriminations en rapport au genre, à l’appartenance ethnique et autres. En cette année de récession économique internationale, le GICAM syndicat des patrons camerounais a présenté des perspectives avec plus de 1000 supressions d’emploi. Pourtant comme frappé d’une amnésie collective tout le monde semble oublier. Le comble est le défilé avec des tenues aux couleurs des entreprises employeuses. En plus de les détourner de leur droit de poser des problèmes, les travailleurs en ce jour de grand public sont utilisés pour une publicité grandeur nature. Mais au Cameroun c’est la fête. On fête et on oublie le reste. Ce sera pour plus tard!

… Au lieu de dormir
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